Chanteur bien connu dans la région, Elvis Lajoie est aussi un grand voyageur avide d'aventures mais il ne risque pas d'oublier celle qu'il vient de vivre lors d'un séjour en Malaisie.

Elvis Lajoie à deux pas de la terreur

Le chanteur trifluvien bien connu Elvis Lajoie n'a décidément pas une vie banale. En plus d'être un habitué des scènes de spectacle, il est aussi un voyageur avide d'aventures. La dernière date de quelques semaines à peine et il ne risque pas de l'oublier de sitôt.
Le chanteur effectuait un voyage touristique en Malaisie en compagnie de son épouse.
À mi-chemin de ce périple d'une durée d'un mois, le couple s'est arrêté sur l'île Mabul, un endroit paradisiaque prisé par les touristes à la recherche d'exotisme et de paix. Or, la Malaisie vit un important conflit politique avec les Philippines mais une forte présence policière assurait la sécurité des vacanciers sur l'île. Cependant, le 12 juillet, à sa première journée à cet endroit, le couple a été réveillé vers 23 h par des coups de feu tirés tout près de la hutte qu'il habitait sur le bord de l'eau.
«J'avais des bouchons dans les oreilles pour ne pas être incommodé par le clapotis des vagues, explique Elvis Lajoie, mais les coups de feu m'ont quand même réveillé. J'ai immédiatement compris que c'était des détonations: c'est un son qui te prend aux tripes. On a d'abord entendu deux détonations suivies rapidement d'au moins six autres. Après une pause, il y a eu deux autres séries puis deux autres coups de feu séparées. On entendait des cris de femmes autour de la hutte. Quand je suis sorti pour voir ce qui se passait, mon voisin, un Américain, m'a dit qu'il s'agissait bien de coups de feu. À ce moment-là, du personnel de l'hôtel est arrivé pour nous enfermer dans nos huttes.»
Pas question de s'endormir pour le couple trifluvien, on s'en doute, mais à 1 h, une équipe d'intervention d'urgence composée d'une dizaine d'hommes en habits de combat, a cogné à la porte pour fouiller sa hutte comme ils l'ont fait dans la cinquantaine de paillotes installées en bordure de la mer. «On a compris que l'événement s'inscrivait dans le cadre du conflit entre la Malaisie et les Philippines mais personne n'a voulu nous donner la moindre information. On nous a dit que tout était sous contrôle mais le lendemain, notre restaurant était fermé, ceinturé de cordons de sécurité.»
«On a quand même participé à une excursion de plongée comme prévu mais sous haute surveillance policière et sur la mer, au large, on voyait plusieurs bateaux de guerre. Au retour, l'armée avait envahi le site d'hébergement mais on n'arrivait toujours pas à obtenir d'informations. On a pu faire toutes les activités prévues dans les jours suivants. Ce n'est qu'au départ de l'île, sur un bateau, qu'on a trouvé un journal qui expliquait que le site où nous étions avait été l'objet d'une attaque terroriste. Un commando de huit personnes a débarqué sur l'île et a tué un officier en charge de la sécurité policière en plus d'en kidnapper un autre. Ça s'est passé dans le restaurant près de notre hutte.»
«Il semble que leur objectif était de kidnapper des touristes pour obtenir une rançon afin de financer leurs activités. Ça veut dire qu'on a passé tout près de rester là-bas mais en tant qu'otages.»
Le couple n'en avait pas fini avec les émotions fortes puisqu'à bord de l'avion qui l'a transporté à sa destination suivante, il a pu mettre la main sur un journal, malgré les vives protestations d'une agente de bord, journal sur lequel il apprenait qu'un vol de la Malaysian Airlines avait été la cible d'une attaque en Ukraine la veille. Évidemment, ils étaient sur un vol de la Malaysian Airlines.
«J'ai fait beaucoup de voyages en avion et j'ai affronté beaucoup de turbulences sans jamais avoir peur, de poursuivre Elvis Lajoie. Par contre, au cours de ce vol, à la moindre turbulence, j'avoue que j'étais inquiet que ça ne soit pas une simple poche d'air. À travers nos voyages, on a vécu des situations particulières dont en Égypte où ça avait brassé pas mal, mais franchement, on n'a jamais côtoyé la violenced'aussi près. On s'attendait à ce que notre périple dans la jungle de Bornéo soit la portion dangereuse de tout le voyage mais on se trompait.»
«Ça ne nous empêchera pas de continuer à voyager parce qu'on adore ça mais on est plus conscients de notre chance et de la multitude de conflits qui se déroulent constamment partout sur la planète. L'an prochain, on va aller en France, en Suisse et en Allemagne: ça devrait être un peu plus tranquille.»