Les citoyens devront bientôt prendre l'habitude de ne plus jeter leurs résidus compostables à la poubelle.

La Régie opte pour un centre de compostage

Après avoir longuement contemplé des projets coûteux de biométhanisation et même fait des voyages en Europe pour se renseigner à ce sujet, la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie optera finalement pour le compostage afin d'éviter que les matières putrescibles résidentielles soient envoyées à l'enfouissement.
«Ce sera un centre de compostage, c'est sûr», a confirmé au Nouvelliste le président de la Régie, René Goyette.
La Régie avait prévu d'aller visiter une installation de ce genre à Rimouski, en juin dernier. Le voyage a toutefois été remis au 6 septembre, dit-il.
René Goyette indique qu'à cette occasion, non seulement tous les membres de la Régie sont invités, mais aussi les députés de la région et les membres des comités spéciaux en lien avec ce projet. «On veut que tout le monde parte du même pied avec les mêmes informations», explique le président.
Rappelons que la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles veut bannir les matières organiques des lieux d'enfouissement d'ici 2020 et recycler 60 % des matières résiduelles putrescibles.
La Régie n'a donc pas le choix de créer un projet de valorisation.
René Goyette rappelle que des projets ont été analysés par la Régie dans lesquels la région aurait pu arriver à ne plus enfouir du tout ses déchets, «mais ça coûtait 150 millions $», dit-il.
Des projets de biométhanisation avaient aussi été envisagés, mais celui qui aurait été le plus adapté est passé de 38 millions $ à 90 millions $ en cours d'analyse, explique le président.
Le compostage demeure donc le moyen le moins cher de répondre aux exigences du gouvernement du Québec, fait-il valoir.
René Goyette indique qu'un projet de compostage à ciel ouvert se situerait autour de 10 à 12 millions $. Une usine fermée serait deux fois plus chère et voisinerait donc les 20 millions $.
La décision finale n'a pas encore été prise, indique le président de la Régie.
Chose certaine, Saint-Étienne-des-Grès, où se situe un des deux lieux d'enfouissement de la Régie, ne veut en aucun cas être l'hôtesse de ce nouveau projet, réitère le maire Robert Landry.
On se rappellera que des modifications aux cellules d'enfouissement de la RGMRM, l'an dernier, avaient occasionné de nombreux épisodes pénibles de mauvaises odeurs pour les citoyens, fait-il valoir.
Fort heureusement, tout est entré dans l'ordre depuis septembre dernier, se réjouit le maire Landry en précisant que le lieu d'enfouissement est maintenant mieux géré.
La région n'oublie pas non plus la saga de Compostage Mauricie, qui avait rendu la vie très difficile aux citoyens de Saint-Luc-de-Vincennes à cause des odeurs pestilentielles générées par sa gestion.
Champlain, de son côté, est toujours intéressée à accueillir le futur centre de compostage de la Régie, «mais à deux conditions», rappelle le maire, Guy Simon. Le centre de compostage devrait être fermé afin d'assurer un bon contrôle des odeurs. En deuxième lieu, l'usine ne devrait recevoir que le tonnage de matières putrescibles généré par la région, soit quelque 35 000 tonnes. Champlain dispose déjà d'une accréditation pour le compostage des feuilles mortes. Le compost que générerait la future usine pourrait être utilisé comme engrais ou même comme matériel de recouvrement pour le lieu d'enfouissement technique de Champlain, propose le maire.
La collecte des matières putrescibles (restes de table, rognures de gazon ou de plantes et feuilles mortes) se fera par le bac brun qui n'arrivera à nos portes qu'en 2019, soit après la construction du futur centre de compostage.
L'implantation de ces bacs à elle seule coûtera 9 millions $ à la région.