Le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin.

Enquête sur les vagues à Yamachiche: «On gagne du temps», croit Aubin

Y a-t-il ou n'y a-t-il pas d'enquête du gouvernement fédéral à la suite du passage trop rapide d'un navire qui a fait percuter des vagues de trois mètres sur plusieurs résidences, à Yamachiche?
Le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin, n'arrive pas à avoir une réponse claire à cette simple question. Il l'a donc posée une fois de plus en Chambre, lundi: «Pourquoi le ministre des Transports tarde-t-il à déclencher une enquête?», a-t-il demandé durant la période de questions.
Ces vagues, a-t-il rappelé, «n'ont rien à voir avec ce qu'on appelle un act of God. Quelqu'un doit bien être responsable quelque part», a-t-il fait valoir.
«Le ministre entend-il déclencher rapidement une enquête et indiquer aux victimes quels sont leurs recours?», a questionné M. Aubin.
Le député du NPD avait posé la même question, en d'autres mots, il y a quelques jours.
Lundi, la secrétaire parlementaire du ministre des Transports, Karen McCrimmon, lui a répondu presque un copié-collé de ce qu'elle lui avait dit la semaine dernière: «Notre gouvernement reconnaît l'importance de la navigation sécuritaire et respectueuse de l'environnement. Nous sommes au courant de la situation des résidents de Yamachiche et confirmons avoir reçu des plaintes concernant cet événement. Nous évaluons actuellement la situation et l'enquête est toujours en cours», a-t-elle répété.
«On gagne du temps», en conclut le député. Malgré l'utilisation du mot «enquête» par Mme McCrimmon, Robert Aubin a des doutes. «Je n'en crois absolument rien. S'il y en avait eu une, elle l'aurait affirmé haut et fort», dit-il.
Le député croit qu'un dossier est plutôt en train d'être constitué et c'est en se basant sur ce dossier que le ministre décidera d'ouvrir ou de ne pas ouvrir d'enquête.
La chose ne devrait pas être bien compliquée à analyser, estime-t-il «car tout est facile à trouver», dit-il.
Le député ne comprend pas ce qui tarde autant puisque des navires qui ont passé sur le fleuve à cet endroit, cette nuit-là, à l'heure fatidique, ne sont pas légion.
Le député Aubin dit avoir échangé de la correspondance avec le ministère, en fin de semaine dernière. «On nous dit déjà que cette évaluation-là, qui est préalable à l'enquête, risque de prendre quelques mois», raconte le député.
La lettre indiquait en effet que le ministère était toujours à l'étape de la cueillette des données. «L'analyse du dossier nous permettra de déterminer si un avertissement ou une sanction administrative pécuniaire sera émise au pilote ayant (eu la responsabilité de) la conduite du navire», explique la lettre dans laquelle il est aussi écrit que le dossier devrait être complété «dans les prochains mois».
En se basant sur ce document, il est clair que le ministre n'a toujours pas déclenché d'enquête, en déduit le député.
Si jamais cette histoire se termine par un constat d'infraction pour le pilote, il faudra se demander ce que le gouvernement fera à propos des victimes, indique M. Aubin. «En quoi cela va-t-il les aider? Quels sont les recours pour les victimes?», se questionne-t-il, à la recherche de réponses.
«Je sais qu'il existe un groupe de travail sur la vitesse des navires», dit-il. Une rencontre avec ce comité fait peut-être partie de la préenquête.
Du côté de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent, un nouvel avis a été émis le 6 mai indiquant que des restrictions sont imposées au transit des navires entre Montréal et Trois-Rivières.
Les navires à quai d'un tirant d'eau de 10 mètres et plus seront en effet restreints à des départs de jour entre 5 h et 16 h. «Ces mesures seront réévaluées de jour en jour», indique l'avis.