Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, va se présenter aux prochaines élections municipales.
Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, va se présenter aux prochaines élections municipales.

Éligibilité du maire Tremblay à La Tuque: «J’ai répondu à toutes les questions»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Le maire de La Tuque en a assez, il soupçonne qu’un groupe de personnes veut sa peau en remettant en cause son éligibilité à occuper son poste à la mairie. Pierre-David Tremblay pense que ces personnes veulent carrément le déstabiliser et il ne démord pas, pour lui c’est une commande politique. Le maire souhaite qu’on tourne la page et qu’on le juge sur son bilan et sur son administration plutôt que son éligibilité. Mais avant, il demande à la députée, Marie-Louise Tardif, et à son attaché politique, Michel Pronovost, de «montrer patte blanche» eux aussi.

«J’ai répondu à toutes les questions et j’ai démontré que j’étais de bonne foi», soutient le maire.

Pierre-David Tremblay aimerait que la question de son éligibilité soit éclaircie une bonne fois pour toutes par un Tribunal ou encore par des modifications à la loi.

«Le gouvernement fait des efforts pour amener des gens en politique, pour avoir de plus en plus de candidatures, plus d’intérêts. On fait de grandes offensives là-dessus. On va priver les gens de se présenter parce qu’il y a une frontière naturelle? Il n’y a pas de clôture. J’habite là. Je réside là. Je vis là. Pourquoi on se priverait de candidats. Le travail qui est fait ici, il est bien fait. On va avoir un bon bilan encore cette année. On me reproche quoi sur mon travail?»

«Je n’ai pas de problèmes à avoir des opposants, je n’ai pas de problèmes à avoir des adversaires au contraire ça alimente le débat. Là où j’ai de la misère, c’est avec les détracteurs. On m’accuse de si et de ça, mais est-ce que quelqu’un peut dire que la Ville n’est pas bien administrée? C’est drôle, mon travail lui n’est pas critiqué, c’est la frontière. Pourquoi ça intéresse autant de monde?», se questionne-t-il.

Le maire Tremblay est convaincu qu’il s’agit d’un dossier politique et qu’on cherche à déstabiliser l’organisation municipale. Il demande à la députée de Laviolette—Saint-Maurice Marie-Louise Tardif et à son attaché politique Michel Pronovost d’être à leur tour «plus blanc que blanc».

Pierre-David Tremblay demande carrément qu’ils publient la déclaration que Michel Pronovost a faite dans le cadre de l’enquête du Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

«S’il n’a rien à cacher, qu’il la sorte sa déclaration. Moi j’ai tout dit», insiste-t-il.

«Plainte, pas plainte, il y a eu des démarches. Il les a faites parce qu’il a été candidat à la mairie, parfait, mais il l’a fait aussi alors qu’il était attaché politique de la députée. Il a fait une déclaration le 5 juin 2019», affirme Pierre-David Tremblay.

Ce dernier l’aurait lui-même appris à la députée le 28 juin 2019. Des discussions auraient eu lieu, selon le maire, dans les jours suivants tant avec la députée qu’avec M. Pronovost.

«Je suis d’accord avec Madame Tardif, on s’est trouvé une note très concordante, il faut montrer patte blanche. Moi je l’ai fait, mais on doit l’exiger aux autres. Elle a vu la déclaration de M. Pronovost. Elle me l’a même commentée: ‘’ce n’était pas bien, ce n’était pas à ton avantage et ce n’est pas chic’’, c’est ce qu’elle m’a dit. Je l’ai écrit textuellement dans mes notes», dévoile le maire Tremblay.

Il a aussi été question du contenu de cette déclaration que M. Pronovost aurait refusé de lire et de publier. Le maire fait d’ailleurs des liens «circonstanciels» avec les informations confidentielles qui ont circulé dans les dernières semaines.

«Je ne l’accuse pas, mais c’est très soupçonneux», lance-t-il.

«Ce sont toujours les mêmes personnes. Qu’est-ce qu’on a à me reprocher? Pourquoi on continue d’entretenir ça? Qu’on la fasse la plainte au Tribunal», lance-t-il.

D’ailleurs, Pierre-David Tremblay a bien l’intention de se représenter aux prochaines élections et il espère pouvoir défendre son bilan plutôt que son lieu de résidence.

Michel Pronovost, qui affirme avoir fait le tour de la question dans une lettre ouverte, n’a pas l’intention de publier la déclaration qu’il a faite aux enquêteurs pour le moment.

«S’il publie son avis juridique, je publierai ce que j’ai dit aux enquêteurs du DGEQ. C’est donnant-donnant […] Tout s’est fait avant l’élection (provinciale) de 2018. J’ai des courriels pour le prouver», explique-t-il.

«J’ai fait un commentaire dans le but d’éclaircir la loi électorale pour ne pas que la situation se reproduise. Tout s’est fait avant que je travaille pour Marie-Louise. Je le répète, je n’ai pas fait de plainte», a-t-il ajouté.

La députée Marie-Louise Tardif affirme pour sa part qu’elle n’a pas cette déclaration entre les mains. Elle maintient que les démarches de son attaché politique ont été faites avant de faire son entrée dans son équipe.

«C’est nullement politique. C’est de la fabulation», a-t-elle lancé au téléphone.

«Je maintiens que je n’étais pas au courant. C’est le maire qui me l’a appris effectivement à ce moment-là. […] Je réitère ma confiance envers Michel, j’ai pleine confiance au travail qu’il fait», a mentionné Mme Tardif.