Julie Pressé, mairesse de Fortierville, Louis Beauregard, organisateur communautaire, Carolyne Aubin, SADC de Nicolet-Bécancour et Ginette Deshaies, LaRue Bécancour. À l’avant, Marie-Line Audet, CDC de la MRC de Bécancour.

Éliminer enfin l’insécurité alimentaire

Bécancour — La troisième édition de la Grande rencontre des partenaires organisée par le Comité de développement social et collectif de la MRC de Bécancour réunissait, jeudi, une soixantaine de partenaires afin de faire le point sur les actions posées au cours de la dernière année sur le territoire et même ailleurs au Québec, en matière de développement social, en particulier sur les initiatives visant à éliminer l’insécurité alimentaire.

La journée de réflexion réunissait une soixantaine d’organismes afin de voir «comment remettre l’alimentation au cœur de notre communauté», indique Marie-Line Audet, directrice de la Corporation de développement communautaire de la MRC de Bécancour et présidente du Comité de développement social et collectif.

C’est qu’il existe des problèmes en lien avec l’alimentation, en particulier dans les milieux ruraux, explique-t-elle. «Ça peut paraître particulier parce qu’on est en territoire agricole, mais il y a encore des gens, ici, qui peinent à se nourrir de façon saine», dit-elle. «S’il n’y a pas d’épicerie ou de dépanneur dans le village et si le moindrement vous avez un problème de mobilité ou financier qui ne vous permet pas un pouvoir d’achat», la situation peut être très difficile, explique-t-elle.

Bref, tout le monde ne peut, en effet, aller faire ses courses en ville.

Le coût sans cesse croissant du panier d’épicerie «est aussi un enjeu. Les coûts de l’alimentation explosent», constate-t-elle. «On le voit même dans la distribution au niveau de l’aide alimentaire. Les usagers ne sont plus les mêmes», rappelle-t-elle. Il n’y a plus que des assistés sociaux. «De plus en plus, il y a des familles, des personnes seules, des travailleurs à petit salaire.»

La rencontre de jeudi visait donc à évaluer«avec les organisations du territoire, comment on peut se mettre en action, comment on peut développer notre agriculture de proximité», dit-elle.

Or, il existe des solutions pour améliorer la situation. «On pense aux Incroyables comestibles» du Centre de femmes Parmi Elles et du Comité de citoyens de Nicolet, illustre Mme Audet. Ce mouvement citoyen fait de la ville un immense jardin partagé auquel tout le monde peut contribuer en plantant, cultivant et récoltant à sa guise les fruits de potagers en libre-service.

Il y a aussi les jardins communautaires et les jardins collectifs qui peuvent servir la cause. On pense également au mouvement Frigo Free Go, amorcé à Sherbrooke et qui s’est installé à l’Auberge internationale de Trois-Rivières et grâce auquel des partenaires autorisés, comme les traiteurs, restos et cafés, déposent des produits préparés et transformés dans un frigo communautaire. La population peut aussi venir déposer des fruits, des légumes, du pain dans le frigo Free Go qui, lui, est accessible en tout temps à tous ceux et celles qui en ont besoin. Ce modèle, qui avait fait l’objet d’un projet-pilote en octobre dernier à l’Auberge internationale de Trois-Rivières, sera d’ailleurs implanté dans le secteur Cap-de-la-Madeleine ce printemps et soutenu par l’organisme Le Bon citoyen. C’est un moyen d’aider les moins nantis à mieux s’alimenter et c’est aussi une façon de lutter contre le gaspillage alimentaire.

La Fête des semences de Nicolet contient un volet d’échange de semences et permet ainsi aux jardiniers de varier leurs productions à peu de frais.

La rencontre réunissait notamment des gens des municipalités, d’organismes communautaires, les différents réseaux publics et parapublics de même que plusieurs entreprises privées, notamment des fermes ou des entreprises d’économie sociale.

Cet événement s’inscrivait à l’intérieur du projet Tous ensemble pour une chaîne sans faim qui vise à amasser des denrées alimentaires afin de bonifier l’aide alimentaire à l’année.

De nos jours, la technologie peut permettre de rapprocher les approvisionnements en nourriture des populations éloignées des grands centres comme en fait foi de manière éloquente le nouveau Magasin général de Dixville, un petit village de l’Estrie qui n’a ni dépanneur, ni restaurant et encore moins d’épicerie.

La communauté a en effet créé une coopérative contenant un restaurant, un bistro, un comptoir laitier, un gîte et un dépanneur intelligent, c’est-à-dire entièrement électronique et sans employés, auquel les membres ont accès jour et nuit grâce à une puce d’accès qui leur sera d’ailleurs remise le 24 février.