La fille d’un résident du CHSLD Mgr Paquin de Saint-Tite emporté par la COVID-19 demande la tenue d’une enquête.
La fille d’un résident du CHSLD Mgr Paquin de Saint-Tite emporté par la COVID-19 demande la tenue d’une enquête.

Enquête demandée au CHSLD Mgr Paquin

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
SAINT-TITE — Le 11 avril dernier, Martine St-Amant dénonçait vivement la mobilité du personnel entre les différents CHSLD de la région. Et ce qu’elle craignait le plus est finalement arrivé. Le virus s’en est pris à son père André St-Amant hébergé au CHSLD Mgr Paquin de Saint-Tite et il en est décédé. Estimant qu’il y a eu de la négligence de la part de gestionnaires, la dame souhaite maintenant qu’une enquête soit ouverte pour faire la lumière sur la contamination de ce CHSLD.

«Je souhaite qu’il y ait une enquête par rapport aux gestes qui ont été commis ou des mauvaises décisions qui ont été prises», demande Martine St-Amant, alors qu’elle pleure la mort de son père.

«La gestion pour eux, c’est de couper des budgets. C’est un non-sens. On va tous passer par là, il faut prendre soin des personnes âgées. Oui, ils sont en fin de vie, mais il n’en demeure pas moins qu’ils méritent une belle fin de vie entourés des personnes qui les aiment.»

Lorsqu’elle dénonçait la mobilité du personnel entre les différents CHSLD en raison des risques de propagation que cela entraîne, Martine St-Amant venait d’apprendre qu’une employée qui avait travaillé en pleine éclosion de coronavirus au CHSLD Laflèche de Shawinigan avait été envoyée par ses supérieurs au CHSLD Mgr Paquin de Saint-Tite, où son père était résident. Quelques jours plus tard, on apprenait que cette travailleuse avait contracté la maladie.

«Ça ne date pas d’hier le début de la pandémie. Le 13 mars, on m’a téléphoné pour me dire que je ne pouvais plus venir voir mon père. Presque un mois plus tard, on ne prend toujours pas de précautions pour protéger ces personnes. C’est frustrant», affirme Martine Saint-Amant.

«Mais présentement, je n’ai pas de frustration… j’ai de la peine d’avoir perdu mon père.»

Depuis le début de la propagation dans ce CHSLD de Saint-Tite, neuf résidents sont décédés. De plus, 23 patients ont été infectés ainsi que 16 membres du personnel. Un conteneur réfrigéré faisant office de morgue temporaire a même été installé derrière ce CHSLD.

Martine St-Amant déplore également que le personnel ne pouvait avoir accès à tout le matériel de protection disponible. Elle mentionne, à l’instar de plusieurs témoignages recueillis dans la région depuis le début de la pandémie, que les gestionnaires gardaient sous clé les masques N95.

André St-Amant est décédé le 19 avril au CHSLD Mgr Paquin de Saint-Tite à l’âge de 97 ans. Sa fille Martine a pu être à ses côtés pour ses derniers moments. L’homme qui a passé la plus grande partie de sa vie à Saint-Tite a une descendance nombreuse grâce à ses dix enfants, ses quatorze petits-enfants et ses trois arrière-petits-enfants. Il sera inhumé selon ses souhaits au cimetière de Saint-Tite, mais les funérailles ne pourront être célébrées dès maintenant. Plutôt connu dans sa communauté, André St-Amant est le fils de Joseph St-Amant, le fondateur de la scierie Jos St-Amant et fils de Saint-Tite. André St-Amant a d’ailleurs poursuivi les activités de la scierie familiale.

Pleurer un proche emporté par la mort en cette période de pandémie et de confinement doit très souvent se faire en solitaire. À l’exception de la famille immédiate, il est impossible de se réunir pour se soutenir dans le deuil. Martine St-Amant avoue que le contexte actuel rend l’épreuve extrêmement difficile.

«Je peux communiquer avec mes proches avec Facetime, mais il n’en demeure pas moins que la présence de quelqu’un, c’est important», confie-t-elle.