Un record de chaleur datant de 1937 battu dans la région

Le sud du Québec est officiellement touché par une vague de chaleur historique. La température la plus chaude enregistrée dimanche à Trois-Rivières et à Shawinigan a été de 30 degrés Celsius, ce qui a permis de fracasser le record de chaleur pour un 24 septembre. La précédente marque, qui était de 26,7 degrés Celsius, datait de 1937.
«C'est exceptionnel de connaître une période de chaleur aussi longue durant cette période de l'année. Nous avons souvent quelques journées très chaudes en septembre, mais jamais autant que ce que nous avons actuellement», explique Bruno Marquis, météorologue chez Environnement Canada. 
Même la journée de samedi était très chaude, le record pour un 23 septembre n'a pas été battu. La station météorologique d'Environnement Canada a enregistré en fin d'après-midi une température de 26,5 degrés Celsius. Le record de 1914, où il avait fait 30 degrés Celsius, tient toujours.
La journée de lundi devrait être également très chaude. Environnement Canada prévoit un mercure à 29 degrés Celsius. «On pourrait bien battre un nouveau record de chaleur. La température la plus chaude pour un 25 septembre date de 1937, alors qu'il a fait 27,2 degrés Celsius», ajoute Bruno Marquis. 
Le système de haute pression responsable de cette période de chaleur prolongée sur le Québec, mais aussi sur l'Ontario, la région des Grands Lacs et le Nord-Est américain devrait se dissiper à partir de mercredi avec l'arrivée d'un front froid. Dès jeudi, les températures devraient revenir à la normale et se situer, pour les maximums, autour de 15 ou 16 degrés.
Un week-end pour les activités extérieures
Il n'y a pas de doute, l'été particulièrement pluvieux a laissé un vide chez bien des gens. C'est donc en quête de chaleur et de soleil que plusieurs personnes ont participé aux activités extérieures. 
Les visiteurs de l'île Saint-Quentin ont pu apercevoir de nombreux «vacanciers» sur la plage venus pour prendre du soleil et pour se baigner dans le fleuve Saint-Laurent et dans la rivière Saint-Maurice. Il s'agit d'une scène assez rare à la fin du mois de septembre. Selon les témoignages recueillis, l'eau était rafraîchissante, bien qu'on sentait que l'automne avait déjà commencé à faire baisser sa température. 
«C'est exceptionnel. Le 23 septembre, il n'y a normalement plus grand-chose à faire sur la plage», lance Mario Pellerin, un membre de l'île Saint-Quentin alors au beau milieu d'une partie de mölkky (jeu traditionnel finlandais). «Nous sommes à l'île dès qu'on peut venir et qu'il fait beau. C'est tellement magnifique et c'est au coeur de la ville.» 
Normalement, le mois de septembre est bien plus tranquille sur les parcours de golf de la région. La période des vacances est terminée et le temps plus frais éloigne des golfeurs. Mais c'était tout le contraire cette année. Après des mois de mai et de juin particulièrement catastrophiques, les clubs de golf de la région étaient bondés ce week-end. 
«C'est vraiment excellent. On se rattrape pour les mois du début de l'été qui étaient atroces», lance entre deux coups de golf Luc Boisvert, professionnel de golf au Ki-8-Eb de Trois-Rivières. «Avec ce beau temps, c'est un des meilleurs mois de septembre que j'ai connu. Avec les couleurs dans les arbres, c'est magnifique.»
Cette augmentation de la clientèle est également constatée au Club de golf Métabéroutin situé sur l'île Saint-Christophe, dans le delta de Trois-Rivières. Depuis quelque temps, les conditions sont impeccables pour les nombreux amateurs présents sur les verts.
«Nous vivons de véritables journées d'été. Ça va nous aider à combler le manque des mois plus difficiles du début de la saison», précise Clément Ladouceur, propriétaire et professionnel de golf au Métabéroutin. «On est gâté d'avoir de si belles journées.»
Par ailleurs, les responsables des quelques vergers avec qui Le Nouvelliste s'est entretenu avouent qu'ils ne font aucunement face à des pénuries de cueilleurs cette année. Toujours très populaire auprès des familles, cette activité profite également du temps radieux de cette fin du mois de septembre.
«Nos journées sont excellentes. Les cueilleurs de pommes sont très nombreux. C'est très populaire cette année», témoigne Carole Bellerose, directrice générale du Centre de la biodiversité du Québec situé à Bécancour. «Nous pensons pouvoir encore avoir deux bons week-ends pour l'autocueillette en plus d'accueillir de 75 à 80 enfants par jour durant la semaine.»
Le verger Barry de Sainte-Anne-de-la-Pérade vit la même situation. Les familles étaient très nombreuses à s'y rendre pour cueillir des pommes fraîches.
«Les pommes sont de très belle qualité et elles sont abondantes. Le temps frais du mois d'août a permis de leur donner une belle couleur rouge. Samedi, il y avait foule dans notre verger», soutient Benoît Barry, propriétaire de ce verger de 3000 pommiers. «Une belle journée comme samedi, nous accueillons environ 2000 personnes.»