À l'instar des résidents de Maskinongé habitant le secteur de la route Langue-de-Terre, les citoyens vivant près du fleuve Saint-Laurent ou d'une rivière ont connu une crue des eaux très importante en 2017.

Inondations: facture de plus de 1,2 million $

Les municipalités touchées par les inondations vont se souvenir longtemps du printemps 2017. Non seulement cette catastrophe naturelle a engendré son lot de soucis, mais elle a aussi entraîné des dépenses de toutes sortes totalisant plus de 1,2 million de dollars dans la région.
Alors que de moins en moins de citoyens vivent la période d'inondations, les municipalités commencent à analyser les coûts de cette crue des eaux printanières dont l'ampleur s'est approchée de la cote de récurrence 0-100 ans dans certains secteurs. La période d'inondations s'est étirée sur environ deux mois pour la plupart des citoyens riverains soit du fleuve Saint-Laurent, soit d'une rivière. La durée et l'intensité des inondations expliquent en grande partie le niveau des coûts.
La facture que s'apprête à absorber la Ville de Trois-Rivières est la plus importante. Yvan Toutant, porte-parole de la Ville, confirme que les coûts associés aux inondations dépasseront la barre des 500 000 $.
«On a eu 52 000 sacs de sable. Juste pour ça, c'est près de 300 000 $. Il faut aussi calculer les heures travaillées par nos équipes des travaux publics, par les pompiers. On avait aussi notre cellule d'urgence qui était à pied d'oeuvre. Il y a 10, 12 personnes qui travaillent sur cette cellule.»
Nicolet s'attend aussi à devoir payer beaucoup pour cette crue des eaux d'une vigueur inhabituelle.
«Nous avons 120 000 $ de dépenses pour les sacs de sable. Ce sera au moins 50 000 $ pour la main-d'oeuvre fournie par les travaux publics et les pompiers. On est donc à 170 000 $. C'est sans compter les compagnies qui nous envoient des factures pour la location de pompes, de machineries. On estime que ce sera près de 200 000 $», déclare Aline Blais, directrice des communications de la Ville de Nicolet.
Un peu plus à l'est, la facture devrait être d'environ 150 000 $ pour la Ville de Bécancour.
«Il faut calculer pour la machinerie comme des pompes, des pelles chargeuses. Il faut calculer les sacs de sable, les heures de travail. De façon globale, ça devrait être 150 000 $. Mais ça pourrait être plus», estime le maire, Jean-Guy Dubois.
De nombreux citoyens de Louiseville ont eu à composer avec de sérieuses inondations. La facture sera en conséquence, prévient le maire Yvon Deshaies.
«On s'attend à ce que ce soit près de 100 000 $. Il faut tout calculer: le temps des pompiers, des travaux publics, les poches de sable, les lunchs. On a eu deux dames et deux familles qui sont allées à l'hôtel, on se ramasse avec une trentaine de nuitées. Tout ça, ça coûte cher. Mais on n'a pas eu le choix. On a fait le maximum et l'équipe était prête.»
La facture devrait être du même niveau à La Tuque. Mais la nature des dépenses sera différente, explique Hélène Langlais.
«Ce qui va coûter de l'argent est la réparation des chemins: la route 10 en milieu forestier, le rang Est et le rang Ouest dans le secteur de La Croche, le chemin Bourassa sur la rive-ouest du Saint-Maurice. On n'a pas les chiffres tout de suite, car on se donne jusqu'au 24 juin pour faire le bilan des chemins forestiers. Mais ça ne dépassera pas 100 000 $», raconte la directrice des communications de la Ville de La Tuque.
Shawinigan évalue les dépenses reliées aux inondations à environ 95 000 $, notamment pour les heures travaillées par ses pompiers et ses employés des travaux publics qui ont assuré une présence continue durant des jours. La facture devrait être d'environ 30 000 $ pour les municipalités de Sainte-Anne-de-la-Pérade et de Yamachiche. Batiscan croit que les coûts seront de 20 000 $, alors que Champlain les évalue à 18 000 $. Plus de 10 000 $ sont à prévoir du côté de Maskinongé.
La contribution de l'armée canadienne aux différentes corvées a été saluée par les municipalités ayant eu recours aux services des militaires. Le fait que les municipalités n'auront pas à payer pour cette main-d'oeuvre est aussi bien accueilli.
Les administrations municipales aiguisent leur crayon afin de présenter différentes réclamations auprès du gouvernement du Québec. Le ministère de la Sécurité publique offre le programme d'aide financière spécifique aux inondations.
Ce programme s'adresse autant aux citoyens qu'aux municipalités et aux entreprises. Des dépenses comme la location de machinerie, les frais additionnels reliés à la main-d'oeuvre, l'érection d'une digue, la fermeture d'une route, la préparation et l'installation de sacs de sable et la réparation d'un chemin sont couvertes à certains pourcentages.
Jusqu'à maintenant, quelque 3900 réclamations ont été reçues au ministère de la Sécurité publique. La somme versée s'élève à 16,5 millions de dollars. Le ministère s'attend à recevoir un total de 5000 réclamations pour plus de 350 millions de dollars en aide financière.
D'autre part, la Croix-Rouge a jusqu'à maintenant amassé 7,6 millions de dollars durant sa campagne de souscription visant à soutenir les victimes des inondations. Cette somme sera bonifiée notamment par la contribution du concert-bénéfice Inondés d'amour qui sera présenté dimanche soir à l'Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières.