La sous-ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Marie-Renée Roy, échangeant avec le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Terres contaminées: «En mode solution»

Après avoir hérité du dossier du site d'enfouissement de matières résiduelles dangereuses à Bécancour, la sous-ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Marie-Renée Roy, a fait le point, mercredi, avec des représentants de la Santé publique, de la Ville de Bécancour et de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, dans les locaux de cette dernière.
«On est en mode solution et non en mode problème», a confié au Nouvelliste le maire Jean-Guy Dubois, au terme d'une «rencontre au sommet» qui aura duré deux heures.
Celui-ci s'est dit «très satisfait» de cet échange avec «des gens qui ont les coudées franches pour agir». «Les citoyens vont se sentir en sécurité et il y a une excellente cohésion entre les intervenants», a affirmé le premier magistrat tout en avouant «qu'il y a de gros millions qui vont jouer là-dedans» alors que plusieurs options sont sur la table. «Ce n'est pas de savoir si on va le faire ou non, mais comment on va le faire», a-t-il renchéri.
Pour sa part, la sous-ministre a profité de l'occasion pour leur «partager verbalement» le plan d'action qui fut dévoilé vendredi dernier par le ministre David Heurtel et qui comporte des volets d'enquête, de gestion du site, de surveillance des eaux, de restauration du site et de communication. «C'est moi qui vais suivre l'évolution du dossier», a d'ailleurs confirmé Mme Roy.
On sait que l'affaire des terres contaminées n'est plus sous la supervision de la Direction régionale du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). 
De plus, le ministre Heurtel a confié un mandat d'enquête sur la gestion du dossier à la Direction de la vérification interne et des enquêtes administratives du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale. 
«Compte tenu de la situation et des préoccupations soulevées, il est important de faire la lumière sur ce dossier. C'est pourquoi j'ai demandé à ce qu'il y ait une enquête sur les informations véhiculées et la gestion du dossier. Les conclusions de l'enquête seront rendues publiques.
De plus, la sous-ministre a mis en place un plan d'action dans le but de clarifier la situation, de maintenir le lien de confiance et de rassurer la population. Notre priorité est et sera toujours de s'assurer de la santé et de la sécurité de la population ainsi que de la protection de l'environnement», avait déclaré le ministre Heurtel.
Le volet de gestion du site du plan d'action prévoit que le MDDELCC prenne le site en charge et pose les actions requises. Il a sécurisé les lieux en exerçant notamment la surveillance nécessaire et une clôture fut installée pour en restreindre l'accès. 
Le MDDELCC procédera également à une surveillance continue et intensifiée de la qualité de l'eau potable, laquelle sera évaluée plus souvent et sur un territoire plus étendu. Il en sera de même pour les eaux souterraines et les eaux de surface. Les résultats de toutes ces analyses seront rendus publics.
Selon les résultats préliminaires obtenus mercredi par la Ville par rapport aux plus récents tests physico-chimiques, «ça semble pas mal dans les critères et dans les normes», selon le maire Dubois. Mais les données ont été confiées à la Santé publique pour une analyse plus pointue.
En matière de restauration du site, une solution permanente pour restaurer le site et faire cesser les rejets de contaminants dans la nappe phréatique est recherchée. 
Enfin, un protocole de communication efficace sera défini afin que la population, le MDDELCC, la municipalité, la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour et la Direction de la santé publique puissent suivre l'avancement des interventions. «On se donne des mécanismes d'information», a précisé Mme Roy.
Finalement, malgré l'existence d'un répertoire des dépôts de sols et de résidus industriels pour le territoire de Bécancour, un exercice de caractérisation «plus sérieux», au dire du maire, sera mené en tenant compte, entre autres, du niveau de contamination, de la population, du ruissellement et de la nappe phréatique.