René Lemire souhaite que la route Langue-de-Terre soit rehaussée dans les meilleurs délais.

Une inondation qui n'en finit plus

Si les inondations sont chose du passé pour la grande majorité des résidents de la région, quelques résidents de la route Langue-de-Terre à Maskinongé doivent encore enfiler leurs bottes imperméables pour se rendre à leur domicile. Ils en ont d'ailleurs plein les bottes d'une crue des eaux qui n'en finit plus, d'autant plus que le rehaussement d'une portion du chemin sur une longueur de 560 mètres réglerait une bonne partie du problème.
Le bas niveau du chemin dans la partie qui se rapproche de la rivière Maskinongé est à l'origine de cette situation. Les voitures ne peuvent toujours pas circuler dans cette portion de la route depuis plus de deux mois, ce qui complique grandement la vie des habitants de quatre ou cinq maisons durant une période où la fatigue et l'inquiétude sont trop présentes.
René Lemire habite le secteur depuis plus de 20 ans. Sa résidence est située dans la partie de la route à rehausser jusqu'à 45 centimètres (18 pouces), un projet que mijote la Municipalité de Maskinongé depuis 2014.
«Le dossier prend trop de temps à être réglé. Les gens qui sont plus à l'ouest (de la route Langue-de-Terre) sont au sec depuis au moins deux semaines. Ici, avec un chemin plus haut, on serait au sec depuis au moins deux semaines si ce n'est pas trois.»
Vendredi était la première journée durant laquelle l'eau n'était pas sur la route devant la maison de René Lemire. Le secteur étant inondé depuis le 7 avril, M. Lemire avoue en avoir son voyage.
«C'est épuisant pour le mental. Là, il fait beau et j'espère qu'on voit la lumière au bout du tunnel pour vrai, ça fait la troisième fois que l'eau baisse et remonte. Aujourd'hui, ça baisse et on espère que ce soit la bonne. C'est incroyable ce qu'on a vécu», précise M. Lemire, qui a dû se débrouiller en chaloupe durant plusieurs semaines, à l'instar de ses voisins.
La maison de Réjeanne Lévesque est justement un peu plus à l'ouest, là où il est possible de circuler en voiture depuis deux semaines. Elle était heureuse de planter des fleurs sur une partie de son terrain dont une bonne portion est toujours sous l'eau.
«On a du terrain sur environ 50 pieds (vers le lac Saint-Pierre) et c'est encore inondé. Il faut que ça baisse pour qu'on puisse nettoyer, mais je pense qu'on nous envoie de l'eau des Grands Lacs. L'eau a baissé vite dans la rue, mais ça baisse plus tranquillement dans le lac. Mais c'est une superbe place pour vivre», raconte Mme Lévesque, qui sait très bien que ses voisins plus à l'est doivent composer avec une portion de route plus basse.
Roger Michaud rappelle qu'un tel dossier prend un certain temps avant d'être réalisé en raison entre autres des exigences du ministère de l'Environnement.
«Les citoyens sont venus au conseil en juillet 2014. On devait faire les plans en 2014, ils sont sortis en 2015. Vu que (la distance à rehausser) c'est plus que 300 mètres, ça prend une étude d'impact (sur la faune aquatique et l'écoulement des eaux). Donc, on est allé en appel d'offres en 2015. L'étude a commencé en 2016. L'étude préliminaire est complétée, en novembre. Dans le processus de l'Environnement, on doit tenir une rencontre avec la firme qui a réalisé l'étude d'impact et les citoyens. On devait la faire en décembre, mais la moitié des résidents sont en Floride. Je voulais faire une réunion le 9 avril, mais le monde était inondé. On va remettre ça à la fin du mois de juin, probablement le 26», explique le maire de Maskinongé.
Le maire mentionne que le conseil ne peut budgéter les travaux tant que cette réunion avec les citoyens n'a pas eu lieu. Par la suite, la firme doit compléter l'étude et envoyer le tout à l'Environnement. La Municipalité ne peut bouger tant et aussi longtemps que le gouvernement n'a pas accordé son aval, par écrit, insiste M. Michaud.
«On va commencer les travaux quand on aura reçu l'écrit officiel. Donc, les travaux ne se feront pas avant juin ou juillet 2018, si on a l'autorisation de l'Environnement. Et c'est aussi le conseil qui va décider. C'est le nouveau conseil qui va décider du prochain budget. Et c'est aux citoyens à venir au conseil et à faire des pressions. Qu'ils viennent au conseil. On va leur expliquer.»