Éricka Beaudry s'apprête à réaliser son rêve puisqu'elle s'envolera sous peu vers le Mozambique avec son enseignante, Annie Provencher, et quatre autres collègues finissants.

Éricka Beaudry apporte son expertise au Mozambique

La Trifluvienne Éricka Beaudry caresse un rêve depuis sa tendre enfance, celui de travailler à l'étranger pour aider les gens dans le besoin. «Je veux changer le monde», dit-elle et elle entend bien le faire à sa manière, grâce à sa future carrière.
L'étudiante en technique de génie civil au Cégep de Trois-Rivières, qui poursuivra ses études dans ce domaine à l'Université de Sherbrooke l'an prochain, s'apprête à réaliser son rêve puisqu'elle s'envolera sous peu vers le Mozambique avec son enseignante, Annie Provencher et quatre collègues finissants (Stéphane Blais, Alexander Frank Lozano, Antoine Tremblay et Gabriel Caya) afin de réaliser cinq projets qui permettront de donner de l'eau potable et de la nourriture aux habitants d'un secteur très défavorisé de ce pays, la petite ville de Moatize.
C'est tout particulièrement une école de génie minier, l'Instituto Médio de Geologia e Minas qu'ils vont aider. Des 270 étudiants, 170 y sont pensionnaires, mais l'institution éprouve des difficultés à leur fournir toute l'eau potable et la nourriture dont ils ont besoin, explique la jeune femme. La cour de l'école semble aussi être un point de ralliement pour la plupart des habitants de Moatize qui s'y rendent chaque soir, pour remplir leurs cruches d'eau.
Éricka Beaudry rappelle que les populations du Mozambique ont été grandement affectées par la guerre pendant plusieurs années. «Les connaissances se sont perdues» au fil du temps, dit-elle, avec pour cause qu'ils ne savent pas vraiment quoi faire quand un bâtiment pour abriter les animaux s'effondre d'usure ou quand les changements climatiques transforment leur habituelle saison de pluie en saison de sécheresse qui détruit les jardins.
À l'occasion de leur dernière session d'études en génie civil, les étudiants du Cégep de Trois-Rivières doivent produire un travail de synthèse de fin d'études qui regroupe toutes leurs connaissances acquises en trois ans. En général, ils peuvent faire ce travail à partir d'un sujet fictif du genre «le chalet de mes rêves», explique-t-elle.
Toutefois, lorsque son enseignante lui a montré des photos du Mozambique, Éricka Beaudry a eu un choc. «J'ai été frappée par les besoins qu'ils ont, là-bas», dit-elle. Alors, au lieu de prendre un projet fictif pour son travail de synthèse, elle a décidé de faire un projet bien réel pour aider ces gens. C'est à ce moment-là que son enseignante l'a invitée à Moatize.
Ils y passeront 10 jours et le départ est prévu à la fin mai.
Le premier des cinq projets qu'ils veulent réaliser est à caractère agricole. Il s'agit de fabriquer une ombrière, soit une structure de treillis qui atténue l'intensité du soleil ardent et donnera une chance aux petites pousses de croître sans brûler malgré le manque d'eau. Des notions de rotation des cultures seront aussi livrées aux gens afin d'éviter l'appauvrissement des sols.
Le second et le troisième projets portent sur l'irrigation des espaces cultivables, soit l'installation d'un système goutte à goutte et la captation d'eau dans des barils.
Le quatrième projet permettra de restructurer les bâtiments agricoles en délabre en fabriquant des poulaillers mobiles. 
Ces poulaillers pourront être déplacés d'un endroit à l'autre, sur les terres, pour permettre aux poules de manger des insectes nuisibles et d'engraisser, par leurs déjections, les différentes portions des lots en culture.
Le cinquième projet, celui d'Éricka Beaudry, consiste à recueillir le maximum d'eau de pluie par un système de gouttières qui sera installé sur les toitures et à la diriger vers des bassins de rétention qui seront fabriqués sur place en béton. L'eau subira ensuite diverses filtrations, dont une par un filtre de sable, afin de la rendre adéquate pour les jardins et les animaux, explique-t-elle.
Il en coûtera environ 5000 $ par étudiant pour réaliser ce voyage. Mme Beaudry organise donc un souper spaghetti pour amasser des fonds. L'événement se déroule le 5 mai, à 18 h 30, au Centre Jean-Noël-Trudel. Les billets sont en vente au coût de 15 $ pour les adultes, 10 $ pour les 18 ans et moins et sont gratuits pour les 5 ans et moins. Pour réservations, il faut soit aller sur sa page Facebook ou lui écrire à ericka.beaudry.1993@gmail.com.