Infectée par le coronavirus, Christine Cardin se porte quand même bien à Madrid. Ses trois enfants, dont sa fille Marianne, n’ont pas été infectés. Cette photo a été prise le 8 mars dernier, alors qu’elles participaient à une marche pour la Journée internationale des droits des femmes. Rien ne laissait présager ce qui allait se produire dans le pays.
Infectée par le coronavirus, Christine Cardin se porte quand même bien à Madrid. Ses trois enfants, dont sa fille Marianne, n’ont pas été infectés. Cette photo a été prise le 8 mars dernier, alors qu’elles participaient à une marche pour la Journée internationale des droits des femmes. Rien ne laissait présager ce qui allait se produire dans le pays.

En quarantaine à Madrid, Christine Cardin a contracté le coronavirus [VIDÉO]

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — En voyage en Espagne depuis le mois de décembre dernier, la Shawiniganaise Christine Cardin a malheureusement contracté le coronavirus. Placée en quarantaine chez elle, à Madrid, la mère de famille qui voyage avec ses trois enfants se porte tout de même bien, et exhorte les Québécois à suivre avec attention les recommandations de la Santé publique car, dit-elle, ce qui se passe en Espagne arrivera forcément au Québec si on ne fait pas attention.

«On ne l’a absolument pas vu venir. Le 8 mars dernier, j’étais dans la rue avec des milliers d’autres personnes pour une grande marche pour la Journée internationale des droits des femmes. Rien ne laissait présager la catastrophe qui allait se produire dans le pays», confie Mme Cardin, qui est étudiante au doctorat en psychologie et qui travaille sur sa thèse de doctorat à partir de l’Espagne.

Christine Cardin dit avoir souffert d’une importante fièvre pendant deux jours, au point de ne pas pouvoir se lever de son lit. Si aujourd’hui elle se porte mieux, elle dit ressentir encore des douleurs dues aux courbatures de même que d’avoir eu une très vilaine toux pendant plusieurs jours. «Tous mes amis ont également eu ces symptômes. Certains se sont fait tester et le résultat est sorti positif. Mais c’est devenu impossible de se faire tester dans le pays car il y a trop de cas, ils testent seulement les personnes qui sont plus à risque ou ceux qui ont des symptômes très sévères», explique-t-elle, ajoutant que ses trois enfants de 10, 12 et 14 ans n’ont absolument rien eu pour leur part.

À l’instar de toute la communauté de Madrid, et même de plusieurs villes d’Espagne, Christine Cardin est donc en quarantaine chez elle. Les rues animées de Madrid ont laissé place à des rues désertes, où l’on entend parfois résonner la musique des Espagnols qui sortent sur les balcons pour se remonter le moral les uns les autres.

«On n’a pas le droit de sortir, à moins que ce soit pour aller acheter à manger, aller à la pharmacie ou chez le médecin. Il n’y a plus rien d’ouvert, tout est en pause, et des policiers sont dans les rues pour s’assurer que les mesures sont respectées», indique-t-elle.

Avec plus de 7700 cas détectés dimanche, dont seulement 2000 en l’espace de 24 heures, et un peu moins de 300 morts, facile d’imaginer que les services de santé en Espagne sont, à l’heure actuelle, plus que sollicités par cette pandémie. Une réalité pour laquelle les citoyens de l’Espagne sont solidaires et reconnaissants. À 20 h, tous les soirs, les gens sortent sur leurs balcons pour applaudir les travailleurs de la santé et les remercier de leurs efforts. Une scène captée par Christine Cardin qui a de quoi donner des frissons.

«Il y a beaucoup de solidarité à travers tout ça. Les Espagnols sont des gens qui aiment la vie. À travers tout ça, on reste positif pareil, et on prend du temps pour s’arrêter, pour être avec ceux qu’on aime. Je suis certaine qu’au bout de cette crise, il y aura beaucoup de beau qui va ressortir de tout ça», croit-elle.

Retour

Pour le moment, Christine Cardin ignore quand elle pourra rentrer au pays. Ses billets d’avion qui devaient la ramener avec ses enfants la semaine prochaine pourraient ne pas lui être d’une grande utilité si elle ou un des membres de sa famille présente des symptômes. En effet, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé lundi que les ressortissants canadiens présentant des symptômes ne pourront pas être autorisés à prendre un vol en direction du Canada.

«On va voir au jour le jour comment les choses évoluent. On ne peut pas faire grand-chose de plus», constate-t-elle.

Toutefois, elle demeure intraitable sur un aspect: les Québécois doivent absolument se plier aux mesures recommandées par la Santé publique pour éviter que la pandémie ne devienne hors de contrôle.

«On dirait qu’il y a beaucoup de gens qui ne prennent pas ça au sérieux. Mais ici, on a vu que ça allait de pire en pire, et les gens plus âgés ou plus à risque sont directement touchés. Je suis aussi inquiète pour mes proches au Québec. Il faut absolument suivre les recommandations pour la sécurité de tout le monde», mentionne-t-elle.