Le Québec, l'Ontario et la Californie vont plafonner les émissions de gaz à effet de serre et mettre en commun un marché où les pollueurs industriels s'échangeront des droits d'émettre du carbone.

Les coupes à Energy Star inquiètent

Le ministère de Ressources naturelles du Canada apportera sa voix à ceux qui s'opposent aux coupes proposées par le gouvernement Trump dans le programme Energy Star.
Le gouvernement américain a l'intention de réduire le budget du programme de 40%, ce qui mettra en danger son existence. La fin d'Energy Star risque de nuire grandement aux efforts du Canada d'atteindre ses propres objectifs de réduction de gaz à effet de serre.
Le ministre Jim Carr a rappelé vendredi qu'Energy Star était un «très important programme» pour le Canada, et ce depuis un certain temps déjà.
Le président Donald Trump voulait même réduire à zéro le financement d'Energy Star dans la proposition budgétaire soumise au printemps, laissant entendre qu'un tel programme pourrait facilement être récupéré par le secteur privé. La Chambre des représentants a finalement adopté une loi réduisant le financement d'Energy Star de 40%.
Selon des documents obtenus grâce à la Loi d'accès à l'information, Ressources naturelles Canada est sceptique que le Canada pourra maintenir le programme à flot sur l'Oncle Sam s'en retire.
Une note d'information circulant au ministère indique que le retrait des États-Unis provoquerait des répercussions importantes sur la capacité du Canada à maintenir le programme.
Le ministère a élaboré un plan visant à éliminer la coupe budgétaire. Le ministre Carr devait notamment soulever la question lors de sa rencontre avec le patron de l'Agence de protection environnementale des États-Unis (EPA), Scott Pruitt, prévue à Ottawa, en juin. Le voyage a été annulé et la discussion n'a jamais eu lieu. M. Carr aura une nouvelle occasion lorsqu'il rencontrera en novembre le secrétaire américain à l'Énergie, Rick Perry, à Paris.
Le ministère croit que M. Perry est l'un de ceux pouvant faire reculer le gouvernement américain sur ce sujet. À titre de gouverneur du Texas, M. Perry a contribué à l'adoption d'un des codes du bâtiment les plus efficaces au plan énergétique et a appuyé l'essor de l'énergie éolienne.
Depuis 1991, l'EPA gère le programme Energy Star qui identifie les produits certifiés comme étant d'une haute efficacité sur le plan énergétique. La petite étiquette bleue indique au consommateur que tel produit est plus efficace qu'un autre n'ayant pas été certifié. Des études laissent entendre que les maisons et les entreprises ayant reçu une certification peuvent être louées ou vendues à un prix supérieur.
Le Canada s'est joint au programme en 2001. Sa participation s'est établie à la suite d'une entente avec l'EPA qui détient les droits d'Energy Star. Le Canada dépensera environ 10,5 millions pour sa part du programme en 2017.
Quelque 2000 entreprises canadiennes peuvent apposer le logo «Energy Star» à leurs produits. Les provinces se fient à Energy Star pour leur propre programme d'efficacité énergétique. Ceux-ci seront responsables de la réduction de près de 30 millions de tonnes d'émissions de carbone ou de ses équivalents au cours des 13 prochaines années.
Ce total représente 15% des émissions que le Canada doit éliminer d'ici 2030 s'il veut respecter ses engagements de l'accord de Paris.