Éric Lord: pour une capitale régionale plus verte [VIDÉO]

Trois-Rivières — Si l’on devait résumer en quelques mots la vision que transpose le candidat à la mairie de Trois-Rivières Éric Lord à travers son programme électoral, ce serait de faire de Trois-Rivières une ville plus verte qui saura reprendre rapidement sa place et jouer son rôle de capitale régionale au sein de la Mauricie.

À travers de nombreuses mesures proposées par le candidat, celui qui est directeur général de Culture Mauricie se positionne clairement comme un régionaliste, ce qu’il ne cache pas d’ailleurs. «Comme intervenant régional, pour aller plus loin sur certains enjeux, le niveau régional est le meilleur niveau pour réussir et je pense que la Ville de Trois-Rivières doit exercer ce leadership positif. Assurément, on va devoir réinventer un modèle de concertation régionale. Je trouve qu’il y a une fracture présentement», considère M. Lord.

Ainsi, tant par la mise en place d’une stratégie régionale de rétention de la main-d’œuvre et de marketing territorial que par ses positions bien tranchées sur l’abolition pure et simple des tarifs supralocaux pour les remplacer par une carte universelle Accès-Sport plus accessible aux familles de l’extérieur de Trois-Rivières, Éric Lord apporte, en entrevue, des positions assumées et documentées pour de nombreux dossiers.

Son plan de transition écologique avec des incitatifs financiers pour éliminer les systèmes de chauffage polluants des maisons de Trois-Rivières fait partie de ces positions très assumées. «Je suis choqué de voir que l’OMS considère Trois-Rivières comme la ville la plus polluée au Québec au niveau de la qualité de l’air. L’environnement, c’est probablement la principale raison pour laquelle j’ai choisi de faire le saut en politique. Au niveau municipal, on a la capacité de jouer un rôle là-dedans», considère-t-il, rappelant du même coup diverses mesures proposées, dont des incitatifs financiers pour la plantation d’arbres sur les terrains privés, l’augmentation de 12 % à 17 % d’aires protégées sur le territoire de la ville de même que l’attribution du tiers des surplus annuels dégagés par l’administration municipale à des mesures environnementales.

L’amélioration du réseau de transport en commun fait également partie de sa vision, une mesure qui rejoint toutefois l’ensemble des candidats dans cette course.

«Actuellement, nous avons un système de transport qui est déficient. C’est un constat qui est largement répandu. J’ai beaucoup d’espoir avec les nouveaux circuits et c’est ça qui est la clé. Lorsque le transport en commun nous permet d’anticiper que le trajet prendra plus de 20 minutes qu’avec l’automobile, on l’accepte. Mais si ça monte à 30 minutes, il y a un point de rupture, le transport en commun ne devient plus une option», remarque-t-il, rappelant son intention de travailler en accompagnement avec la STTR pour améliorer le service, notamment en développant des voies express.

Difficile, quand on est directeur général d’un organisme comme Culture Mauricie, d’écarter la culture de son discours quotidien. Mais le candidat demeure clair sur sa vision: la culture a joué un rôle déterminant dans le développement économique de Trois-Rivières dans les dernières années, et c’est aussi de cette façon qu’il faut continuer à la voir, comme un moteur économique et social puissant. Et si plusieurs organismes culturels tirent bien leur épingle du jeu en ce moment, Éric Lord entend consacrer des énergies au dossier du Musée POP, qui le préoccupe particulièrement.

«Il y a eu des coupures importantes de la part du gouvernement du Québec. Il y a eu des efforts colossaux qui ont été faits de la part de l’organisation, mais la pérennité du musée n’est pas encore assurée. Le programme développé par Québec n’a pas bien saisi toute la subtilité ou la complexité de cette institution-là. Le maire de Trois-Rivières doit avoir un rôle actif pour intervenir auprès de la ministre pour faire bien comprendre l’importance d’un musée intermédiaire dans une région», relate-t-il, soulignant également son intention de s’impliquer auprès de la réalisation du projet de Théâtre insolite de la compagnie Les Sages Fous.

En tout début de campagne, Éric Lord avait donné le ton en faisant sa première annonce officielle aux abords du chantier du futur colisée dans le District 55. Ouvrant son manteau pour laisser entrevoir le chandail des Patriotes, casquette du Canadien de Montréal sur la tête, le candidat avait clairement laissé voir qu’il n’avait pas l’intention de laisser cet équipement vide bien longtemps.

«On est en train de bâtir un équipement de 60 M$ mais on ne sait toujours pas de quelle manière il va être utilisé. Si je fais un parallèle en culture, il n’y a pas un équipement culturel qui pourrait voir le jour sans qu’on sache ce qu’il va y avoir là-dedans. Je me suis senti un devoir d’être proactif et d’explorer des pistes d’occupation», relate-t-il en précisant avoir déjà rejeté l’idée d’obtenir une équipe de la LHJMQ, toujours dans un esprit de complémentarité régionale. «Avoir une filiale du Canadien de Montréal peut devenir intéressant, et le Canadien est tout à fait ouvert à discuter d’un projet comme ça. C’est une piste qu’il faut explorer. Comme maire, ça va faire partie de mes dossiers prioritaires, de définir une utilisation du colisée, de faire un plan d’affaires et de voir l’impact que ça va avoir sur le compte de taxes des citoyens», ajoute-t-il.

Le candidat souhaite également provoquer un rapprochement sans précédent avec l’UQTR, et souhaite développer différentes stratégies afin que Trois-Rivières joue pleinement son rôle de ville universitaire. «Une université, pour se développer, a besoin d’une ville dynamique, a besoin de promouvoir une qualité de vie. Et Trois-Rivières a aussi besoin de l’UQTR pour se développer, que ce soit par le partage des connaissances, la rétention des étudiants, le partage des équipements sportifs», énumère Éric Lord, évoquant aussi l’idée de décentraliser du campus certaines fonctions de l’université afin de bien les intégrer à la population.

Le candidat est par ailleurs d’avis qu’il est temps de laisser les grands projets un peu de côté et de réinvestir dans la communauté, tant par l’augmentation des budgets d’asphaltage, l’entretien des bâtiments municipaux et la mise à niveau des divers secteurs de la ville. Il entend en outre augmenter le budget de déneigement des trottoirs aux abords des résidences pour aînés.

«Ça fait partie de notre devoir moral d’adapter notre ville à la réalité du vieillissement de la population», croit-il.

La dynamique autour de la table du conseil municipal ne semble pas un enjeu majeur pour Éric Lord, qui entend arriver à la mairie dans une vision de dialogue et de concertation. Il aurait toutefois apprécié que certains conseillers municipaux se gardent une réserve dans cette campagne électorale plutôt que de donner leur appui au candidat Jean-François Aubin.

«Je ne trouve pas ça souhaitable que des conseillers municipaux se prononcent comme ça. Dans mon cas, je ne souhaite pas recevoir d’appuis parce que je pense qu’à terme, il faut former une équipe. De favoriser une polarisation d’entrée de jeu, je ne pense pas que c’est très bon», mentionne celui qui se dit ouvert à travailler avec l’ensemble du conseil une fois élu.

«Il faut prendre acte de la dynamique actuelle aussi. On a un conseil qui a développé son mécanisme de fonctionnement. Le prochain maire de Trois-Rivières ne pourra pas arriver avec ses gros sabots et imposer des choses. Il va falloir travailler en dialogue, en concertation», conclut-il.