Encore de la pluie pour la Mauricie

Le redoux que connaît le Québec devrait durer encore quelques jours, estime Environnement Canada. Les températures devraient rester au-dessus du point de congélation jusqu'à mardi soir.
D'ici là, la Mauricie et le Centre-du-Québec devraient recevoir entre cinq et dix millimètres de pluie. Alors que les températures demeurent clémentes, la Sécurité civile surveille de près certaines rivières, particulièrement celles des régions les plus au sud de la province.
«Les températures devraient rester au-dessus des normales de saison au moins jusqu'au week-end prochain», soulignait lundi après-midi André Cantin, météorologue à Environnement Canada.
Les températures devraient diminuer au cours de la semaine. Dès mardi soir, le mercure devrait redescendre sous le point de congélation. Toutefois, les températures devraient se situer jusqu'à samedi prochain entre -3 et -5 degrés Celsius pour les maximums et entre -7 et -8 degrés Celsius pour les minimums.
Environnement Canada rappelle que les moyennes de saison sont de -7 degrés Celsius le jour et de -18 la nuit. «Nous sommes au-dessus des normales de saison, mais ce n'est pas une situation exceptionnelle. Un redoux en janvier est normal», ajoutait André Cantin.
Le sel trop abrasif pour l'escalier monumental
Les conséquences de la pluie verglaçante du dernier week-end se font encore sentir dans la région. Par exemple, cette pluie qui se transformait en glace au contact du sol a forcé samedi la Ville de Trois-Rivières à fermer l'escalier monumental du parc portuaire.
Il est impossible d'utiliser du sel pour déglacer les marches de cet escalier en béton, car ce produit est trop abrasif pour la structure et les inscriptions gravées. Aussi, la Ville jugeait que le sable était inefficace.
«Nous jugions que le sable ne permettait pas de rendre sécuritaire l'escalier. Nous avons donc préféré le fermer», expliquait lundi Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières. L'oeuvre, réalisée au coût de 1,6 million $ en 2012, était toujours fermée lundi en soirée.
Rappelons que l'escalier monumental avait été endommagé l'hiver dernier par les opérations de déneigement. Quatre marches avaient dû être remplacées.
Débordement de la rivière Milette: l'évaluation des dégâts continue
Le débordement de la rivière Milette la semaine dernière aura entraîné des coûts d'au moins 30 000 $ pour la Ville de Trois-Rivières.
Rappelons qu'un entrepreneur en déneigement ainsi que des citoyens de la rue Meunier ont jeté de la neige dans cette rivière du secteur de Trois-Rivières-Ouest, même si cela était strictement interdit par la Ville.
«C'est certain que les responsables vont recevoir une facture. Mais pour l'instant, nous sommes à évaluer précisément les coûts des inondations et de l'embâcle», précisait Yvan Toutant de la Ville de Trois-Rivières.
Déjà la saison des nids-de-poule
Le redoux que connaît le Québec entraîne inévitablement la formation de nids-de-poule sur les routes. À Trois-Rivières, les réparations ont commencé il y a maintenant une semaine et déjà, près de 3,5 tonnes d'asphalte ont été utilisées pour boucher quelque 175 nids-de-poule.
Rivières sous surveillance
La Sécurité civile surveille de près les niveaux et les débits des cours d'eau de la région, particulièrement ceux du Centre-du-Québec.
Bien que la situation était stable lundi en fin de journée, les températures douces pour la saison ainsi que les précipitations pourraient bien faire monter les niveaux d'eau.
Dimanche, le débit de la rivière Nicolet a soudainement augmenté. «L'augmentation du débit a soulevé la glace et causé un embâcle», précisait lundi Sébastien Doire, le directeur régional de la Sécurité civile.
«L'embâcle a eu lieu à environ deux kilomètres de Victoriaville. Cela a forcé l'évacuation d'une écurie. La rivière Bourdon à Plessisville a aussi débordé dimanche. Mais il n'y a eu aucune évacuation. Nous avons été chanceux. Heureusement que les pompiers surveillaient de très près les niveaux d'eau.»
Les risques de débordements n'étaient plus élevés lundi matin autour de Laval et la Sécurité civile a enlevé les rivières Des Prairies et des Mille-Îles de la liste des cours d'eau sous surveillance. Par contre, les risques d'inondation sont désormais présents en Estrie et en Montérégie.
En Estrie, à Coaticook, le ruisseau Pratt a débordé au centre-ville, forçant l'évacuation de trois bâtiments. Bien que le niveau soit redevenu à la normale, cinq personnes demeuraient évacuées lundimatin, le temps de s'assurer de l'intégrité structurelle de leur résidence à la suite de l'inondation.
À Saint-Herménégilde, la rivière Noire présentait un risque d'inondation en raison d'un embâcle et demeurait sous surveillance, tout comme la rivière Ascott à Waterville, où une famille avait été évacuée.
La rivière Saint-François est également sous surveillance en Estrie.
En Montérégie, un embâcle sur la rivière aux Brochets à Frelighsburgh a forcé l'évacuation d'une résidence au centre-ville mais les résidants avaient pu réintégrer leur domicile lundi matin. L'embâcle est toutefois toujours présent et la municipalité prévoyait effectuer des travaux préventifs.
Les rivières l'Acadie et Châteauguay demeuraient également sous surveillance en raison de niveaux élevés.
Avec La Presse Canadienne