Les déneigeurs ne chôment pas depuis la tempête de mercredi.

Encore une couche!

Trois-Rivières — Alors que les traces de la dernière tempête sont toujours visibles, d’autres chutes de neige sont à prévoir au cours de la journée de vendredi dans la région.

Environnement Canada prévoyait, jeudi, qu’entre cinq et dix centimètres de neige s’ajouteront à la trentaine de centimètres qui sont tombés en milieu de semaine. Les précipitations devaient débuter au cours de la nuit de jeudi à vendredi et se poursuivre jusqu’en mi-journée vendredi. Un épisode de redoux de quelques heures accompagné de pluie devrait suivre en fin de journée dans le sud de la région. Le mercure chutera à nouveau par la suite. Les journées de samedi et dimanche seront plutôt calmes du point de vue des précipitations et ensoleillées. Les amateurs d’activités hivernales seront donc choyés.

«Ça ne sera pas vraiment une tempête. Ça viendra juste en rajouter», a indiqué Marie-Ève Giguère, météorologue pour Environnement Canada, en milieu de journée jeudi.

Malgré tout, cette neige fraîche va alourdir la tâche des déneigeurs, qui en ont déjà plein les bras depuis mercredi. Du côté de Trois-Rivières, toutes les équipes ont été à pied d’œuvre tout au long de la nuit de mercredi à jeudi et devaient également l’être pendant la nuit suivante.

«Après avoir dégagé et élargi les rues, on se concentrera sur les trottoirs. On veut qu’ils soient déneigés le plus possible en prévision des précipitations qui sont prévues. Nous sommes heureux dans les circonstances, car c’était une grosse tempête», a souligné la porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Cynthia Simard.

Cette dernière a par contre reconnu que l’opération dans la zone 3, comprenant notamment le quartier Sainte-Cécile au centre-ville, a connu des ratés.

«Nous sommes conscients que les travaux [dans cette zone] ne respectent pas les standards contenus dans nos contrats. Nous faisons donc des suivis avec l’entrepreneur», a-t-elle mentionné.

La récente tempête a également eu des impacts sur la collecte des déchets. Du côté de Shawinigan, les secteurs où le contenu des bacs devait être ramassé mercredi ont dû être remis à jeudi et vendredi. À Trois-Rivières, la Ville demande à ses citoyens de ne pas mettre leurs bacs sur le bord du chemin la veille de la collecte, mais plutôt le matin même afin de faciliter le déneigement.

Des déneigeurs fatigués

Très sollicités depuis le début hâtif de la saison hivernale, les déneigeurs commencent à montrer des signes d’essoufflement. L’état d’esprit actuel des troupes est directement attribuable aux longues heures qu’ils doivent passer au volant des camions et de la machinerie lourde qu’ils utilisent pour effectuer leur travail.

«On sort en moyenne deux fois par semaine depuis le début de l’hiver. Les gars ont hâte d’avoir une semaine de vacances», a confié Robin Claveau, dirigeant de l’entreprise Déneigement Trifluvien, dont les opérations se limitent aux espaces de stationnement résidentiels et commerciaux.

Pour sa part, la directrice générale du Groupe Doyon, Véronique Doyon, qualifie l’hiver 2018-2019 d’«intense».

«Le volume normal de précipitation d’un gros hiver est déjà atteint et l’hiver n’est pas fini. Comme les contrats sont à taux fixes pour la saison, tous comprennent que l’effort demandé aux entrepreneurs et à leurs employés est exigeant. Nous déneigeons plus de 100 km de rues résidentielles et commerciales à Trois-Rivières, en plus de grandes surfaces de stationnement. Nous avons comme approche de donner un service de qualité et c’est en ce sens que notre équipe consacre le temps et les énergies pour continuer de donner un excellent service. C’est fort demandant puisque les chutes de neige, de pluie ou de verglas nous laissent très peu de temps entre chaque précipitation pour refaire les forces», a-t-elle déclaré avant d’ajouter que la demande pour le sel et les abrasifs est aussi importante, ce qui occasionne des coûts supplémentaires pour les entrepreneurs.

De plus, toute la neige qui est tombée depuis le mois de novembre commence à peser lourd sur certaines constructions. À Trois-Rivières, la division de la prévention du Service des incendies a récemment dû intervenir à plusieurs reprises en raison de structures qui s’étaient effondrées ou dont l’état était inquiétant.

«Les signalements proviennent entre autres du bureau des permis et de citoyens», a expliqué Stéphane Brisson, chef de la division des opérations.