Robert Aubin

Élections partielles: «Une soirée douce-amère», estime Aubin

TROIS-RIVIÈRES — Avec la victoire «décisive» de son chef Jagmeet Singh dans Burnaby-Sud et la défaite du NPD dans Outremont, le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin, dit avoir vécu une soirée «aigre-douce ou douce-amère».

«Jagmeet a beaucoup de travail à faire, c’est un personnage encore à connaître. En politique, ça prend du temps à être connu. Moi, je n’étais pas connu nécessairement pour les meilleures raisons en 2011 avec mon entrée. Oui, ça a pris du temps, il a fallu que je travaille fort, mais une fois connue, j’étais capable d’avoir la confiance des électeurs et électrices dans Berthier-Maskinongé. Il va falloir passer beaucoup plus de temps au Québec sur le terrain à rencontrer les gens. Après son discours de victoire, il a promis de venir au Québec, de passer plus de temps ici. Dès la semaine prochaine, il va venir au Québec», a commenté la députée néo-démocrate.

«Je suis très heureux que Jagmeet ait remporté. On va le voir maintenant au quotidien à la Chambre des communes et ça va changer la donne. Parce que se promener à travers le Canada de circonscription en circonscription pour porter le message, c’est important, mais porter le message dans tous les foyers du pays au même moment parce qu’on passe par le biais des médias, c’est vraiment ce dont on a besoin pour les prochains mois qui nous rapprochent des élections générales», a renchéri son collègue trifluvien.

Quant à la défaite «malheureuse» dans Outremont, Robert Aubin y voit tout de même un élément de consolation important. «Alors que les analystes prédisaient la débâcle et la quasi-disparition du NPD, on a vu que, grâce à la qualité de la candidature de Julia Sanchez, on a quand même fait plus de 25 % du vote. Ça veut dire plus d’un citoyen sur quatre qui vote pour le NPD dans des conditions difficiles. Dans une partielle, le taux de participation est toujours un peu plus faible et les conditions climatiques depuis quelques jours au Québec étaient difficiles», souligne-t-il.

«On aurait aimé conserver Outremont. Malgré qu’on entend dire parfois que le NPD est mort au Québec, ce n’est pas du tout le cas. Notre candidate extraordinaire a quand même réussi avec 26 % d’appuis», a ajouté Mme Brosseau.

Ce qui fait dire à Robert Aubin que «rien n’est perdu définitivement». «La carte pourrait être totalement différente dans six mois quand arrivera le moment de l’élection générale et tous les espoirs sont encore permis, mais les défis sont grands. Alors, on retrousse nos manches et on se met au travail», affirme le député néo-démocrate.

Celui-ci trouvait intéressant d’entendre son chef parler du Québec dans son discours «à l’autre bout du pays» et de voir qu’il allait d’ailleurs y venir la semaine prochaine pour présenter des propositions.

«On l’a déjà appris de l’expérience de la dernière élection, ça va prendre une plate-forme spécifique avec des éléments spécifiques pour le Québec où les gens se reconnaissent et où on marque ce fédéralisme asymétrique dont on parle tout le temps. Il y a des enjeux qui sont pancanadiens, il y en a qui sont spécifiquement québécois et c’est ce que les gens ont envie d’entendre», croit-il.

Ruth Ellen Brosseau

À son avis, le sujet le plus important de la prochaine campagne électorale sera la proposition de chacun des partis face à la question environnementale et des changements climatiques.

«Ça transcende l’ensemble des générations. Il faut voir d’ailleurs dans Outremont la performance du Parti vert pour bien voir que cet enjeu-là prend de plus en plus de place à travers l’ensemble des générations. À ce compte-là, on pourra difficilement me faire accroire que tant les conservateurs que les libéraux n’ont pas perdu leur crédibilité en matière de politique environnementale. Moi, j’ai tout espoir que les gens, quand ils verront la plate-forme environnementale du NPD, sauront se reconnaître et diront, oui, voilà où je veux mettre mes billes parce que c’est important d’assurer aux générations qui nous suivent la planète la plus en santé que nous puissions leur léguer. Nous l’avons reçue en assez bon état, on devrait la remettre à la génération qui suit en meilleur état», soutient M. Aubin.

Or, les changements climatiques feront partie de ses priorités dans Trois-Rivières. «C’est un enjeu générationnel dont je veux absolument parler et pas seulement parler, mais me battre pour que les changements adviennent, et des changements majeurs. On ne parle pas juste de mesures tape-à-l’œil, je n’ai rien contre le fait qu’on bannisse les pailles en plastique, ça va de soi et c’est essentiel, mais on n’est pas en train de bouleverser des changements climatiques avec cette mesure-là, ça prend vraiment une approche plus grande. On doit être vraiment audacieux dans les propositions qu’on va mettre de l’avant», a-t-il martelé.

Pour Ruth Ellen Brosseau, il est aussi clair que l’environnement sera au cœur des priorités lors du prochain rendez-vous électoral. Et parmi ses dossiers de comté, elle évoque la protection des fermes familiales, la gestion de l’offre, la relève agricole, Internet haute vitesse et le réseau cellulaire. 

«Je compte défendre encore une fois les gens de Berthier-Maskinongé en me présentant pour un troisième mandat. Je n’ai jamais perdu de motivation. C’est un nouveau chapitre avec l’élection de Jagmeet, qui est non seulement capable d’avoir l’appui des militants, mais aussi, l’appui des gens dans Burnaby-Sud. On a vraiment hâte de l’avoir avec nous pour participer à la période des questions, aux débats. Il aura la chance d’être plus proche encore des journalistes», a-t-elle conclu.