L’ex-greffier de la Ville de Trois-Rivières, maintenant retraité, Gilles Poulin, invite les citoyens à «congédier Yves Lévesque» et donne son appui à Jean-François Aubin.

L’ex-greffier Gilles Poulin invite les électeurs à «congédier Yves Lévesque»

Trois-Rivières — L’ex-greffier de la Ville de Trois-Rivières, Gilles Poulin, lance un pavé dans la mare en plein milieu de la campagne électorale municipale, en donnant son appui à Jean-François Aubin et en clamant haut et fort qu’«il faut congédier Yves Lévesque».

Dans une lettre ouverte publiée dans nos pages et diffusée dans tous les médias, Gilles Poulin sort de sa réserve habituelle et estime que Yves Lévesque est le «champion de la mesquinerie».

«Quiconque a côtoyé un tant soit peu Yves Lévesque va reconnaître que c’est un homme autoritaire, qui n’a pas un grand respect de la démocratie. Ce n’est pas quelqu’un qui a une très grande capacité d’écoute», a-t-il déclaré en point de presse mardi matin, qualifiant notamment le maire sortant d’impulsif, d’arrogant, de brouillon, offrant un déluge de mots et manquant cruellement de transparence.

«Pendant 16 ans et demi, j’ai vu agir Yves Lévesque lors des séances publiques du Conseil; je l’ai également vu agir en privé, derrière des portes closes. J’ai connu le personnage et la personne. J’ai entendu une multitude de citoyens lui reprocher ses façons de faire, son manque de transparence, son approche brouillonne, son attitude individualiste et cavalière, son style autoritaire et populiste, son arrogance, son tempérament impulsif, son comportement axé sur l’intimidation plutôt que sur l’écoute, son mépris de la démocratie, ses propos verbeux et arrogants, etc. Je fais miennes toutes ces critiques», déclare-t-il.

Entré en fonction à la Ville de Trois-Rivières en 1988, Gilles Poulin aura été greffier et président d’élection sous les administrations de Gilles Beaudoin, Guy LeBlanc, Henri-Paul Jobin et Yves Lévesque. Il a pris sa retraite en juillet dernier.

«J’ai cessé de compter le nombre de fois où il a accusé ceux qui ne pensaient pas comme lui de promouvoir le négativisme, de faire de la «p’tite politique», de la politicaillerie. En réalité, c’était lui le champion de la mesquinerie. Comme cadre supérieur, j’ai pu «apprécier» son éthique douteuse; je l’ai également vu s’immiscer dans des opérations courantes et faire de la microgestion, à mon grand déplaisir et à celui de mes ex-collègues», indique-t-il dans la lettre, lui reprochant notamment son très haut taux d’absentéisme aux séances du comité exécutif, des taux d’absentéisme qui dépassent les 90 % depuis 2013 et qui ont même été de 100% l’an dernier.

«Ce n’est pas banal, le comité exécutif, c’est plusieurs centaines de décisions par année qui se prennent, c’est des millions de dollars qui sont dépensés à travers le comité exécutif et M. Lévesque n’est pas là. Il traîne dans les restaurants de la Ville, il mange sur le bras des citoyens, alors qu’il devrait être à l’hôtel de ville. Le comité exécutif se réunit deux fois par mois. Vous ne me ferez pas croire qu’il n’est pas capable d’être présent. Ça n’a pas de bon sens. Moi, j’ai encore cette capacité de me scandaliser, et je suis scandalisé», ajoute Gilles Poulin, qui ajoute que M. Lévesque reçoit par année un salaire et des allocations de dépenses de plus de 200 000 $ par année en assurances collectives, régime de retraite, véhicule de luxe qu’il utilise, repas aux restaurants, téléphone intelligent, chauffeur et commissionnaire personnel.

En conférence de presse mardi matin, Gilles Poulin a du même coup annoncé soutenir la candidature de Jean-François Aubin. «Pour l’avoir côtoyé pendant 3 ans et demi au sein du Conseil, je sais que M. Aubin est un gentleman studieux, méthodique et structuré. J’ai pu apprécier plusieurs des qualités qui font de lui le maire dont Trois-Rivières a besoin en 2017: son écoute respectueuse des autres, sa capacité à travailler en équipe, sa rigueur, ses préoccupations éthiques, son souci du bien collectif, etc. Il a gagné mon respect et ma confiance par son ardeur au travail et l’intelligence de ses propos», écrit-il.

Éthique

Le candidat à la mairie Jean-François Aubin, qui s’est dit évidemment très heureux de cet appui de taille, a profité du point de presse pour présenter ses engagements en matière d’éthique et de transparence. Il propose en outre la création d’un poste de protecteur du citoyen qui serait chargé de recevoir les plaintes des citoyens et de s’assurer que la meilleure réponse possible y soit donnée dans les meilleurs délais. Un engagement qui coûterait au bas mot 75 000 $ par année à la Ville et qui, selon lui, a déjà fait ses preuves dans des villes comme Sherbrooke, Saguenay et Gatineau.

M. Aubin souhaite également revoir le code d’éthique et de transparence des élus municipaux afin d’en resserrer les règles. Il veut notamment encadrer davantage la politique de distribution des billets de faveur reçus par les élus et les règles à suivre concernant les sorties et apparitions publiques des élus à l’approche d’une élection. Il souhaite également rendre publics les rapports financiers et les rapports d’activités de toutes les corporations paramunicipales, ce qui n’est actuellement pas le cas. «Le contribuable a le droit de savoir où et comment est dépensé son argent», croit Jean-François Aubin.

Pas de réaction

Le maire sortant, Yves Lévesque, n’a pas souhaité réagir aux attaques proférées par le greffier à la retraite, Gilles Poulin. «C’est une campagne de salissage et je n’embarquerai pas là-dedans. J’ai toujours dit que je mènerais une campagne propre et que je ne descendrais pas au sous-sol. Là, on est douze pieds sous terre», lance-t-il.

En après-midi, le candidat à la mairie André Bertrand a senti le besoin de réagir par voie de communiqué. «Qui connaît M. Poulin dans la population? Je m’attendais à une personnalité connue. Par exemple, quelqu’un du monde des affaires. Je ne suis pas impressionné. Je n’appelle pas ça avoir un appui de taille», mentionne M. Bertrand, qui croit que Gilles Poulin règle ses comptes. «Il est à la retraite et il règle ses comptes selon moi. Il aurait fallu qu’il en parle. Il a travaillé 16 ans avec Yves Lévesque. Pourquoi aujourd’hui? J’ai eu toujours un devoir de réserve et une éthique pour mon ancien employeur. Lui non?»

Voici l'intégrale de la lettre de Me Gilles Poulin

Il faut congédier Yves Lévesque

Je suis entré au service de l’ancienne Ville de Trois-Rivières le 14 novembre 1988 et j’ai pris ma retraite de la nouvelle le 1er juillet 2017. Au cours de ces années, j’ai simultanément cumulé les postes de greffier, président d’élection, gardien des archives municipales, responsable de l’accès aux documents détenus par la Ville et directeur de ses Services juridiques. À partir de l’automne 1990, j’ai accueilli, écouté, guidé, informé et conseillé toutes les personnes qui ont occupé un poste au sein du Conseil de la Ville de Trois-Rivières. J’ai travaillé avec les maires Gilles Beaudoin, Guy LeBlanc, Henri-Paul Jobin et Yves Lévesque.

Il aurait été simple et facile pour moi de demeurer en retrait de la présente campagne électorale. Mais, après avoir servi les Trifluviens pendant près de trois décennies au sein de la haute fonction publique municipale, j’ai cru qu’il fallait que je les invite à se rallier à Jean-François Aubin pour donner à notre ville un nouveau souffle et une nouvelle dynamique.

Pour l’avoir côtoyé pendant 3 ½ ans au sein du Conseil, je sais que M. Aubin est un gentleman studieux, méthodique et structuré. J’ai pu apprécier plusieurs des qualités qui font de lui le maire dont Trois-Rivières a besoin en 2017: son écoute respectueuse des autres, sa capacité à travailler en équipe, sa rigueur, ses préoccupations éthiques, son souci du bien collectif, etc. Il a gagné mon respect et ma confiance par son ardeur au travail et l’intelligence de ses propos. Voilà pourquoi, j’appelle les Trifluviens à se joindre à moi et à voter pour lui afin qu’ensemble nous puissions écrire un nouveau chapitre de la riche histoire de Trois-Rivières.

Pendant 16 ½ ans, j’ai vu agir Yves Lévesque lors des séances publiques du Conseil; je l’ai également vu agir en privé, derrière des portes closes. J’ai connu le personnage et la personne. J’ai entendu une multitude de citoyens lui reprocher ses façons de faire, son manque de transparence, son approche brouillonne, son attitude individualiste et cavalière, son style autoritaire et populiste, son arrogance, son tempérament impulsif, son comportement axé sur l’intimidation plutôt que sur l’écoute, son mépris de la démocratie, ses propos verbeux et arrogants, etc. Je fais miennes toutes ces critiques.

J’ai cessé de compter le nombre de fois où il a accusé ceux qui ne pensaient pas comme lui de promouvoir le négativisme, de faire de la «p’tite politique», de la politicaillerie. En réalité, c’était lui le champion de la mesquinerie.

Comme cadre supérieur, j’ai pu «apprécier» son éthique douteuse; je l’ai également vu s’immiscer dans des opérations courantes et faire de la microgestion, à mon grand déplaisir et à celui de mes ex-collègues. Mais, ce que je veux souligner aujourd’hui c’est son absentéisme chronique et systématique des séances du Comité exécutif de la Ville de Trois-Rivières. Ses fanfaronnades l’ont régulièrement amené à s’en vanter.

Le Comité exécutif est une instance qui fut instituée le 4 juillet 2001 par le gouvernement du Québec dans le décret 851-2001 par lequel il a créé la nouvelle Ville de Trois-Rivières. L’article 5 de ce décret prévoit que «le comité exécutif de la ville se compose du maire et de quatre membres désignés par le maire parmi les membres du conseil.» L’article 6 ajoute que «le maire de la ville est président du comité exécutif.» Pour sa part, l’article 9 précise que «le président du comité exécutif en convoque les séances, les préside et voit à leur bon déroulement.» Malheureusement, Yves Lévesque a toujours déserté le Comité exécutif où se prennent annuellement des centaines de décisions et où se dépensent des dizaines de millions de dollars.

Manifestement, Yves Lévesque ne respecte ni l’esprit ni la lettre de ces dispositions comme le démontrent les données suivantes compilées à partir des procès-verbaux du Comité exécutif de la Ville de Trois-Rivières pour la période du 1er janvier 2002 au 15 octobre 2017 inclusivement:

Il ne faut pas banaliser son absentéisme. Si un employé de la Ville agissait comme lui, après quelques avertissements ou suspensions, il serait congédié. Point final! C’est d’ailleurs la médecine que la Ville a régulièrement servie à ceux qui s’absentaient trop souvent de leur travail.

Plutôt que de «faire du bureau» au restaurant, d’y déjeuner aux frais des contribuables et de, soi-disant, s’y occuper des affaires de la Ville en parlant sans cesse au cellulaire, au su et au vu de tous, il aurait dû être à la maison des Citoyens et, notamment, présider les réunions du Comité exécutif pour lesquelles il est très bien payé. En effet, Yves Lévesque coûte, au bas mot, plus de 200 000 $ par année aux Trifluviens en rémunération (132 900 $), allocation de dépenses (16 476 $), assurances collectives, régime de retraite, véhicule de luxe qu’il utilise, repas aux restaurants, téléphone intelligent, chauffeur/commissionnaire personnel, etc. 

Ses absences témoignent de tout le mépris qu’il a envers les instances de la Ville. C’est lui qui désigne les membres du Comité exécutif et il n’est même pas capable de travailler en équipe avec ceux qu’il choisit! Quel non-sens! En fuyant systématiquement une instance dont il est pourtant responsable, Yves Lévesque se discrédite et déshonore la charge qu’il occupe.

Si ses absences étaient survenues lors des séances du Conseil, il y a longtemps qu’Yves Lévesque ne serait plus maire de Trois-Rivières puisque l’article 317 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités stipule que «le mandat d'un membre du conseil qui a fait défaut d'assister aux séances du conseil pendant 90 jours consécutifs prend fin à la clôture de la première séance qui suit l'expiration de cette période (...).»

À l’occasion du vote par anticipation du 29 octobre et du scrutin du 5 novembre, j’invite les électeurs à congédier Yves Lévesque et à lui dire ainsi qu’il n’est plus digne d’occuper le poste auquel il s’accroche désespérément.

Gilles Poulin, notaire honoraire

17 octobre 2017