Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, est clair. Il va finir son mandat et se représenter aux prochaines élections.
Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, est clair. Il va finir son mandat et se représenter aux prochaines élections.

Éligibilité du maire Tremblay à La Tuque: les questions persistent

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Alors que le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, assure qu’il est légitime et qu’il va être candidat aux prochaines élections, le flou demeure entier autour de la question de son éligibilité. Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) confirme avoir reçu l’avis juridique de l’avocat de la Ville de La Tuque à ce sujet, mais il a préféré ne pas émettre de commentaires. La députée de Laviolette—Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, préfère pour sa part ne pas s’en mêler.

«Notre rôle n’est pas de statuer sur l’éligibilité d’une personne, mais vraiment de veiller à entreprendre des poursuites en regard des infractions des lois électorales», a rappelé Julie St-Arnaud, porte-parole du DGEQ.

«Il n’y a aucun constat émis à l’endroit de M. Tremblay. On peut quand même confirmer que la réception de la lettre de la firme d’avocat mandatée par la Ville», a-t-elle ajouté.

Rappelons que l’éligibilité de Pierre-David Tremblay suscite des réactions depuis son élection à la tête de la Ville de La Tuque. Il est propriétaire d’un domaine d’environ 23 acres traversé par la frontière entre La Tuque et La Bostonnais. Sa maison et son chalet sont situés du côté de La Bostonnais.

L’avocat Daniel Bouchard, engagé par la municipalité pour éclairer le conseil municipal, a indiqué lors de la dernière assemblée publique que le DGEQ n’était pas un Tribunal et que «ce n’est pas parce que le DGEQ affirme une chose que c’est vrai. En attendant qu’un tribunal décide, c’est un point de vue et le maire demeure légitime».

«Le DGEQ pense qu’il a raison, et on pense qu’on a aussi raison. Il y a un débat à faire, parce que la position du DGEQ, on ne la trouve pas claire. […] On a choisi, dans notre avis juridique, d’expliquer sur plusieurs pages notre position et notre approche, une autre façon d’interpréter la situation. On est arrivé à une autre conclusion qui se défend très bien et qui est raisonnable. Qu’est-ce qu’un tribunal déciderait? On ne peut pas le savoir. Le DGEQ, c’est une institution sérieuse. Il va lire ça et il va réagir», avait affirmé Me Bouchard.

La députée Marie-Louise Tardif ne veut pas prendre position dans le dossier, elle s’en remet aux conclusions qui seront faites par le DGEQ.

«C’est certain qu’en tant qu’élu, il faut être plus blanc que blanc. Il faut respecter les règles et la législation. Il semble que l’interprétation du maire et de son avocat soit différente de celle du DGEQ. […] Il y a eu une demande d’éclaircissement qui a été faite au DGEQ, et on va attendre la suite. C’est certain que c’est un cas unique», a-t-elle indiqué au Nouvelliste.

Quant aux attaques du maire de La Tuque à l’endroit son attaché politique et les accusations de manipulation d’ordre politique, la députée ne veut pas «s’abaisser à ce niveau-là».

«C’est assez ordinaire de dire des choses comme ça. C’est de prêter des intentions qui sont malveillantes. Je n’embarque pas dans ce jeu-là. Nous, on poursuit notre travail pour les citoyens», a-t-elle souligné.

Rappelons qu’à la dernière assemblée publique, le maire Pierre-David Tremblay a dirigé des critiques vers Michel Pronovost, l’attaché politique de Marie-Louise Tardif, concernant l’enquête du DGEQ.

«Quel intérêt ça sert ça? Quelle personne ça vise ? Quels groupes d’intérêts? Je me pose encore la question. Le premier à avoir été témoin plaignant, Michel Pronovost, est attaché politique de la députée. Est-ce que c’est d’ordre politique, je crois que oui», avait affirmé Pierre-David Tremblay.

Michel Pronovost s’est d’ailleurs exprimé sur le sujet dans une lettre d’opinion publiée dans Le Nouvelliste.

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