Hubert Sacy, directeur d'Éduc'alcool

Enquête d'Éduc'alcool: la Mauricie, une région baromètre

TROIS-RIVIÈRES — Pour une troisième fois, Éduc’alcool a mandaté la firme CROP afin de mesurer les attitudes et les opinions des Québécois concernant leur consommation d’alcool. Les résultats de l’enquête révèlent que la Mauricie est un reflet assez fidèle de l’ensemble du Québec, tout en présentant quelques différences. Quant aux Centricois, ils sont plutôt considérés comme étant les consommateurs les plus téméraires.

Les Mauriciens ont des habitudes de consommation d’alcool qui ressemblent en plusieurs points à la moyenne québécoise. Le directeur d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, considère que cette situation est particulièrement rare: «Cette année, la Mauricie est la région baromètre. En soi, c’est assez extraordinaire. En toute honnêteté, on a beaucoup cherché pour trouver des points de différenciations. On a ressorti un certain nombre de choses, mais ce sont des différences mineures.»

D’après l’enquête, seulement deux éléments distinguent la Mauricie des autres régions. Tout d’abord, les Mauriciens consomment moins de vin sur une base hebdomadaire, comparé à l’ensemble du Québec. «La différence est très marquée, c’est 33 % en Mauricie alors que c’est 40 % au Québec. Par contre, les Mauriciens sont plus nombreux à boire de la bière», concède M. Sacy. Aussi, presque la totalité des Mauriciens connaît le slogan d’Éduc’alcool «La modération a bien meilleur goût», en passant de 97 % à 90 %. Ces résultats encouragent Éduc’alcool a poursuivre son travail de sensibilisation.

Sur le plan de l’excès, les résultats de la Mauricie sont un brin plus élevé que la moyenne des Québécois. En effet, 37 % des Mauriciens consomment au-delà des limites recommandées au moins une fois par mois, versus 34 % au Québec.

Dans la catégorie de l’alcool et de la conduite automobile, la Mauricie se révèle un peu plus prudente que la moyenne. Selon l’enquête, 7 % des conducteurs avouent avoir conduit avec les facultés affaiblies au cours de la dernière année, alors que c’est le cas de 8 % au Québec.

Les conducteurs de la Mauricie sont plus nombreux à penser qu’il est probable qu’un conducteur se fasse intercepter par les forces de l’ordre, soit 52 % comparé à 48 % au Québec.

Les habitudes de consommation des habitants de la région en termes d’alcool et de cannabis sont similaires à celles du reste du Québec. Ainsi, 18 % des Mauriciens consomment du cannabis et 23 % d’entre eux, soit 4 % de la population mauricienne, mélangent alcool et cannabis toujours ou souvent, ce qui ressemble à la moyenne québécoise de 24 %.

Les Centricois, les plus téméraires

Le Centre-du-Québec est parmi les régions où les résidents consomment de l’alcool de façon la plus fréquente, mais elle reste dans la moyenne québécoise concernant la consommation excessive.

Les Centricois sont toutefois plus nombreux que la moyenne des Québécois à prendre le volant après avoir consommé de l’alcool. Selon l’enquête, 58 % des Centricois disent avoir pris le volant après avoir consommé de l’alcool à l’intérieur de la limite permise au cours de la dernière année, comparé à 51 % au Québec.

Également, 10 % ont conduit en consommant au-delà de la limite permise imposée par la loi durant les 12 derniers mois, tandis que 8 % l’ont avoué au Québec.

Les Mauriciens ont des habitudes de consommation d’alcool qui ressemblent en plusieurs points à la moyenne québécoise, révèle une enquête qui a été mandatée par Éduc’alcool.

«Les Centricois font partie des conducteurs les plus téméraires du Québec. Il serait souhaitable de voir une augmentation des barrages policiers dans la région pour dissuader des comportements dangereux reliés à l’alcool», ajoute M. Sacy.

Il est important de souligner que la tendance des Centricois à conduire après avoir consommé de l’alcool est à l’opposé des comportements observés en 2017. En effet, ils étaient plus nombreux à refuser de prendre le volant après avoir consommé de l’alcool, même en restant dans la limite de consommation autorisée.

Ainsi, 54 % déclaraient ne jamais conduire après avoir consommé de l’alcool en 2017. En 2019, c’est plutôt 42 % des Centricois qui sont concernés. Éduc’alcool observe une diminution de 12 points de pourcentage.

À propos de la consommation de cannabis, les résidents du Centre-du-Québec se situent dans la moyenne québécoise.

Les particularités du sondage

Il s’agit de la première enquête révélant les pourcentages de consommateurs qui fument du cannabis en même temps qu’ils boivent de l’alcool. Ainsi, c’est une donnée tout à fait nouvelle.

«Les consommateurs ont intérêt à ne pas mélanger les deux substances parce que l’effet de l’un et de l’autre ne s’additionne pas, il se multiplie », assure M. Sacy.

D’ailleurs, l’enquête de cette année est beaucoup plus précise. «Les échantillons ont été doublés. On avait au moins 350 participants par région», explique le directeur général. Aussi, un changement de méthodologie a été effectué puisque les deux tiers des sondages ont été réalisés sur le web et un tiers par téléphone, ce qui a eu pour effet d’augmenter les pourcentages de réponses en lien avec les niveaux de consommation.

«Quand les gens répondent à un questionnaire au téléphone, inconsciemment, ils ont tendance à vouloir éviter d’être mal jugés par la personne avec qui il parle. C’est un comportement humain. Sur ordinateur, les répondants n’ont aucune raison à s’attendre que l’ordinateur les juge en bien ou en mal. Ils répondent donc en toute franchise», indique M. Sacy. Il s’agit donc d’un sondage fiable, d’une précision inégalée, ajoute-t-il.

Les actions à venir

Des actions seront entreprises en fonction des résultats qui ont été obtenus. La sensibilisation reste au cœur des priorités d’Éduc’alcool. «Il faut rappeler aux gens qu’il est de loin préférable de consommer régulièrement des plus petites quantités, qu’occasionnellement des plus grosses quantités d’alcool», affirme le directeur général.

À propos de l’alcool au volant, les barrages routiers seront éventuellement augmentés pour dissuader les conducteurs qui ont dépassé le taux d’alcoolémie légal à emprunter les routes. Éduc’alcool recommande de mettre de l’avant le cours Action Service afin que les serveurs dans les bars et les restaurants suivent la formation. «Tous ces éléments-là, ça contribue grandement à réduire la conduite avec les facultés affaiblies, ça a été démontré et illustré», certifie M. Sacy.

Finalement, Éduc’alcool se prépare à faire une campagne de sensibilisation afin d’informer la population sur le danger de mélanger l’alcool et le cannabis.