Yan Boissonnault est candidat à lamairie de Saint-Prosper-de-
Champlain.
Yan Boissonnault est candidat à lamairie de Saint-Prosper-de- Champlain.

Entre l’étable et la musique, il y a la politique

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Yan Boissonnault est un "gypsy whitener", un blanchisseur d’étable, un musicien folk agricole, père de trois jeunes enfants et défenseur de l’environnement. C’est aussi un candidat à la mairie de Saint-Prosper-de-Champlain et le nouvel adversaire, donc, du maire sortant Michel Grosleau aux prochaines élections municipales.

«Normalement, je me serais présenté comme conseiller», raconte Yan Boissonnault en prenant une pause pendant qu’il est en train de blanchir une étable à Saint-Célestin. Le jeune homme a plutôt décidé de viser la mairie lorsque le maire sortant a voulu briguer, récemment, la mairie de Saint-Tite pour revenir ensuite sur sa décision et demander un nouveau mandat à Saint-Prosper.

«Pour être bien honnête, j’aurais pu aller comme conseiller. C’était ça qui était le plan, au départ, mais quand j’ai vu le maire aller à Saint-Tite et revenir... Je ne m’attendais pas à ça», raconte-t-il.

C’est qu’il avait eu des discussions avec le maire et voulait travailler en équipe avec lui. «J’ai été surpris», dit-il.

Finalement, ajoute le candidat, «je me sens plus interpellé par le poste de maire que conseiller. Peut-être que je me tire dans le pied ou peut-être que non. On le saura rendu là.»

Le candidat de 32 ans veut changer des choses à Saint-Prosper. Il doit en effet se disperser dans toute la région pour travailler. Du travail à Saint-Prosper, il y en a très peu, explique-t-il. «Il n’y a pas de perspectives d’avenir et aucun projet pour les jeunes», estime le candidat. Et c’est quelque chose qu’il voudrait bien changer.

«Moi, je suis un jeune et j’ai des idées», dit-il. «Et quand je m’investis dans quelque chose, je m’investis à fond», souligne-t-il. «Si je suis pour passer 20 ou 30 heures par semaine à m’investir sur des dossiers, j’aime mieux avoir la plus grosse paie», fait-il valoir.

M. Boissonnault assure qu’il a «des idées qui font du sens et qui sont bonnes pour tout le monde». Il plaide notamment pour la création d’une école alternative, dans la municipalité.

Le candidat ne partage pas le projet du maire Grosleau qui veut faire un développement domiciliaire et une rue «sur le bras des contribuables», dit-il. «Si l’on est pour changer le zonage ou morceler des terres ou faire une nouvelle rue, il faut le faire dans une perspective de développement durable», croit-il.

«Je n’ai pas le goût qu’on fasse des maisons comme tout le monde, avec des matériaux non recyclables faits par des multinationales. J’ai le goût qu’on fasse des maisons avec des produits locaux par des gens d’ici et des maisons écologiques où les maisons, par exemple, sont solaires passives», illustre-t-il. «J’ai le goût de rentrer dans le code du bâtiment de la MRC. À Saint-Prosper, au village, on n’a même pas le droit d’avoir des poules. Je n’ai pas le droit de corder plus de sept cordes de bois dans ma cour», déplore-t-il.

«Si je veux être maire, ce n’est pas pour avoir un conseil qui me dit quoi faire. C’est pour amener des idées au conseil et travailler ensemble avec ces gens-là», dit-il.

Le blanchisseur d’étable a publié un album, en 2016, dont la musique et les paroles mettent en valeur la terre, les métiers agricoles et la région. Gagnant de la 18e édition des Mardis de la relève, il s’est produit notamment au FestiVoix et au Festival du cochon et a fait connaître, un peu partout au Québec, son style musical qui est à cheval sur le folk et le trad.

«Je n’amène pas des idées farfelues et des choses qui n’existent pas», dit-il. Yan Boissonnault assure qu’il veut plutôt, entre l’étable et la musique, donner une couleur particulière à son village.