Le président de la RGMRM, René Goyette.

Compostage: vers une partie de bras de fer à Saint-Étienne-des-Grès

La Mauricie se dirige peut-être vers une nouvelle partie de bras de fer et cette fois, ce serait dans le dossier du compostage. La direction de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie s'intéresse en effet de plus en plus à Saint-Étienne-des-Grès pour y construire ses futures installations de compostage, mais le maire de la municipalité, Robert Landry, rappelle que la réponse est toujours non.
Robert Landry, maire de Saint-Étienne-des-Grès.
«On n'est pas intéressé. Il faudrait des preuves bien appuyées» qu'il n'y aura pas de problématiques d'odeurs, précise-t-il. 
Rappelons que les terrains du lieu d'enfouissement technique de Champlain avaient été évoqués pour ce projet. La Municipalité de Champlain s'était montrée ouverte, mais à condition que le compostage se fasse en milieu fermé et qu'un contrôle serré des odeurs soit assuré par la Régie.
Or, au terme d'une visite de la Régie dans un centre de compostage à Rimouski, le 6 septembre, le président, René Goyette, a indiqué au Nouvelliste qu'il se montre désormais plus intéressé par une installation à proximité des actifs de la Régie à Saint-Étienne-des-Grès.
M. Goyette est revenu enchanté de sa visite et estime que ce choix serait beaucoup plus avantageux. «On a toutes les infrastructures», fait-il valoir, notamment un système de gestion du lixiviat.
«On a le contrôle des odeurs comme jamais. On est sur la coche», assure-t-il, en faisant référence aux événements de l'an dernier.
Deux représentants de Saint-Étienne-des-Grès ont pris part à cette visite à Rimouski et malgré tout, la Municipalité n'a pas changé d'avis. 
C'est que Saint-Étienne-des-Grès se souvient, comme toute la Mauricie d'ailleurs, de la mésaventure de Compostage Mauricie, à Saint-Luc-de-Vincennes, qui avait marqué la région au fer rouge, il y a quelques années, en rendant la vie intenable aux résidents à cause des mauvaises odeurs.
Comme si cet épisode n'avait pas été suffisant pour rejeter toute idée d'une installation de compostage régional sur son territoire, Saint-Étienne a aussi été confrontée à une problématique de mauvaises odeurs persistantes lors de l'ouverture d'une cellule d'enfouissement par la Régie, l'an dernier.
Le maire Landry est toutefois d'accord pour dire, maintenant, que cette pénible période est terminée. 
«Depuis un an, beaucoup de choses ont été faites à la Régie. C'est le jour et la nuit», reconnaît-il. N'empêche qu'il avait fallu que le ministère de l'Environnement s'en mêle, rappelle-t-il. Le sujet a été discuté récemment lors d'un Lac-à-l'épaule des membres de la Régie. Aucune décision n'est encore prise, indique le maire Landry.
D'ailleurs, une autre visite est prévue pour les représentants de la Régie au mois d'octobre, à Guelph, en Ontario, où se trouve un centre de compostage à aire fermée.
René Goyette explique qu'après ces deux visites, il sera beaucoup plus facile pour les membres de la Régie de se faire une idée éclairée.
Les choses ont changé
Françoise Forcier, directrice de projet chez Solinov, connaît bien l'histoire de la mésaventure avec Compostage Mauricie puisqu'elle cumule quelque 25 ans d'expérience dans le milieu du compostage et collabore avec la RGMRM dans certains projets.
Cette spécialiste assure que les choses ont bien changé depuis ce pénible épisode. Aujourd'hui, «dire que compostage égal odeurs est une mauvaise équation», assure-t-elle. 
«C'est basé sur quelques mauvaises expériences qui, malheureusement, ont fait la une trop longtemps au Québec. Ça a créé une perception négative. On n'est plus du tout dans le même cadre réglementaire qu'à cette époque-là», assure-t-elle. Mme Forcier estime que les techniques employées étaient alors «inappropriées pour des résidus qui ne correspondaient pas à ces techniques-là».
Mme Forcier était de passage à Trois-Rivières, mercredi, dans le cadre d'un colloque sur la gestion des matières résiduelles organisé par le Réseau Environnement et auquel près de 300 personnes participaient.
Le maire Landry croit que le projet ne passera pas la rampe, à Saint-Étienne, à moins qu'il soit prouvé que des odeurs ne viendront pas incommoder les citoyens. «S'il n'y a vraiment aucun risque, on verra», laisse-t-il entrevoir.
Le député de Maskinongé, Marc H. Plante, indique qu'il se tient bien informé de ce dossier et que la première condition pour son implantation à Saint-Étienne est que la Municipalité soit d'accord. Toutefois, dit-il, il est vrai que ce serait plus simple de réaliser le projet dans cette municipalité. 
«Ils examinent toutes les avenues présentement.»