Éric Bédard se dit attristé par l'incendie du centre de loisirs qui porte son nom à Sainte-Thècle.

Éric Bédard: «C'est un geste impardonnable»

Pour Éric Bédard, c'était bien plus qu'un simple centre de loisirs. Les gens de Sainte-Thècle, été comme hiver, s'y rassemblaient pour pratiquer diverses activités depuis des décennies. L'incendie criminel ayant détruit l'endroit qui portait son nom ébranle l'ex-olympien, mis au courant des faits tôt hier matin.
«Ce n'était peut-être pas la bâtisse la plus belle, mais en terme de valeur patrimoniale pour la population, elle représentait un symbole fort», a-t-il dit, hier, en entrevue au Nouvelliste. «C'est un geste impardonnable et regrettable. Tout le monde de Sainte-Thècle conserve au moins un souvenir associé à cet endroit. Ça fait mal.»
L'entraîneur-chef de l'équipe nationale d'Italie en patinage de vitesse courte piste se souvient de ses premiers coups de patin, sur la glace jouxtant le centre, non loin de l'école primaire. Il se rappelle de ces hivers, après l'école justement, où il jouait au hockey en compagnie de ses amis avant que sa mère ne vienne le chercher. De l'époque où il travaillait pour la Municipalité, peu de temps avant ses premiers Jeux olympiques, à Nagano en 1998. Quelques mois plus tard, on inaugurait officiellement le centre de loisirs Éric-Bédard.
«Je m'occupais de l'entretien du parc et du terrain de baseball. Ça, c'est quand on ne jouait pas à la balle ou au hockey. La vérité, c'est que tout ce qui se faisait de sportif à Sainte-Thècle passait par cette bâtisse. C'était un legs du passé, on s'y rassemblait à chaque fois qu'on organisait une activité.»
Éric Bédard mentionne au passage que le centre de loisirs abritait un mini temple de la renommée de l'histoire sportive du village. Au fil des ans, des coupures de journaux et des affiches s'y étaient accumulées, témoins d'une belle époque. «Il faut maintenant souhaiter que le tout soit rebâti au plus vite. On ne peut pas se priver d'un tel endroit, ce serait un drame.»
Comme celui qui s'est joué, dans la nuit de dimanche à lundi. «Je connais sûrement par la bande les jeunes qui ont commis cet acte. Ce n'est pas parce que tu habites un petit village que tu peux faire n'importe quoi. Ils seront jugés, mais ça n'effacera pas tous les dommages qu'ils ont perpétrés», conclut Bédard, qui se dit tout aussi désolé de la perte de la maison des jeunes.
Une solution en vue
Une réunion de parents avait lieu, hier soir, en vue de trouver une solution temporaire à la disparition de la maison de jeunes de Sainte-Thècle. Tout indique qu'une solution sera rapidement trouvée en attendant la reconstruction du centre.
La conseillère municipale, Claudette Trudel, a confié que, rapidement, plusieurs suggestions ont été faites à la Municipalité. «C'est prometteur, les jeunes ne seront pas dans la rue. Ce ne sera peut-être pas comme avant mais on aura quelque chose. On a su se virer de bord assez vite car il fallait aussi trouver un local pour les patineurs.»
Tout indique qu'une roulotte de chantier, chauffée et dotée d'installations sanitaires, sera installée près du centre Éric-Bédard. Si les parents donnent leur accord, les jeunes pourront aussi s'y retrouver en dehors des heures de patinage.
«On va essayer de trouver un compromis pour permettre aux jeunes d'avoir leur local en attendant. Viendra ensuite la reconstruction lorsque la question des assurances sera réglée», de conclure Mme Trudel.
Avec la collaboration de Louise Plante