Pierre Foisy

Demande de suspension du projet Énergie Est: réjouissances modestes

Même s'il réagit positivement à la demande de TransCanada de suspendre l'examen fédéral de son projet d'oléoduc, Pierre Foisy refuse de s'emballer.
Porte-parole du Comité vigilance hydrocarbures de la MRC de Maskinongé, M. Foisy voit d'un bon oeil le fait que TransCanada demande à l'Office national de l'énergie de suspendre l'évaluation du projet Énergie Est pour 30 jours. La demande a d'ailleurs été acceptée par l'ONE. Selon lui, la compagnie démontre qu'elle n'est pas très chaude à l'idée qu'une étude sur les gaz à effet de serre reliés à son projet soit réalisée.
«Il y a une raison à ça: c'est une industrie très polluante. Il y a aussi les frais pour produire du pétrole bitumineux qui sont de plus en plus lourds. Les conditions d'exploitation sont difficiles et coûteuses. Si on compte tout ce qui est polluant et toute l'énergie que ça demande pour produire du pétrole, ce n'est pas une opération très rentable et TransCanada est obligée de faire la démonstration d'une façon plus évidente que c'est une industrie rentable à long terme», expose M. Foisy.
La décision de TransCanada est à suivre. Pierre Foisy demeure prudent devant les agissements de la compagnie.
«Il y a des stratégies qu'on ne connaît pas. On est un petit comité, on essaie de suivre les informations, mais tout n'est pas sorti. On n'en sait rien quant aux stratégies et aux options politiques gouvernementales. M. Trudeau est très sensible à l'industrie des sables bitumineux. Cette annonce de TransCanada, c'est mieux que de recevoir une confirmation du projet, mais ce n'est pas une réponse finale et définitive. Ça ne clôt pas le dossier, loin de là. Ce n'est pas le temps de crier victoire.»
M. Foisy assure que le Comité vigilance hydrocarbures de la MRC de Maskinongé poursuit son travail afin d'amener le plus de citoyens possible à partager son opposition au projet d'oléoduc Énergie Est.
«On utilise les activités extérieures de la région pour rencontrer la population et faire signer notre pétition. Les gens sont courtois et plus intéressés que jamais. Ils se questionnent beaucoup. La pétition est un bon outil pour discuter avec les gens, prendre le pouls, vérifier le niveau d'information et la compréhension des gens.»
En avril dernier, le Comité a remis à la table des maires de la MRC de Maskinongé une nouvelle pétition d'opposition à l'oléoduc. Le document contenait 3000 signatures qui s'ajoutaient aux 1000 accumulées sur une première pétition remise en mai 2016. Selon Pierre Foisy, la pétition devrait atteindre très bientôt les 5000 signatures. Il s'attend à regrouper 6000 noms au cours de l'automne.