Lucie Debons

Pile ou face dans quatre districts à Shawinigan

Shawinigan — Lucie DeBons n’avait pas le goût de pavoiser, lundi matin, à la suite d’une soirée électorale complètement folle à l’issue de laquelle elle a devancé René Fugère par l’infime marge de 17 votes.

Pour le moment, la conseillère du district du Rocher pousse surtout un soupir de soulagement et se demande comment le résultat des urnes a-t-il pu la tromper à ce point.

Comme il fallait s’y attendre, la course dans plusieurs districts a retenu beaucoup plus l’attention que l’élection à la mairie à Shawinigan, dimanche soir. En fait, quatre conseillers sur huit entreprennent ce mandat avec une majorité de moins de 100 voix.

Dans le district du Rocher, Lucie DeBons et René Fugère se sont échangé la tête pendant la plus grande partie de la soirée, avec Steeve Carrey pas très loin derrière. Une course très chaudement disputée, à l’avantage de la conseillère sortante au fil d’arrivée. M. Fugère soupèse la possibilité de demander un nouveau dépouillement.

«C’était assez stressant merci!», s’exclame Mme DeBons, au lendemain de cette courte victoire. «Ça a été ma course la plus serrée en six campagnes électorales et la plus étonnante, aussi. J’ai fait mon porte-à-porte et ce n’était pas le son de cloche que j’avais sur le terrain, pas du tout!»

Pour le moment, elle croit avoir été déjouée par le taux de participation, à 48,5 % dans son district. C’est encore pire dans l’ensemble de la ville, à 47,2 %.

«Le vote n’est pas sorti», déplore Mme DeBons. «Quand des personnes me disaient de ne pas m’inquiéter pendant mon porte-à-porte, c’était encourageant. Mais si elles ne vont pas voter, que puis-je faire?»

Nancy Déziel

Le secteur Grand-Mère est souvent identifié à un terreau de mécontentement à Shawinigan. Dans le district de la Rivière également, Nancy Déziel conserve son siège, mais comme prévu, Roger Castonguay a chèrement vendu sa peau. 

Le coussin de la conseillère a fondu à 77 voix. Elle n’a perdu que 131 votes par rapport à 2013, mais comme elle n’affrontait qu’un seul adversaire plutôt que trois, l’opposition était canalisée vers le même candidat.

«Je me sens privilégiée, mais c’était une chaude lutte», reconnaît la gagnante. «Contre un seul opposant, c’est toujours plus difficile. Ça fait deux mois que je n’ai pas une fin de semaine de congé, j’ai été présente sur le terrain autant que je le pouvais. J’ai pris mes vacances cet automne pour faire ma campagne et je ne le regrette pas!»

Jacinthe Campagna

Dans le district de la Cité, Jacinthe Campagna a aussi remporté toute une lutte contre Alain Lord, élu sans interruption depuis 1994. Une courte majorité de 35 voix qui n’assombrit pas le tour de force.

«C’est un mélange de fébrilité, d’excitation, d’enthousiasme et d’humilité», enfile la jeune femme. 

Mme Campagna sentait un vent favorable tout au long de la campagne et elle croit que la sortie de six personnalités d’affaires du centre-ville, la semaine dernière, a cristallisé ses appuis.

«J’ai été surprise, mais on prend tout ce qui passe», commente-t-elle. «Un appui semblable, ça donne le vent dans les voiles.»

Guy Arseneault

Dans Val-Mauricie, Guy Arseneault hérite d’un deuxième mandat après avoir coiffé Jacques St-Louis par 97 voix. 

«J’ai été confiant pendant toute la campagne», raconte le vainqueur. «J’ai fait mes portes, j’ai été très actif sur les réseaux sociaux et j’ai fait beaucoup d’appels dimanche.»

Fait intéressant, M. Arseneault représente le seul élu de Shawinigan à avoir amélioré son nombre de votes par rapport à 2013.

Mea culpa

De son côté, Judeline Corriveau a vidé son local électoral tôt lundi matin, visiblement prête à tourner la page. Même si elle s’est lancée très tard dans la course à la mairie et qu’elle faisait figure de négligée, elle cachait mal sa déception, malgré tout avec près de 2500 votes recueillis.

«Je m’attendais à un résultat un peu plus positif», témoigne-t-elle. «Nous étions une équipe de sept personnes à travailler extrêmement fort pour cette campagne, mais je pense qu’on aurait dû se préparer beaucoup plus tôt pour se faire connaître. C’est une erreur.»

Mme Corriveau balaie évidemment du revers de la main toute insinuation voulant qu’elle se soit introduite dans cette campagne électorale au bénéfice du maire sortant, afin de diviser le vote. Elle rappelle que depuis près de deux ans, elle assistait régulièrement aux séances publiques pour comprendre la procédure d’un conseil municipal. 

«C’est beau de connaître comment ça fonctionne, mais au bout du compte, ce sont les gens qui votent», retient-elle.