De gauche à droite: le professeur Pierre Magnan, le député Jean-Denis Girard, le ministre Jean D'Amour et le recteur Daniel McMahon.

1,7 million $ pour le navire de recherche  Lampsilis

Construit en 2003 et 2004, le navire de recherche Lampsilis de l'Université du Québec à Trois-Rivières a depuis «manqué un petit peu d'amour», comme l'a indiqué, lundi, un de ses utilisateurs les plus convaincus, le professeur Pierre Magnan.
Certes, cet important outil de recherche a été bien entretenu, mais «on est toujours allé aux réparations et entretiens vitaux. On a mis la peinture un petit peu de côté et c'est important aussi de faire ces entretiens-là», dit-il.
C'est pourquoi l'Université du Québec à Trois-Rivières a accueilli avec grande satisfaction l'annonce d'une aide de 1 750 000 $ versée par le gouvernement du Québec à la Corporation REFORMAR, responsable de l'opération du navire de recherche de 4 millions $ qui a fait grandement évoluer les connaissances scientifiques sur le fleuve Saint-Laurent depuis sa mise à l'eau.
C'est le ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D'Amour, qui est venu en faire personnellement l'annonce, lundi matin, à bord du Lampsilis.
«Ce montant va nous permettre de faire l'entretien complet préventif et va nous permettre de prolonger la vie du navire et de prévenir les mises en cale sèche», a résumé le professeur Magnan à qui a été récemment confiée la direction du volet Santé des écosystèmes du nouveau Réseau Québec Maritime.
Le ministre a tenu à souligner l'importance de cet outil scientifique qui est utilisé aussi par l'Université de Montréal, l'Université du Québec à Montréal, les Universités Laval et McGill de même que par l'Institut national de recherche scientifique Eau, Terre et Environnement.
«C'est dire à quel point le rôle joué par le Lampsilis est fondamental pour le Québec», a plaidé M. D'Amour.
«C'est un équipement qui est utilisé par l'ensemble des chercheurs qui s'intéressent au fleuve Saint-Laurent», signale le recteur de l'UQTR, Daniel McMahon.
«C'est le seul outil permettant d'échantillonner le chenal et il a permis de découvrir 27 espèces de poissons, à la grande surprise des chercheurs qui ne croyaient pas que dans le fond (du chenal), il y avait autant de vie», ajoute le recteur.
Le navire de recherche de l'UQTR «vise notamment à dresser un bilan des écosystèmes marins du Saint-Laurent afin de pouvoir suivre leur évolution», dit-il.
Le Lampsilis est habilité, rappelons-le, à naviguer autant dans les eaux douces que dans les eaux saumâtres du Saint-Laurent. Son tirant d'eau d'à peine un mètre lui permet d'aller explorer des zones plus difficiles d'accès, comme le lac Saint-Pierre. «Il est opérationnel 160 jours par année, de mai à octobre», indique le professeur Magnan.
Le montant obtenu pour le Lampsilis permettra notamment de «couvrir 25 jours de sorties par année pendant cinq ans de même que l'entretien et les améliorations du navire pendant la même période», indique de son côté le recteur McMahon.
«Vous allez me dire que 25 jours, ça peut sembler très peu, mais en réalité, une journée peut nourrir une année de travaux», explique le recteur.
L'aide du gouvernement annoncée lundi «va entraîner une accélération considérable du développement de la recherche sur la portion fluviale et l'estuaire du Saint-Laurent», prévoit le recteur de l'UQTR.
Le temps de navire du Lampsilis sera attribué aux chercheurs universitaires par le biais d'appels à projets périodiques qui seront lancés par le Réseau Québec Maritime, explique le professeur Magnan.
«Ces projets seront dûment évalués par des comités indépendants et selon des règles de pertinence, de rigueur et de qualité scientifique», ajoute-t-il en précisant que les temps de navire «sont très prisés», d'où l'importance de se regrouper pour pouvoir profiter de cet outil de recherche.
Il en coûte 10 000 $ par jour pour louer le Lampsilis à des fins de recherche scientifique.
C'est peu par rapport à ce qu'il en coûte pour exercer le même genre d'activités à bord de navires océanographiques qui sont à 25 000 $, 35 000 $, 45 000 $ par jour, indique le professeur Magnan.