Thanya est entourée de Caroline Lacomblez et Anne De Wallens, du CEPPDL, ainsi que de Nathalie Gagnon et David Boisvert, adjoints de la députée Ruth Ellen Brosseau, à droite.

Enfin Canadienne après cinq ans d'attente

Trois-Rivières — Le sourire de Thanyaphat Bothweangpun était éclatant, lundi matin, dans les locaux du Centre d’éducation populaire de Pointe-du-Lac, où l’on célébrait la clôture des laborieuses démarches de parrainage qui lui ont permis d’obtenir son statut de résidente permanente au Canada.

Comme le fait remarquer la coordonnatrice du Centre d’éducation populaire de Pointe-du-Lac (CEPPDL), Caroline Lacomblez, l’histoire de celle qu’on appelle simplement Thanya en est une de patience, de résilience et de persévérance. 

La Thaïlandaise a tout quitté pour venir rejoindre son mari québécois malade, et a dû vivre séparée de ses deux enfants pendant cinq ans, avant qu’ils puissent venir la rejoindre en août 2016.

La néo-Mauricienne a rencontré son compagnon québécois en Thaïlande, et le couple s’est épousé au Québec le 20 mai 2011. Le projet de vie des amoureux était de vivre en Thaïlande, où Mme Bothweangpun travaillait pour le ministère de la Culture. Le couple avait même acheté une maison dans le pays de sa rencontre.

Après le mariage, Mme Bothweangpun est retournée en Thaïlande, le temps que son nouvel époux finalise ses affaires au Québec. En juillet 2011, son mari a éprouvé de sérieux ennuis de santé, l’empêchant de voyager. La nouvelle mariée est revenue au Québec pour prendre soin de lui, en confiant à sa sœur ses deux enfants de cinq et sept ans, issus d’une précédente union. 

Les plans avaient changé: à cause de la maladie de son mari, Thanya s’installerait au Québec et ferait venir ses enfants le plus tôt possible.

Des démarches difficiles

Les documents pour le parrainage ont été envoyés le 30 mars 2012 et le processus s’est mis en branle le 9 avril 2013. Mme Bothweangpun a reçu son certificat de sélection du Québec le 22 mars 2013. Mais après cette étape, les obstacles se sont multipliés. «Il y a quatre ans, Thanya est arrivée au centre, pas pour des démarches d’immigration, mais pour apprendre le français. Un jour, elle nous a demandé de l’aider dans ses démarches. Elle avait besoin de résoudre tous ses problèmes, parce qu’elle ne comprenait pas tous les documents. On a rencontré beaucoup de problèmes», raconte Anne De Wallens, intervenante au CEPPDL.

Les procédures pour faire venir les enfants de Mme Bothweangpun se heurtaient également à plusieurs écueils administratifs. Les enfants sont arrivés avec un visa de visiteur à la fin de l’été 2016 et ont pu être scolarisés dès la rentrée 2016, malgré leur statut de visiteur.

Mme De Wallens a bénéficié du coup de main du bureau de la députée Ruth Ellen Brosseau pour faire débloquer le dossier. «On se retrouvait chaque fois devant des portes fermées, des embûches. Chaque fois qu’on pensait avoir enfin terminé, on se retrouvait devant une autre problématique. Le bureau de Mme Brosseau nous a ouvert des portes que nous n’arrivions pas à ouvrir; nous avions un contact direct avec quelqu’un de l’Immigration, plutôt que d’aller par des chemins détournés», souligne Mme De Wallens.

Une femme reconnaissante

Visiblement très reconnaissante, Thanyaphat Bothweangpun multipliait les remerciements à tout le monde, lundi, autant à l’équipe du CEPPDL qu’à celle de la députée Brosseau. Elle avouait que le processus avait été long et difficile, mais ne cessait d’exprimer sa gratitude envers les gens qui les ont aidés, ses enfants et elle.

«Je suis bien ici!» a lancé la dame qui travaille dans la restauration depuis 2013, ayant obtenu un permis de travail 2013, renouvelé en 2014 et 2016. Mme Bothweangpun a aussi obtenu son permis de conduire au Québec, et continue de prendre soin de son mari qui vit désormais avec un handicap. Aujourd’hui âgés de 15 et 12 ans, ses deux enfants fréquentent l’école secondaire des Pionniers. «Thanya est une jeune femme courageuse, toujours souriante et de bonne humeur. Elle est un exemple de patience et de résilience», commentent Anne de Wallens et Caroline Lacomblez, du Centre d’éducation populaire de Pointe-du-Lac.

Dans son volet «apprentissage», cet organisme offre entre autres des services d’alphabétisation, de francisation et d’aide aux devoirs. Il propose aussi des activités pour les familles (ateliers divers) et pour la communauté (café-conférences, cuisines collectives, repas communautaires, etc.).