Cette photo démontre l'état de maigreur extrême du berger allemand.

Encore des cas de cruauté et d'abandon à la SPAM

La Société protectrice des animaux a dû intervenir dans deux cas de cruauté au cours des derniers jours.
<p>Ce petit chien, surnommé Paco à la SPAM, au moment de son arrivée au refuge.</p>
<p>Paco, après avoir été rasé et soigné apparaît ici en compagnie de Lucie Fortin, technicienne en santé animale</p>
Des gens ont trouvé, lundi, un berger allemand gisant au pied d'un arbre, dans un parc, tellement affamé et amaigri qu'il ne pouvait plus tenir sur ses pattes.
«On lui voit les os du bassin», raconte le directeur général de la SPAM, Serge Marquis. Hydraté et nourri depuis deux jours, l'animal peine encore à tenir debout sans aide tant il a souffert. Il a été vu par un vétérinaire et l'espoir est bon malgré tout de le réchapper. «Ça a l'air d'un très bon chien en plus», a pu constater M. Marquis.
«On a entrepris un programme de réalimentation. On a tenté de le mettre dans le parc à chiens, mais ses pattes faisaient comme celles d'un jeune faon naissant. Elles glissaient et il tombait. Il n'était même pas capable de monter sur ses pattes», raconte le directeur général.
Dans son cas, «on ne peut pas savoir si c'est un abandon sauvage dans un contexte de déménagement», dit-il. À son âge, dit-il, il devrait peser environ 100 livres, mais il n'en pèse que 60, raconte-t-il.
Toujours au cours des derniers jours, des gens ont aussi recueilli puis apporté à la SPAM un petit chien qu'ils ont vu courir en panique derrière le camion de déménagement de ses maîtres.
Sale, les griffes extrêmement longues, infesté de parasites, visiblement très négligé, le chien de petite race a dû être rasé par les employés du refuge et être soigné.
Bien que ces deux cas de cruauté soient survenus durant la période de déménagement, la SPAM constate qu'il y a moins d'abandons durant cette période que par les années passées.
Malgré tout, «lundi a été une très grosse journée», raconte-t-il. «On a eu des cas lourds, des animaux abandonnés dans des appartements», dit-il.
«Au début juin, un propriétaire est venu nous apporter un chat qu'il avait découvert dans un logement qui venait d'être laissé par le locataire précédant», illustre-t-il.
Bon an, mal an, environ 500 animaux domestiques se retrouvent ainsi au refuge de la SPAM en juin.
Depuis deux ans, le nombre d'abandons en juin dépasse en fait ceux de juillet. «On parle de 489 et 496 dans les dernières années, en juin, contre 440 et 483 qui ont été hébergés ici en juillet», indique Serge Marquis.
«Souvent on pense que juillet est un mois d'abandon, mais vraiment il y a un tassement. Si je regarde les années précédentes, il y avait toujours un peu plus d'animaux abandonnés en juillet par rapport à juin. Si je remonte dans les années comme 2008, notre année record en termes d'animaux hébergés, en juillet de cette année-là, on en avait eu 659 contre 573 en juin.»
Serge Marquis ne peut toutefois pas confirmer de tendance. «Au cours des deux dernières années, il y en avait eu un peu moins. Cette année, comme on est présent à Shawinigan, je m'attends qu'il y en ait plus que l'année passée d'autant plus qu'à Shawinigan, on est en mode recensement.
Je ne serais pas étonné que plusieurs abandons découlent du fait que des gens ne veulent pas payer de licence ou vont en acheter une et se départir des autres. C'est un phénomène qu'on a vu dans nos recensements à Trois-Rivières. Les gens voulaient éviter de payer un renouvellement de licence. Les gens sont négligents de faire stériliser leurs animaux pour éviter de payer les frais de vétérinaires», dit-il. «Et les gens se plaignent qu'ils n'ont pas le temps de s'occuper d'animaux», constate-t-il. Dans les circonstances, plaide le directeur de la SPAM, vaut mieux ne pas adopter d'animaux.
«Les animaux créent des responsabilités et ça induit des exigences en termes de soins, d'entretien quotidien, d'exercice, de déboursements financiers», fait-il valoir. «On invite les gens à s'assurer qu'ils ont les ressources nécessaires en temps, en énergie et argent pour s'occuper d'animaux afin d'éviter que se produisent les situations qu'on voit trop souvent où la majorité des animaux qui sont ici ont un an et demi et quand ils reviennent, à trois ou quatre ans, ils en sont déjà à leur deuxième ou troisième gardien ou propriétaire», raconte le directeur de la SPAM.