L'entente conclue avec l'entreprise Services Matrec inc. permettra de maintenir la vocation d'enfouissement sanitaire du LES de Champlain pour environ 15 ans.

Enfouissement sanitaire: le site de Champlain reste ouvert

Le lieu d'enfouissement sanitaire (LES) de Champlain ne sera finalement pas fermé. La Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie gardait le secret jalousement depuis deux ans, malgré les rumeurs.
<p>René Goyette, président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, à gauche, a signé mercredi l'entente de 15 millions $ avec le président de Services Matrec, Daniel Boulianne.</p>
Mercredi, elle a signé, devant les médias, une entente avec l'entreprise Services Matrec inc. qui permettra de maintenir la vocation d'enfouissement sanitaire du LES de Champlain pour environ 15 ans.
Le président de la Régie, René Goyette, a toutefois tenu à se faire rassurant. La Régie, dit-il, reste propriétaire des lieux, une propriété acquise, rappelons-le, au terme d'une dizaine d'années de batailles juridiques qui ont totalisé 1 million $, notamment contre l'homme d'affaires Lucien Rémillard.
Cette transaction avec le partenaire privé Matrec était devenue nécessaire, explique M. Goyette, puisque la Régie, qui est aussi propriétaire du LES de Saint-Étienne-des-Grès, était en manque chronique de matières résiduelles à enfouir pour rentabiliser ses opérations et souffrait d'un déficit d'exploitation d'environ 1 million $ par année depuis trois ans. «Il fallait arrêter l'hémorragie», plaide-t-il.
L'arrivée de Services Matrec représente un gain de plus de 15 millions $ qui lui seront versés tout au long des prochaines années d'exploitation du LES par son nouveau partenaire.
Les neuf employés de la Régie qui travaillaient pour la Régie au LES de Champlain ont été embauchés par Matrec et le président prévoit engager trois personnes de plus, dans la région, pour venir combler son équipe puisqu'une usine de traitement d'eau s'ajoute au projet.
Le président de Matrec, Daniel Boulianne, indique que les matières résiduelles qu'il enfouira à Champlain viendront de la région de Québec, de Chaudière-Appalaches et de la Beauce ainsi que des marchés situés autour de ces régions. Des volumes proviendront aussi des municipalités limitrophes au LES de Champlain.
D'ailleurs, la Régie a vendu tous les centres de transbordement à partir desquels elle faisait venir, au cours des dernières années, des matières résiduelles de diverses régions du Québec.
La Régie n'enfouira plus que les déchets de la Mauricie au LES de Saint-Étienne-des-Grès.
«Il faut se rappeler que dans les meilleures années du site de Champlain, 75 % des déchets venaient de l'extérieur», rappelle René Goyette.
En affaires depuis presque 20 ans, Matrec, membre de la compagnie TransForce, possède 600 employés. Elle est présente dans la majorité des régions du Québec et même à quelques endroits en Ontario où elle compte 100 employés et possède un complexe environnemental où elle enfouit, fait de la cogénération de même que du compostage.
L'entreprise est aussi propriétaire de trois lieux d'enfouissement techniques au Québec, de trois centres de tri, de trois postes de transbordement, à Gatineau, Saint-Hubert et Saguenay, de trois écocentres et d'une flotte de 325 camions. Matrec fait aussi partie d'une société d'économie mixte depuis presque 20 ans avec la MRC du Haut-Richelieu et possède une usine de cogénération dans la région de Granby qui produit 3 MW d'électricité à partir du biogaz du lieu d'enfouissement de cette région.
«C'est avec fierté que Matrec débute ce partenariat avec la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie», a déclaré mercredi Daniel Boulianne.
Le président de la Régie, quant à lui, a tenu à souligner le travail amorcé  par son prédécesseur, Pierre Bouchard, dans ce dossier. «Maintenant, je veux qu'on baisse les dettes qui sont de plus de 20 millions $», dit-il.
En fait, elles seront de 24 millions $, nuance-t-il, avec la construction d'une voie de contournement qui permettra de faire circuler les camions sans déranger la population de Champlain.
«Avec cette entente, on va passer d'une perte de 1 million $ par année au site de Champlain à des revenus de 800 000 $ à 1 million $ par année», se réjouit René Goyette.
Le décret permet l'enfouissement de 100 000 tonnes par année au maximum, c'est pourquoi le LES de Champlain devrait se remplir d'ici 10 à 15 ans.
La municipalité de Champlain tiendra une séance d'information pour sa population, le 3 mars de 19 h à 21 h, au Centre du Tricentenaire. À cette occasion, la Régie ainsi que Services Matrec seront sur place pour répondre aux questions.
«On parle d'une entente qui est favorable aux parties signataires. Personnellement, je crois que la Régie, la MRC et la municipalité de Champlain sauront tirer tprofit de cette entente-là», a fait savoir mercredi le maire de Champlain, Guy Simon.