L’appellation <em>Open</em> disparaîtra des vitrines de l’espace entrepreneurial d’innovation <em>Open</em> Trois-Rivières.
L’appellation <em>Open</em> disparaîtra des vitrines de l’espace entrepreneurial d’innovation <em>Open</em> Trois-Rivières.

Espace entrepreneurial d’innovation de Trois-Rivières: Exit Open

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — À la suite des vives critiques dont il a été la cible, l’organisme Innovation et développement économique Trois-Rivières a décidé de retirer l’appellation Open de l’affichage se trouvant sur les vitrines de l’Espace entrepreneurial d’innovation Open Trois-Rivières, situé au centre-ville de Trois-Rivières.

Le directeur général d’Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, Mario de Tilly, indique que cette décision a été prise à la suite du tollé des derniers jours, dont le point culminant a été la présence de représentants de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de la Mauricie lors de la séance ordinaire du conseil municipal de Trois-Rivières de mardi soir. Le directeur général de l’organisme, Guy Rousseau, y a en effet pris la parole afin de demander au conseil municipal que le nom soit changé. À la suite de cette sortie, le maire Jean Lamarche a demandé à IDE Trois-Rivières de changer l’appellation que l’on peut voir en grandes lettres sur les vitrines qui donnent sur les rues des Forges et Royale.

La SSJB a également déposé une plainte auprès de l’Office québécois de la langue française à ce sujet.

M. de Tilly se dit très surpris de la polarisation qu’a causée la décision d’employer un mot en anglais, qui, rappelle-t-il, se retrouve dans le dictionnaire. De plus, il assure qu’un nouvel affichage –  en français celui-là – sera mis en place, et ce, dès que la température permettra de coller de nouvelles pellicules de plastique dans les vitrines de l’endroit. Par contre, IDE Trois-Rivières n’entreprendra pas de démarche afin de changer le nom officiel, qui contient le mot Open, que l’on retrouve notamment dans les documents d’incorporation. Ce dernier estime d’ailleurs à entre 25 000 $ et 30 000 $ les coûts reliés au changement d’affichage et à la modification du matériel promotionnel.

«On ne voulait pas heurter personne. Nous sommes très malheureux que ça ait choqué autant de gens. [...] Par contre, je trouve que la réaction a été nettement disproportionnée», mentionne-t-il.

Il répète d’ailleurs qu’il considère que l’appellation Open ne contrevient pas aux dispositions juridiques qui encadrent l’affichage au Québec.

Sans en faire un plat, M. de Tilly indique tout de même qu’il n’a pas apprécié les propos qu’ont tenus à son endroit certaines personnes dans la foulée de cette polémique. Sans le nommer, il fait vraisemblablement référence au directeur général de la SSJB, Guy Rousseau. Ce dernier avait qualifié de «frivole» la décision d’utiliser un mot en anglais dans le nom de l’espace entrepreneurial.

«En 37 ans de carrière, j’ai travaillé à l’international et j’ai toujours été un amoureux fou de la langue française. Je crois qu’il y a des gens qui ont fait des raccourcis intellectuels», déplore-t-il.

Appelé à commenter la décision de la Ville de faire marche arrière, le directeur général de la SSJB de la Mauricie salue «la sagesse» des membres du conseil municipal et des dirigeants d’IDE. Par contre, Guy Rousseau soutient que la plainte que son organisation a faite à l’Office de la langue française continuera à cheminer, et ce, en raison du caractère paramunicipal d’IDE Trois-Rivières. Pour cette raison, l’Office de la langue française ira plus loin que l’affichage dans son enquête selon lui. Par ailleurs, M. Rousseau ajoute qu’il a été informé qu’au moins quatre autres plaintes ont été formulées. De plus, il semble que des représentants de l’Office rencontreront les gens de la Ville en début de semaine prochaine.

Sans pointer qui que ce soit, M. Rousseau souligne que ce dossier constitue le parfait exemple de l’inconscience collective de l’importance du dossier de la protection de la langue française.

«C’est le fondement de notre identité et de notre culture», insiste-t-il.