Une soixantaine de citoyens ont participé à la séance publique d’information organisée par le BAPE à Bécancour.

Enfouissement et traitement de sols contaminés à Bécancour: plusieurs préoccupations citoyennes

Bécancour — Le projet d’aménagement d’un lieu d’enfouissement et d’un centre de traitement de sols contaminés à Bécancour par Gestion 3LB a suscité plusieurs interrogations, mercredi, chez la soixantaine de citoyens présents à la séance publique d’information organisée par le BAPE.

D’abord, une résidente de Sainte-Gertrude a voulu se faire rassurer sur l’impact de la circulation quotidienne des 25 camions prévue, de 7 heures à 17 heures, et sur les dangers de déversement.

Or, le transport par camion est prévu par l’autoroute 30 et par la portion inhabitée de la route 261, qui permet d’accéder au secteur habité de Sainte-Gertrude, à plus d’un kilomètre. Quant à un possible déversement, «il est facile à gérer car il n’y a pas de matière liquide», lui a répondu une spécialiste.

L’impact sur l’environnement et le type d’inspection envisagé ont fait partie des questionnements soulevés par un habitué des séances du BAPE, Serge Fortier. Mais, du même souffle, il a salué ce type d’initiative. «Ça vaut la peine que ça se fasse à Bécancour», a-t-il lancé.

Si un citoyen a demandé pourquoi le promoteur avait-il réservé un terrain aussi grand, un autre s’inquiétait des garanties financières post-fermeture. De son côté, Yves Mailhot a suggéré au président de l’entreprise de publier sur le site corporatif les éventuels avis de non-conformité du ministère de l’Environnement, histoire de «manifester une grande transparence».

Le projet de Gestion 3LB inc. vise l’aménagement et l’exploitation d’un lieu d’enfouissement de sols contaminés (LESC), ayant une capacité maximale de sols à enfouir estimée à 960 000 mètres cubes, ainsi que d’un centre de traitement des sols contaminés dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour.

Il comprend la mise en place des infrastructures suivantes: un centre de traitement des sols par bioventilation et par biodégradation, une cellule d’enfouissement incluant un système passif de captage des gaz, une aire d’entreposage temporaire et de tamisage des sols, une aire de lavage des roues de camions, un système de collecte et de traitement des lixiviats, des voies d’accès et des aires de stationnement ainsi qu’un système de captage des eaux de surface.

L’initiateur prévoit utiliser au besoin les aménagements connexes existants de son lieu d’enfouissement technique (LET) à Bécancour comme le poste de pesée, le bureau administratif, l’entrepôt, les voies d’accès et les aires de stationnement ainsi que l’alimentation en électricité et en eau.

Le début des travaux est prévu pour 2020 et une durée d’exploitation d’environ 40 ans est envisagée. Le coût de réalisation du projet est estimé à 65,6 millions de dollars, en huit phases de cinq ans.

Selon l’étude d’impact, la qualité de l’air (émission de contaminants) ainsi que la qualité des eaux souterraines et de surface (apport de sédiments, modification du débit et de l’écoulement, etc.) pourraient être affectées par les activités du projet. L’initiateur propose notamment de réaliser des contrôles et des suivis environnementaux réguliers ainsi que d’utiliser des abat-poussières comme mesures d’atténuation.

Par ailleurs, l’étude d’impact mentionne que le projet aurait un effet positif sur l’économie locale en créant un certain nombre d’emplois selon les différentes phases du projet et en consolidant les emplois existants chez Gestion 3LB inc. à Bécancour.

Certaines espèces fauniques à statut particulier, comme la grive des bois et la chauve-souris nordique, pourraient fréquenter la zone d’étude du projet et être dérangées par les activités de déboisement, notamment par la perte d’habitats forestiers. Comme mesure d’atténuation, l’initiateur propose d’effectuer l’essentiel du déboisement hors de la période de nidification des oiseaux, soit entre le 16 août et le 30 avril.

«C’est un projet qui répond à un besoin de la société», a conclu le propriétaire et président de Gestion 3LB inc., Louis-Marc Bourgouin, qui s’est fait rassurant sur plusieurs points: cellules étanches sécuritaires, infrastructures du projet peu visibles, niveau sonore qui respecte les limites, qualité de l’air maintenue, eaux de surface et eaux souterraines protégées, respect des usages des terrains voisins.