Le propriétaire de la Pépinière 55, Réjean Lapointe.

Eau contaminée à Saint-Étienne-des-Grès: le cas de la Pépinière 55 n'est pas réglé

Le maire de Saint-Étienne-des-Grès, Robert Landry, se dit très heureux de la décision prise par le ministre des Transports, Laurent Lessard, de payer les frais associés à l'installation d'une conduite d'aqueduc, dans sa municipalité.
Le maire est évidemment très satisfait d'apprendre que les 26 résidences aux prises avec le problème de sel de déglaçage provenant des opérations du MTQ n'auront rien à débourser pour se raccorder à cette conduite.
M. Landry ajoute que les citoyens munis de puits et dont la résidence sera située à proximité de la nouvelle conduite et qui n'ont pas de problème de sel pourront aussi se raccorder à cette conduite moyennant une somme de 1930 $.
Le propriétaire de la Pépinière 55, Réjean Lapointe, s'estime le grand oublié de cette importante annonce. Sa résidence personnelle bénéficiera de la décision du ministre, mais pas son commerce.
La Pépinière 55, les autres commerces du secteur de même qu'une ferme pourraient certes être raccordés, mais devront être munis d'un compteur puisque l'eau distribuée sera traitée. M. Lapointe calcule qu'il lui en coûterait entre 35 000 $ et 40 000 $ en eau par année avec un pareil système. La consommation de l'entreprise serait équivalente, en effet, à celle de 50 maisons, indique le maire Landry.
«Le dossier de M. Lapointe est devant les tribunaux, je ne peux donc le commenter», a indiqué au Nouvelliste le député de Maskinongé, Marc H. Plante.
Le député rappelle d'autre part que les citoyens victimes des ravages du sel de déglaçage pourront aussi faire des réclamations pour les appareils ou pièces d'aqueduc qui ont été endommagés par ce produit au fil des dernières années.
Le maire Landry indique que la Pépinière 55 n'est pas la seule à ne pas bénéficier de la décision du MTQ. Une quinzaine de résidences de Saint-Étienne-des-Grès sont aussi aux prises avec une contamination de leur eau potable aux nitrite et nitrate. Cette situation n'est pas en lien avec les activités du MTQ, toutefois. Les maisons en question sont, par contre, à proximité de celles qui ont été contaminées au sel de déglaçage et rien n'indique que la contamination ne finira pas par migrer jusque dans leurs puits, explique le maire qui se dit néanmoins confiant qu'il sera possible de trouver une solution pour régler leur problème. Des discussions sont en cours à ce sujet, dit-il.
La Pépinière 55, de son côté, ne voit pas quand son dossier finira par se régler. «Depuis Noël qu'ils nous ont demandé des rapports et là, ils sont en contre-expertise parce qu'on veut avoir une conférence de gestion à l'amiable. Ça a été reporté, puis il y a eu la grève des juristes et il y a toutes sortes d'excuses pour étirer le dossier», déplore Réjean Lapointe.
Ce dernier indique que cette situation met en péril une trentaine d'emplois qu'il espérait créer, depuis cinq ans, en ouvrant un centre de villégiature. «On ne peut pas l'ouvrir parce qu'il n'y a pas d'eau», dit-il. «C'est un centre agrotouristique que je suis prêt à ouvrir», dit-il en ajoutant qu'il veut aussi créer une école de formation avec la commission scolaire, mais rien n'est possible sans eau.
«On a 20 emplois qui attendent après ça depuis 5 ans», dit-il. «Il y a en 10 qu'on a laissés à cause de la production. C'est à peu près 30 emplois qui sont affectés», fulmine-t-il.