Julie Hivon, de Batiscan, est passionnée par la photo depuis 10 ans. Elle a décidé de faire de sa passion un métier.
Julie Hivon, de Batiscan, est passionnée par la photo depuis 10 ans. Elle a décidé de faire de sa passion un métier.

Elle photographie les gens dans leur intimité... sans mettre les pieds chez eux [PHOTOS]

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
BATISCAN — Alors qu’elles ont été fermées pendant plusieurs semaines, les entreprises ont la vie dure en raison de la pandémie de COVID-19. Autant dire que les entrepreneurs qui décident de se lancer en affaires en ce moment font soit montre d’un grand courage, soit d’un mauvais sens du timing. Ce choix a pourtant bénéficié à Julie Hivon, de Batiscan, qui vient de partir à son compte comme photographe. Elle offre aux nouveaux et futurs parents d’immortaliser pour eux des moments magiques de leur quotidien... sans mettre un pied chez eux.

La technicienne en radiologie entretient sa passion pour la photographie depuis 10 ans. «Pendant que je faisais mes études, j’étais une photographe du corps humain, mais ça manquait de créativité à mon goût. La photo m’a toujours intriguée, alors je me suis acheté un premier appareil. J’ai découvert son fonctionnement et j’ai appris à le maîtriser au maximum. Quand j’ai plafonné dans ma maîtrise de l’appareil, j’en ai acheté un autre, puis un troisième. Je vais au Salon de la photo chaque année et je prends des petits cours sur internet. Je n’ai pas de formation en photographie, mais je suis une vraie mordue», raconte Mme Hivon.

Elle caressait l’idée de lancer sa propre entreprise depuis déjà un moment. Elle était d’ailleurs prête à le faire lorsque les mesures de confinement sont entrées en vigueur. «J’ai hésité: je le pars (mon projet) ou j’attends après le confinement? Finalement, j’ai pris l’occasion que les gens soient à la maison, j’ai mis un résumé de ce que je faisais sur mon site internet, puis ma spécialité de photographie ‘’lifestyle’’ de famille», explique Mme Hivon.

Son dada, c’est d’immortaliser des moments magiques entre les parents et leurs enfants, principalement les mères et leur nouveau-né ou les couples qui attendent un enfant. Il lui fallait cependant trouver une façon de pratiquer son art, qui requiert normalement une proximité entre le photographe et son sujet, tout en respectant les consignes de distanciation sociale. C’est en répondant à une requête de sa sœur qu’elle a trouvé comment s’y prendre.

«Elle voulait immortaliser le moment de l’histoire avant le dodo, puisque son garçon a 10 ans et qu’elle sait que ce rituel sera bientôt fini. Je ne savais pas comment faire au début, mais finalement, je suis allée chez elle le soir, je me suis mise au bord de la fenêtre et j’ai pu prendre des photos comme ça», raconte la Batiscanaise.

Très satisfaite des résultats de cette première expérience, Julie Hivon a offert ses services aux nouveaux et futurs parents de la région. Elle a fait contre mauvaise fortune bon cœur et offert des séances photo gratuites. L’idée a manifestement séduit de nombreux internautes.

«Ça a vraiment ‘’pogné’’, j’ai très vite eu sept familles qui m’ont dit qu’elles étaient intéressées. C’est ma façon de faire ma part en temps de COVID-19», souligne-t-elle.

L’expérience est particulière, il faut le dire. La photographe – elle-même maman d’une fille de quatre ans – doit attendre qu’il fasse suffisamment noir dehors pour pouvoir photographier ses sujets de l’extérieur de leur maison. Elle communique avec eux au téléphone tout au long de la séance pour les positionner et leur donner ses consignes, comme elle le ferait si elle les avait devant eux.

«Si la lumière n’arrive pas du bon côté du visage, je les fait se tourner, je leur demande d’orienter différemment l’éclairage intérieur, s’ils le peuvent. C’est un défi à chaque fois», reconnaît-elle.

Cette méthode a toutefois du bon, car elle permet aux jeunes parents de faire leur séance photo tout en ayant ce dont ils ont besoin à portée de la main, ce qui est particulièrement pratique avec les nouveau-nés, qui ont besoin de couches, de lait, de leur doudou, etc. Elle permet également de conserver l’ambiance unique à chaque foyer, ce que la photographe apprécie grandement.

«Ça donne des souvenirs authentiques. En étant dans le noir, on ne me voit pas, alors je peux voir apparaître des sourires et des expressions sincères qu’on n’aurait peut-être pas pu reproduire si j’étais devant eux. J’ai vraiment aimé ça. Ce sont des moments précieux, ces petits moments du soir, je les trouve magiques. Les gens aussi trouvent les photos magiques parce que c’est leur ambiance et ils se repèrent là-dedans», affirme Mme Hivon.

Après avoir croqué le portrait de plusieurs familles de Batiscan et des alentours, Julie Hivon a toutefois dû interrompre ses activités, pour deux raisons. D’abord, elle s’apprête à reprendre son autre travail, interrompu par la COVID-19. Ensuite, parce qu’avec le soleil qui reste de plus en plus longtemps dans le ciel à mesure que l’été approche, poursuivre ce genre de séance photo signifierait travailler de plus en plus tard le soir. Elle se promet toutefois de reprendre cette formule à l’automne pour répondre à la demande qui a été, dit-elle, au-delà de ses espoirs.

«Je vais peut-être en faire aussi un peu pendant l’été, parce que c’est quelque chose que j’aime vraiment faire», lance-t-elle.

Pour voir plus de photos réalisées par Julie Hivon, plusieurs sont accessibles sur son site internet.