L’organisme Chiots Nordiques sera la tête d’affiche des quatre premiers épisodes de l’émission Refuge animal dès le 7 janvier 2020.

Émission Refuge animal: Chiots Nordiques en action à Opitciwan

LA TUQUE — L’organisme Chiots Nordiques sera la tête d’affiche des quatre premiers épisodes de l’émission Refuge animal dès le 7 janvier 2020. On pourra, entre autres, voir des images tournées lors d’une série d’interventions à Opitciwan en Haute-Mauricie.

«On va nous voir en action sur le terrain lors d’une clinique de mars 2019», lance Daphnée Veilleux-Lemieux, présidente de l’organisme.

En activité depuis 2011, Chiots Nordiques collabore activement avec les communautés autochtones du Québec afin de diminuer la surpopulation canine sur leur territoire.

L’organisme soutient que la surpopulation entraîne l’errance de plusieurs chiens pouvant causer des problèmes de santé et de sécurité.

Pour contrer ce phénomène, l’organisme se déplace de façon ponctuelle dans les communautés afin de stériliser, vacciner, vermifuger et dispenser des soins vétérinaires appropriés.

«Pour la plupart des communautés, les services vétérinaires ne se trouvent pas à proximité, ce qui engendre, entre autres, la présence de multiples chiens en liberté non stérilisés contribuant à une reproduction canine non désirée, sans compter les problèmes de santé animale observés. C’est donc dans ce contexte que notre mission prend tout son sens et son importance», mentionne Daphnée Veilleux-Lemieux.

Cette réalité, peu connue du public, sera mise en lumière lors de la diffusion de quatre épisodes de Refuge animal. L’équipe de l’émission, avec son animateur Stéphane Fallu, vont suivre les bénévoles de l’organisme en pleine action au sein de deux communautés autochtones.

«C’est une très grande opportunité pour nos communautés autochtones et notre organisme d’entrer dans plusieurs foyers québécois et de partager cette réalité qui se déroule tout près de chez nous. Le bien-être animal est un enjeu de société majeur et peut affecter directement la santé et la sécurité publique des citoyens. Les enfants des communautés autochtones ont 180 % plus de chance que les autres enfants au Canada de se faire tuer par un chien», insiste Daphnée Veilleux-Lemieux.

L’organisme espère sincèrement que la diffusion de ces émissions interpellera la population afin de faire pression auprès des décideurs pour que cette réalité change.

«Cette réalité existe au Québec, dans nos communautés, mais il n’y a aucun programme gouvernemental présentement qui finance les cliniques de stérilisations ciblées ponctuelles. […] Nous espérons sensibiliser les gens, et le gouvernement par le fait même. On espère que les décideurs qui ont les finances et le budget pour le faire le fassent», ajoute-t-elle.

Rappelons que les actions de Chiots Nordiques, auprès des communautés autochtones, sont rendues possibles grâce aux dons du public et d’organismes partenaires.

L’émission Refuge animal sera diffusée sur les ondes de TVA à compter du 7 janvier 2020.

Des actions à Opitciwan et à Wemotaci

Les gens pourront voir aller l’organisme à Opitciwan en Haute-Mauricie lors de clinique de vaccination et de stérilisation, mais les actions vont au-delà de ça. Depuis deux ans, Chiots Nordiques multiplie les présences sur le terrain.

«On travaille en collaboration avec eux pour l’implantation d’une nouvelle réglementation. Ils ont mis en place une réglementation disant que les chiens doivent avoir des médailles. Présentement, ils sont en train de faire l’enregistrement des chiens […] Les chiens sans médaille vont être transférés via des refuges partenaires ou Chiots Nordiques. De mémoire, ils ont deux contrôleurs canins qui vont également faire de la sensibilisation» souligne la présidente de Chiots Nordiques.

Même si les gens ne pourront pas voir l’action sur le terrain dans la communauté de Wemotaci, le travail fait par l’organisme est tout aussi important.

«Il n’y a pas une communauté autochtone qui est semblable, que ce soit pour son lien avec les chiens, que ce soit son contrôle de la population canine, que ce soit son territoire ou encore ses moyens financiers. Il y a plusieurs variantes qui font que c’est différent», note Daphnée Veilleux- Lemieux.

Selon cette dernière, à Wemotaci, il n’y a pas de règlement municipal ni d’employé pour le contrôle local de la population canine. Par contre, il y a la maison Nitem qui est présente pour fournir de l’aide aux propriétaires de chiens. La Maison Nitem est un organisme à but non lucratif dont la mission est d’améliorer les conditions de vie des chiens dans le village de Wemotaci.

«Ils font, entre autres, de la sensibilisation et s’occupent de la collecte et du partage de nourriture sèche. On vient d’envoyer récemment six palettes justement. Il y a également des liens qui se font avec une clinique vétérinaire pour les animaux blessés. Nous, on aide au besoin», explique Daphnée Veilleux-Lemieux.

L’organisme remarque quand même des similitudes entre les différentes communautés autochtones visitées.

«On remarque un réel désir d’avoir un contrôle éthique de la population canine. Les propriétaires viennent faire stériliser leur chien, ils viennent faire vacciner leur animal… C’est un beau et important vent de changement. On le remarque dans nos interventions», note la présente.

«On ne peut pas régler un problème de surpopulation canine à 100% en une, deux ou trois interventions. Il faut continuer de travailler sur le terrain. […] Il y a toutefois une belle évolution à chaque clinique, à chaque intervention», ajoute-t-elle.

Bilan de l’année 2019-2020

L’organisme a pu réaliser douze missions dans la dernière année, dont sept cliniques de stérilisations massives et cinq sauvetages canins, et ce, dans huit communautés autochtones.

C’est également 850 chiens qui ont pu être transférés au sud pour avoir une seconde chance et ainsi trouver une famille pour la vie. De plus, 10 000 kg de nourriture canine ont pu être acheminés dans les différentes communautés bénéficiaires.