Des cols bleus de la Ville de Québec ont aidé la Municipalité de Batiscan en participant au remplissage de sacs de sable.

Une remontée moins forte que prévu

Le scénario des augmentations spectaculaires du niveau du fleuve Saint-Laurent, jeudi, ne s'est pas matérialisé. Le fleuve a connu des hausses inférieures aux prévisions émises mercredi par les autorités, mais ces dernières demeurent aux aguets avec le vent et la pluie annoncés pour les prochains jours.
Près de 20 militaires et une dizaine de cols bleus de la Ville de Québec appuyaient les employés municipaux de Batiscan pour remplir 4000 sacs de sable. La mission était d'assurer la meilleure protection possible aux riverains.
«On annonce du vent pour jeudi en fin de journée et vendredi. C'est pour ça qu'on a plus de monde (pour les sacs de sable). Le danger est le vent et les vagues. S'il pleut autant en fin de semaine que ce qui est annoncé, ça va être inquiétant», déclare Sonya Auclair, la mairesse de Batiscan.
Cette municipalité s'attendait à observer un niveau du fleuve pouvant grimper jusqu'à 4,07 mètres. Il a finalement été de 3,79 mètres, soit moins que les 3,85 mètres notés mercredi.
Batiscan devait toutefois refaire la digue construite au chemin Couet. Un résident du secteur, Robert Giroux, avoue que le printemps 2017 réserve beaucoup d'eau dans l'entourage du chalet sur pilotis construit par son père en 1960.
«J'ai déjà vu plus haut, mais cette année est quand même exceptionnelle. Le plus inquiétant, c'est les vagues», estime M. Giroux.
Le ministre fédéral François-Philippe Champagne a fait la tournée de plusieurs municipalités aux prises avec les inondations. Selon le député de Saint-Maurice-Champlain, cette autre tournée dans sa région s'inscrit dans ses responsabilités d'élu.
«C'est important de venir voir sur les lieux, de voir si on a mis les effectifs pour répondre aux besoins. Le constat est oui.»
Un peu plus à l'est, Sainte-Anne-de-la-Pérade s'attendait aussi à composer avec un niveau très élevé du fleuve Saint-Laurent. Les appréhensions étaient de l'ordre de 4,75 mètres. Le niveau s'est élevé à 4,62 mètres, soit cinq centimètres de moins que mercredi.
«Ça s'est bien passé, déclare Jacques Taillefer, directeur général de la Municipalité et coordonnateur des mesures d'urgence. On continue de distribuer des sacs de sable aux citoyens. On améliore la protection de jour en jour. Plus ça va, plus les pics de marées sont en baisse. Mais il reste à voir les vents.»
Champlain a terminé jeudi d'installer des sacs de sable sur le muret du secteur de l'île Valdor afin d'augmenter le niveau de protection. Les militaires ont été utiles pour participer à cette corvée.
«Le niveau du fleuve est moins élevé, mais ce qui nous préoccupe, c'est le vent», déclare Jean Houde, directeur général de la Municipalité.
À Trois-Rivières, on a observé une stabilisation du niveau du fleuve à environ 3,6 mètres, et on ne pense pas que le niveau devrait dépasser 3,7 mètres d'ici le 15 mai, ceci en tenant compte des marées, mais aussi des précipitations à recevoir durant la fin de semaine.
«C'est encourageant. Évidemment, on demeure aux aguets parce que ça peut évoluer et le scénario peut changer, mais ça semble tout de même stable pour les prochains jours», indique le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant.
Même constat à Bécancour. Selon le maire Jean-Guy Dubois, le niveau du fleuve a peu bougé au cours des dernières heures, il aurait même diminué légèrement. Mais il faut maintenant se préparer à affronter une fin de semaine qui s'annonce mouvementée.
Alors qu'il était en compagnie de la mairesse de Batiscan, Sonya Auclair, le ministre François-Philippe Champagne a téléphoné à Régis Labeaume, le maire de Québec, pour le remercier de la présence à Batiscan d'une dizaine de cols bleus de Québec.
Robert Giroux est propriétaire d'un chalet au chemin Couet à Batiscan, où l'eau du fleuve déborde sur les terrains du secteur.
«Il y a des sacs de sable dans l'atelier, mais personne ne vient en chercher. Nous, on garde le cap en disant aux gens d'être prêts à une augmentation de 20 à 30 cm du niveau du fleuve.»
Les choses se passaient bien à Nicolet. Des militaires étaient toujours sur place pour remplir des sacs de sable en cette journée où la hausse du fleuve a été moindre que prévu: il était à 3,53 mètres en milieu d'après-midi, alors que les prévisions le fixaient à 3,70 mètres.
«C'est plus calme. La météo est plus de notre côté. Mais on anticipe encore pour demain (vendredi). Il y a les grandes marées. Il se peut que les vagues oscillent jusque chez nous et le niveau du lac Saint-Pierre peut aussi augmenter», raconte la porte-parole de la Ville de Nicolet, Aline Blais.
Selon Roger Michaud, le niveau de la rivière Maskinongé affiche un repli. Combiné à une diminution de quelques centimètres du niveau du fleuve, ces deux baisses sont une bonne nouvelle, estime le maire de Maskinongé.
«On annonce du vent, mais ce qui me préoccupe plus, ce sont les précipitations. Mais comme le fleuve a baissé, la remontée devrait être moins importante. Ce qu'on a gagné, c'est un coussin.»
Les militaires ont rempli des sacs de sable à Maskinongé, mais aussi à Louiseville. Le niveau du fleuve est stable et la rivière du Loup a diminué, mais les gens se préparent en vue de la fin de semaine et de la pluie qui pourrait laisser de 20 mm à 50 mm d'eau.
«Les gens sont inquiets», reconnaît Yvon Deshaies, le maire de Louiseville. 
Devant la très grande présence d'eau autour de la rue des Malards, deux résidentes du secteur ont quitté leur domicile à la suite de vives recommandations de la Ville. Cette dernière n'a pas eu besoin de faire appel à la Sûreté du Québec. 
La situation est relativement stable à Yamachiche. Selon le maire Michel Isabelle, les intervenants locaux sont attentifs au phénomène des marées et aux précipitations prévues en fin de semaine.
Avec la collaboration de Paule Vermot-Desroches