Sur les 425 CHSLD publics, privés et privés conventionnés qu’on compte au Québec, 396 sont giclés et 29 sont non giclés ou partiellement giclés.

Encore une trentaine de CHSLD non giclés ou partiellement giclés

Une trentaine de CHSLD ne sont toujours pas protégés par un système de gicleurs ou ne le sont que partiellement, selon les données du ministère de la Santé, qui a fait de ce dossier une «priorité».

À la suite de l’incendie à la Résidence du Havre, qui a coûté la vie à 32 personnes le 23 janvier 2014, le ministre de la Santé de l’époque, Réjean Hébert, affirmait qu’il était «tout à fait urgent» d’installer des gicleurs dans les CHSLD qui n’en avaient pas. 

Le quotidien La Presse rapportait alors que sur les 394 CHSLD pour lesquels le ministère de la Santé disposait de données, 25 CHSLD n’avaient pas de gicleurs, et 31 en avait «en partie», comme c’était le cas pour la Résidence du Havre, une résidence privée pour aînés (RPA).

La tragédie de l’Isle-Verte a mené à la mise sur pied d’un programme de subvention pour l’installation de gicleurs dans les RPA, lequel a été bonifié la semaine dernière pour permettre à tous ces établissements d’être giclés d’ici 2020 et de se conformer à un règlement de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ). 

Si l’installation de gicleurs est aujourd’hui obligatoire lors de la construction de nouveaux CHSLD, elle ne l’était pas avant 1977 (et le parc de CHSLD est largement composé de bâtiments vieux des années 50, 60 et 70). Entre 1977 et 2000, les systèmes de gicleurs étaient prescrits en fonction de la superficie et du nombre d’étages. Aujourd’hui, des gicleurs doivent être installés dès qu’un CHSLD entreprend des travaux majeurs ou qu’un bâtiment est converti en CHSLD. 

Selon les dernières données du ministère de la Santé, sur les 425 CHSLD publics, privés et privés conventionnés qu’on compte au Québec, 396 sont giclés et 29 sont non giclés ou partiellement giclés. De ce nombre, les travaux sont en cours ou planifiés pour 19, et les travaux sont à planifier pour les 10 restants, précise la porte-parole Noémie Vanheuverzwjin.

Selon le ministère, «gicler les CHSLD est la priorité dans l’enveloppe des investissements en rénovation fonctionnelle mineure en CHSLD». 

Et les ressources intermédiaires?

Questionnée à savoir si le ministère de la Santé entendait donner suite à une demande de l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ), qui souhaite que ses membres aient eux aussi accès à un programme d’aide pour l’installation de gicleurs, Mme Vanheuverzwjin a indiqué qu’il avait «bien reçu cette demande» et qu’il était «à en prendre connaissance» et «à l’analyser». «Il est prématuré de s’avancer à cette date-ci», a-t-elle ajouté.

Les ressources intermédiaires (RI) d’hébergement, voie privilégiée par le gouvernement pour désengorger les hôpitaux, sont exclues du programme de subvention pour l’installation de gicleurs parce qu’elles ne sont pas visées par le règlement de la RBQ, expliquait dans nos pages lundi la porte-parole du ministère de la Santé. 

À l’ARIHQ, on explique que seules les ressources intermédiaires de 15 places et moins qui n’occupent que le rez-de-chaussée d’un bâtiment ne sont pas obligées d’être giclées. Pour les ressources de 10 places et moins, ce sont les règles en sécurité incendie des municipalités, et non de la RBQ, qui s’appliquent. 

Or si les municipalités obligeaient ces petites ressources, qui comptent pour environ la moitié des 900 RI du Québec et qui hébergent des personnes vulnérables, souvent à mobilité réduite, à être giclées, celles-ci n’en auraient pas les moyens, expose l’ARIHQ. Certaines municipalités, dont Laval, y songeraient, selon l’Association.

Les RI souhaiteraient pouvoir elles aussi offrir des milieux de vie sécuritaires à leurs résidents, plaide l’ARIHQ, qui réclame une aide adaptée à la réalité ses membres. 

La CAQ en faveur d’un soutien pour les RI

Pour la Coalition Avenir Québec, le fait que les RI hébergent souvent des clientèles présentant des «multi handicaps», physiques ou intellectuels, milite en faveur d’un soutien pour les rendre plus sécuritaires. 

«Au nom de la sécurité, le gouvernement se doit de faire une analyse des besoins, des clientèles et des demandes qui pourraient être faites par le monde municipal (...). Je ne vois pas pourquoi on n’allégerait pas le fardeau des ressources intermédiaires, qui, pour plusieurs d’entre elles, ont déjà de la difficulté à survivre», a fait valoir le député François Paradis. Avec Patricia Cloutier