De gauche à droite: Lyne Sergerie, directrice générale de l’Association de parents d’enfants handicapés, Steve Leblanc, directeur du Regroupement Mauricie et Hélène Proulx, directrice de l’Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs MCQ.

Emploi Été Canada: des organismes ont la vie dure

TROIS-RIVIÈRES — Les modifications apportées au programme Emploi Été Canada à l’été 2018 ainsi que la pénurie de main-d’oeuvre font très mal aux organismes communautaires et par ricochet, aux personnes handicapées et à leurs familles.

Steve Leblanc, directeur de Regroupement Mauricie, qui regroupe plusieurs organismes de personnes handicapées explique que la transformation de ce programme «a entraîné une série d’irritants pour les organismes qui ont recruté des étudiants pour offrir des services en période estivale», explique-t-il.

Le gouvernement fédéral, dit-il, «a fait baisser de 8 à 7 semaines le nombre minimal offert et de 35 à 30 heures semaines.

Donc un étudiant qui veut faire un peu d’argent pour payer ses études à l’automne, 7 semaines à 30 heures ce n’est pas tellement payant», fait-il valoir.

La pénurie de main-d’oeuvre n’a rien pour arranger les choses, ajoute-t-il.

«La fonction publique, le CIUSSS, la Ville de Trois-Rivières et d’autres intervenants sont à même de payer ou de donner des conditions beaucoup plus intéressantes et favorables aux étudiants», fait-il valoir.

«On est laissé pour compte et beaucoup de parents d’enfants handicapés ont été privés de services», l’été dernier ,avec pour résultat que l’inquiétude monte en flèche face à ce qui se passera l’été prochain.

Les étudiants qui sont embauchés en période estivale par les organismes voués aux personnes handicapées sont appelés à travailler dans les camps de jour et camps d’été.

Ils font de l’accompagnement, du parrainage, «tout ce qui est volet social», indique Steve Leblanc.

Lundi, les organismes de la région ont tenu une conférence de presse conjointe afin de demander à Ottawa de revenir aux conditions qui prévalaient en 2017, soit un minimum de 8 semaines à 35 ou 37 heures semaine.

Les organismes souhaitent également que le gouvernement élimine la balise de 30 ans.

«Un étudiant qui a plus de 30 ans ne peut pas postuler un emploi sur nos programmes en saison estivale. Or, quand on connaît la réorganisation du milieu du travail et le retour aux études, on se prive d’une main-d’oeuvre très intéressante», plaide-t-il.

Les modifications effectuées par Ottawa ont déjà des conséquences.

Au sein de son association, qui regroupe 32 organismes membres, «une vingtaine au moins ont eu des difficultés en terme de recrutement», indique M. Leblanc. Selon lui, des centaines de familles sont touchées par cette situation.

Normalement, le camp de jour spécialisé organisé par l’Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs pour les jeunes vivant avec une surdité dure huit semaines et un intervenant est affecté à chacun des jeunes, indique Hélène Proulx, la directrice de l’organisme.

«En surdité, nous avons besoin de personnel qualifié en langage des signes du Québec. Comme nous n’avons pas réussi à trouver le personnel nécessaire l’été dernier, nous avons dû partager une intervenante pour deux enfants», dit-elle, «donc offrir moins de jours de camp pour les jeunes.»

La rigidité des nouvelles modalités fait en sorte que les organismes ne peuvent utiliser pleinement les subventions accordées.