Joanne Blais, directrice générale de la Table de concertation du Mouvement des femmes de la Mauricie.

Encore beaucoup de travail à faire

TROIS-RIVIÈRES — La Table de concertation du Mouvement des femmes de la Mauricie estime que la condition féminine, du moins en Mauricie, a fait quelques progrès, mais qu’il reste encore beaucoup à faire. L’organisme veut sensibiliser le nouveau gouvernement caquiste à ce sujet.

La directrice, Joanne Blais, rappelle que la Journée internationale des droits des femmes, qui se déroulera le 8 mars sous le thème Le respect, ça se manifeste!, sera le théâtre de nombreuses activités dans la région visant à sensibiliser l’opinion publique.

«En Mauricie, comme ailleurs au Québec et dans le monde, il y a encore beaucoup de choses à faire pour que les femmes vivent moins de situations de pauvreté et moins de violence, mais il y a quand même des progrès que l’on peut noter dans les 10 dernières années, par exemple le niveau de scolarité des filles et le taux d’activité des femmes à l’emploi qui augmentent», illustre-t-elle. «Il y a plus de femmes qui se présentent aux postes de conseillères municipales. Il y a des progrès. Il faut continuer», dit-elle.

Mme Blais rappelle que l’éducation, le revenu et l’emploi représentent des enjeux importants. «Les femmes de notre région sont parmi les plus pauvres du Québec après la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine», indique-t-elle.

Plusieurs éléments peuvent expliquer ce phénomène, dit-elle. «Les femmes de notre région ont encore un niveau de scolarité inférieur à la moyenne du Québec. Elles sont vieillissantes et plusieurs n’ont pas ou peu de diplômes», dit-elle.

Elles choisissent donc des métiers «à prédominance féminine, moins bien reconnus, moins bien payés, plus précaires. On pense à tous les métiers dans le domaine des services, des soins aux autres, les secrétaires, réceptionnistes, des emplois moins bien rémunérés et souvent à salaire minimum. Tout cela mis ensemble fait que nos femmes vivent des situations de pauvreté», explique Mme Blais. «Tout cela a un impact sur la santé des femmes parce que la pauvreté est un déterminant sur la santé», signale-t-elle. La détresse psychologique (des femmes) est «plus élevée qu’ailleurs au Québec» dans la région, souligne Mme Blais. Il y a également «des problèmes d’hypertension plus élevés qu’ailleurs», ajoute-t-elle.

«Une femme sur trois va finir par vivre une situation de violence au cours de sa vie», souligne la directrice. «On a encore besoin de lutter», fait-elle valoir, pour mettre fin à ce genre de situation. La directrice rappelle que les années d’austérité imposées par l’ancien gouvernement libéral ont eu des impacts sur les femmes. Mme Blais indique que même si le gouvernement a changé, «on n’est pas très encouragé parce que c’est un gouvernement qui est plus centre-droite, plus de droite. C’est sûr qu’on n’est pas très optimiste pour les conditions de vie des femmes, pour rehausser les mesures d’austérité. Je ne pense pas qu’on puisse s’attendre à de gros réinvestissements», analyse-t-elle.

Une multitude d’activités sont au programme dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, du 6 au 15 mars, de La Tuque à Trois-Rivières en passant par Louiseville et Mékinac. Les horaires et les détails concernant ces activités se trouvent sur le site web de la Table.