Émanuelle Després

Émanuelle Després reprend son combat

Trois-Rivières — Porte-étendard de la lutte contre l’intimidation au Québec il y a quelques années, Émanuelle Després reprend du service. Après avoir appris que Brian Duval voulait réaliser un court-métrage sur le phénomène (voir autre texte), la jeune femme s’est dit qu’il fallait en faire plus.

Le soir même, Mme Després a sauté sur son clavier pour contacter l’adolescent de 17 ans par l’entremise de Facebook. Sa démarche pour tenter d’enrayer le problème, elle la connaissait trop bien. En 2012, à l’âge de seulement 13 ans, l’élève de l’Académie les Estacades, elle-même victime d’intimidation, avait remis à l’Assemblée nationale une pétition de 3000 noms. Elle avait même eu droit à une ovation de la part des députés de tous les partis pour sa démarche. Rapidement, les deux ont trouvé un terrain d’entente afin de pousser plus loin la cause qui leur est chère.

«De l’intimidation, il va toujours y en avoir et on dirait qu’il faut toujours rappeler au monde que ça ne se fait pas. Je trouve ça le fun de me rembarquer pour tenter de conscientiser les gens. Il faut travailler fort», martèle-t-elle.

Afin de se faire entendre, ils ont pris la décision d’organiser une marche le 24 février prochain au centre-ville de Trois-Rivières. Le point de départ est situé au palais de justice, à 13 h. En 2011, à l’âge de 13 ans, Mme Després avait organisé une première marche en compagnie de ses parents. Quelque 200 personnes avaient emboîté le pas afin de l’appuyer.

«J’ai dit à Brian que j’avais fait une marche quand j’étais plus jeune. On s’est dit qu’on pouvait recommencer et on a décidé de l’organiser. On veut tenter de passer un message et on aimerait avoir le plus de monde pour y participer. L’important, c’est de passer le message aux jeunes qu’ils ne doivent pas garder ça en-dedans d’eux. Ils doivent dénoncer. Ils ne sont pas seuls là-dedans.»

En plus de sa marche et de sa pétition, Émanuelle Després avait aussi déposé un mémoire sur le sujet à l’Assemblée nationale lors d’une journée en 2012 où elle avait aussi rencontré le premier ministre Jean Charest ainsi que la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp. Aujourd’hui âgée de 19 ans, la Trifluvienne ne peut dire si ses gestes du début de la décennie ont eu un effet sur ce qui se déroule dans les couloirs des écoles au Québec. Mais elle se dit prête à relever à nouveau ce défi.

«C’est difficile pour moi de savoir s’il y a eu des changements, puisque je ne vais plus à l’école secondaire. Mais je trouve ça beau ce que Brian veut faire», souligne celle qui avoue encore connaître des hauts et des bas dans sa vie personnelle, mais qui se prépare à effectuer un retour aux études au niveau collégial après deux tentatives qui n’avaient pas fonctionné. «Cette fois, c’est la bonne!»