Trois-Rivières se classe au dernier rang canadien pour ce qui est de la croissance économique.

Enfin une reprise... modeste

Des 28 régions métropolitaines de recensement au Canada, ce sera celle qui connaîtra la plus modeste des améliorations. Dans ses prévisions annuelles sur les perspectives économiques des plus importantes agglomérations urbaines du pays, le Conference Board du Canada prévoit que le produit intérieur brut de la RMR de Trois-Rivières s'accroîtra de 0,5 % en 2014.
C'est vraiment pas beaucoup. C'est d'ailleurs la seule agglomération dont l'amélioration de son économie sera inférieure à 1 %. Mais, dans les circonstances, le Conference Board veut y voir une première embellie qui annonce des jours meilleurs. Car au cours des deux dernières années, le PIB, cette mesure de forme économique, avait reculé dans Trois-Rivières, et même de 1,7 % en 2013. Une contraction qu'il faut qualifier de sévère, attribuable principalement à la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.
Quand on avait le sentiment que les affaires n'étaient vraiment plus ce qu'elles avaient été, ce n'était pas une impression, mais la dure réalité.
Car dans les années 2000, la RMR de Trois-Rivières, qui comprend la ville de Bécancour et la municipalité de Saint-Maurice, était presque devenue la coqueluche du CFC qui l'a souvent hissée au premier rang canadien des RMR pour la croissance prévisible de son PIB Ça ne s'est pas toujours confirmé, mais la tendance à une bonne performance économique était toujours là.
Les choses avaient cependant commencé à se dégrader depuis quelques années et l'abandon de Gentilly-2, avec ses centaines de pertes d'emplois directs, indirects ou induits, a agi comme un accélérateur par le bas. En raison de Gentilly-2, 2013 a mis «abruptement fin à dix années de migration nette à Trois-Rivières», relève le CFC.
C'est pourquoi l'humble reprise qui est annoncée envoie comme signal que le creux a probablement été atteint et que l'économie, même si ce sera laborieusement en 2014, va reprendre. La croissance du PIB devrait approcher les 2 % en 2015 et autant les deux années suivantes. Mais ce ne sera que du rattrapage car même dans une perspective qui s'étend jusqu'à 2018, le niveau de l'emploi devrait être encore de 30 % inférieur au meilleur de ce qu'il a été.
La confiance du CFC en des jours enfin meilleurs repose sur un certain nombre de facteurs, mais avant tout sur le secteur industriel. Le CFC constate qu'il y a eu beaucoup d'annonces à saveur économique à l'automne 2013, entre autres stimulées par le fonds de diversification économique de 200 millions $ créé pour amortir les contre-coups de Gentilly-2. Mais ce sont avant tout la construction d'IFFCO, dans le parc de Bécancour et éventuellement de l'usine de Minéraux rares Quest et à un moindre niveau celle de RER Hydro, un fabricant d'hydroliennes, qui vont constituer les meilleurs stimulants de l'économie trifluvienne et bécancouroise.
Ce sont des moteurs économiques qui feront baisser le taux de chômage, qui relanceront les mises en chantier et stimuleront le secteur des services, commerciaux ou non commerciaux. On pense dans ce dernier cas au centre d'appels que le groupe Desjardins a mis en construction à Trois-Rivières et qui procurera du travail à plus de 350 personnes. L'éventuelle construction d'un colisée de plus de 52 millions $ sera aussi de nature à soutenir les statistiques de la construction, comme l'agrandissement du CHRTR qui finira bien par passer des plans à sa mise en chantier.
Tout cela devrait contribuer à rehausser la confiance des consommateurs dont le moral est descendu bien bas en 2013. La reprise de cette confiance, en chassant un peu de ce mal de vivre qui a affecté tant de monde qui ne devrait pourtant pas en souffrir, vaudra bien des investissements.
Tant mieux si, même si c'est à petits pas, l'économie trifluvienne est en voie de se redresser. Il faut toutefois éviter de partir en peur et continuer de demander réparation pour les torts causés à l'économie en raison de Gentilly-2.
Si les analystes du Conference Board jugent que les trois projets d'usines et le nouveau centre d'appels apparaissent comme «salutaires» dans les circonstances, ils émettent tout de même un avertissement qu'il faut prendre au sérieux. «Si un ou plusieurs de ces projets d'usines n'aboutissent pas, les perspectives du secteur manufacturier de Trois-Rivières seront revues à la baisse.» Quand on parle d'un PIB en hausse de seulement 0,5 %, le moindre recul nous retournerait dans le rouge économique.
Croissance économique 2014 selon le Conference Board
Abbotsford-Mission/ 2,9 %
Calgary/ 3,7 %
Edmonton/ 3,4 %
Halifax/ 2,8 %
Hamilton/ 2,5 %
Kingston/ 1,8 %
Kitchener-Cambridge
Waterloo/ 2,9 %
London/ 2,0 %
Moncton/ 2,0 %
Montréa/ l2,2 %
Oshawa/ 2,6 %
Ottawa-Gatineau/ 1,4 %
Québec/ 2,0 %
Regina/ 3,5 %
Saint John/ 1,8 %
St. John's/ 1,7 %
Saguenay de/ 1,4 %
Saskatoon/ 3,2 %
St. Catharines-Niagara/ 1,9 %
Sherbrooke/ 2,1 %
Sudbury/ 1,6 %
Thunder Bay/ 1,5 %
Toronto/ 2,8 %
Trois-Rivières/ 0,5 %
Vancouver/ 2,8 %
Victoria/ 1,8 %
Windsor/ 1,6 %
Winnipeg/ 2,0 %