Élections municipales

Lucie DeBons finalement élue

Shawinigan — Les irrégularités soulevées par René Fugère lors de l’élection du 5 novembre dans le district du Rocher n’ont pas convaincu le juge Pierre Labbé d’ordonner un nouveau dépouillement de votes. En conséquence, la conseillère sortante, Lucie DeBons, reprendra son siège à compter de la semaine prochaine.

Un petit suspense planait sur le conseil municipal de Shawinigan depuis que M. Fugère avait déposé sa requête, le 9 novembre. Battu par seulement 17 voix, il alléguait certaines irrégularités pour demander un deuxième recensement des votes. Sa requête avait été entendue lundi, au palais de justice de Shawinigan. Mercredi, la Cour du Québec a signifié que la demande était rejetée.

Le juge Labbé rappelle qu’à lui seul, un résultat serré ne constitue pas un «motif raisonnable suffisant» pour reprendre le décompte des votes. M. Fugère avait toutefois relevé certains éléments qui, dans son esprit, auraient pu modifier le résultat.

Ainsi, il notait que 2383 électeurs du district du Rocher avaient voté pour le maire, alors que 2388 personnes avaient choisi un conseiller. Puisque chaque électeur héritait de deux bulletins de vote, M. Fugère se demandait si certains d’entre eux avaient pu être inversés au moment de la compilation, surtout qu’ils avaient la même forme et la même couleur. Il se questionnait également sur les 45 voix rejetées dans ce district.

Le demandeur avait aussi rapporté qu’un électeur avait dû s’y prendre à deux fois pour exercer son droit. L’un de ses bulletins avait été déchiré accidentellement par le scrutateur. La fausse manœuvre s’était même produite une deuxième fois, mais le vote avait tout de même été déposé dans l’urne.

Enfin, la requête de M. Fugère reposait sur des «problèmes informatiques» observés à l’école Antoine-Hallé, l’une des deux sections de vote dans le district du Rocher le 5 novembre. Deux dames ont affirmé que ce contretemps avait incité plusieurs personnes à rebrousser chemin. 

À la lumière des témoignages entendus, le juge n’a pu identifier d’argument assez significatif pour reprendre le décompte. Ainsi, le nombre de votes différents exprimés pour le poste de maire et celui de conseiller «n’est pas un motif suffisant pour demander un nouveau dépouillement judiciaire», souligne-t-il. Surtout que cette prétention n’est basée que sur des hypothèses, comme la couleur identique des deux bulletins de vote qui aurait pu entraîner une confusion.

Le témoignage des deux dames n’a pas fait pencher la balance en faveur du demandeur, puisqu’elles ont pu voter malgré ce problème informatique. Selon le président d’élection, Me Yves Vincent, le bris en question ne touchait qu’un appareil à la table d’accueil. Il n’a duré qu’une trentaine de minutes et surtout, il ne perturbait pas l’action de voter, mais le processus d’identification de l’électeur. Or, cette opération pouvait être faite manuellement.

Le juge Labbé observe également que le pourcentage de bulletins rejetés ne détonnait pas dans le district du Rocher par rapport aux autres secteurs.

En fait, il admet que le bulletin déchiré d’un électeur pouvait contrevenir à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités. «Cependant, cette irrégularité n’est pas déterminante, car elle ne concerne qu’un seul vote alors que l’écart entre le demandeur et l’intimé est de 17 votes», écrit le juge.

Pour ces motifs, la demande a donc été rejetée. Mme DeBons accueille évidemment la fin de cet intermède avec soulagement.

«Ça va beaucoup mieux!», laisse-t-elle tomber. «J’avais quand même une confiance énorme. Les irrégularités qui étaient mentionnées n’en étaient pas vraiment. Ses arguments n’étaient pas plausibles.»

N’empêche que tant qu’un juge n’a pas tranché, aucune certitude n’est permise.

«J’ai trouvé ça très dur», reconnaît Mme DeBons. «Il y a l’attente, mais aussi le fait de choisir un avocat et de ne pas être habituée aux palais de justice. C’était très stressant.»

«Je ne m’étais pas présentée comme conseillère pour vivre ça, mais pour faire avancer la ville», fait-elle remarquer. «C’est une expérience de plus, mais je m’en serais passée!»

Mme DeBons était demeurée à la maison lundi soir, pendant l’assermentation du conseil municipal de Shawinigan. Sa cérémonie se déroulera finalement juste avant la séance publique de mardi.

De son côté, M. Fugère ne cachait pas une évidente déception, mais par respect pour les 814 personnes qui avaient voté pour lui, il voulait en avoir le cœur net en entreprenant cette démarche.

«C’est le gars qui est assis en avant qui décide», commente-t-il. 

«Le système avait dit que Mme DeBons avait gagné et ça a été confirmé. Je la félicite pour la course et je lui souhaite bonne chance. La démocratie s’est exprimée, mais tellement de personnes me disaient que je devais demander un recomptage que je devais le faire, par respect pour eux et pour le système démocratique.»

Élections municipales

Mairie de Batiscan: Fortin l'emporte... encore

Trois-Rivières — Est-ce possible de remporter deux fois la mairie en l’espace de quelques jours? C’est ce qui est arrivé à Christian Fortin aux élections du 5 novembre dernier, à Batiscan, contre la mairesse sortante, Sonya Auclair, ainsi que lundi, lors d’un deuxième dépouillement du scrutin tenu au palais de justice de Trois-Rivières.

C’est que Mme Auclair, rappelons-le, avait demandé un nouveau dépouillement du scrutin après avoir perdu contre M. Fortin à 376 contre 351, soit par à peine 25 voix. La candidate estimait que plusieurs irrégularités avaient été commises au cours du scrutin.

Lundi, au terme d’une nouvelle analyse minutieuse de chacun des bulletins de vote sous le regard attentif et scrutateur des deux opposants, cet écart s’est finalement creusé... à 34 votes en faveur de M. Fortin.

La mairesse sortante avoue qu’elle ne s’attendait pas vraiment à gagner en demandant un nouveau dépouillement, mais qu’elle voulait surtout mettre en lumière des irrégularités commises au cours du scrutin.

D’ailleurs, elle entend placer une demande à la Cour supérieure afin de faire annuler cette élection, du moins si ses finances le lui permettent. «Je l’aurais fait même si j’avais gagné», affirme-t-elle.

Le juge Pierre Allen n’a toutefois pas tranché, lundi, en fin de journée, au sujet des frais encourus par ce nouveau dépouillement ni au sujet de qui devrait les payer.

Sonya Auclair a fait valoir qu’à la lumière des irrégularités commises, les frais en question devraient être assumés par la municipalité.

L’avocat de Christian Fortin, Me Gyslain Lavigne, a pour sa part rappelé au juge Allen qu’en général, ces montants doivent être assumés par le candidat défait, en l’occurrence, Mme Auclair.

Sonya Auclair franchira-t-elle vraiment l’étape suivante, c’est-à-dire demander à la Cour supérieure d’annuler l’élection de Batiscan? «C’est sûr qu’il faut que j’analyse la situation», dit-elle. 

«J’ai quand même une famille. J’ai un travail et vous voyez que ça fait deux jours que je perds là-dedans. En fait, je ne l’ai pas perdu, parce que je l’ai donné à la justice sociale, mais quand même, j’ai une famille, j’ai des petits-enfants et je suis pas mal le soutien de famille chez nous. Je ne sais pas si je vais pouvoir avoir de l’aide là-dedans. Je pense que pour la justice, la démocratie et que les gens puissent continuer à avoir confiance», il faudrait faire cette démarche, croit-elle fermement.

Même si le nouveau dépouillement n’a rien changé au résultat de l’élection, il est vrai que certains gestes posés au cours du scrutin ne répondent pas à la loi. Par exemple, on a trouvé deux bulletins de vote qui ne portaient pas les initiales du scrutateur. Un autre avait été écrit au stylo plutôt qu’au crayon de plomb. Le président d’élection avait mis ses initiales sur certains bulletins, ce qu’il n’a pas le droit de faire. 

Dans une urne, il y avait tellement de disparités entre les initiales que le juge a laissé entendre qu’il aurait fallu embaucher un spécialiste de l’écriture pour confirmer si ces initiales provenaient ou non de la même personne. Il a donc dû se pencher sur plusieurs bulletins afin de s’assurer de leur validité. 

On a aussi trouvé des enveloppes du vote par anticipation qui n’avaient pas été scellées après leurs dépouillement de même que des bulletins de vote qui sont tombés sur le plancher lorsque les enveloppes ont été retirées d’une des boîtes de scrutin, devant le juge.

Ce sont autant d’éléments et bien d’autres, qui ont fait dire à Sonya Auclair que tout ne s’est pas passé dans les normes, le soir des élections.

Le nouveau dépouillement concernait aussi le poste de conseiller numéro 4 remporté le 5 novembre par Pierre Châteauneuf contre Sébastien Hélie. Malgré l’analyse de chaque bulletin, M. Châteauneuf demeure gagnant.

Le nouveau maire, Christian Fortin, qui amorce un quatrième mandat à la tête de la municipalité, n’a pas voulu commenter l’intention de Mme Auclair de faire annuler l’élection à Batiscan.

«Aujourd’hui, on va s’en remettre au processus démocratique. À partir de maintenant, j’ai un mandat de travailler avec le conseil municipal et de travailler pour l’ensemble de la population de Batiscan. Le choix démocratique des gens de Batiscan a été confirmé aujourd’hui à la mairie», dit-il.

Élections municipales

Batiscan: la mairesse sortante et le maire élu s’affrontent

Batiscan — Alors que la plupart des municipalités se préparent à faire prêter serment à leurs nouveaux élus, dans la municipalité de Batiscan les candidats ont demandé non pas un, mais deux dépouillements judiciaires. Pour une, la mairesse sortante Sonya Auclair affrontera à nouveau son opposant, le maire élu, Christian Fortin, cette fois devant le juge au palais de justice de Trois-Rivières, vendredi.

Tout a commencé par une demande de dépouillement judiciaire au poste de conseiller numéro 4 remporté par à peine 6 voix par Pierre Châteauneuf contre Sébastien Hélie qui faisait partie de l’équipe de Christian Fortin.

Les demandeurs croient qu’il y aurait eu des irrégularités, en particulier au bureau de vote numéro 1, en lien avec la manutention des bulletins de vote.

Cette situation a incité la mairesse sortante, Sonya Auclair, à demander elle aussi un dépouillement judiciaire. Vingt-cinq voix, sur 931 électeurs inscrits, séparent en effet Mme Auclair de son adversaire, Christian Fortin, à la mairie.

La cause sera entendue vendredi matin, au palais de justice de Trois-Rivières où les deux candidats à la mairie devraient être présents pour régler cette affaire.

Mme Auclair croit qu’il est possible que plusieurs bulletins de vote ne soient pas valides. Elle indique que durant la période du vote, le scrutateur sortait parfois pour aller fumer, laissant les bulletins au président d’élection qui y mettait ses initiales. Mme Auclair indique qu’elle n’arrive pas à avoir de réponse officielle quant à la légalité de cette façon de fonctionner et espère que le juge pourra l’éclairer vendredi.

Christian Fortin, pour sa part, indique qu’il verra ce qui se passera vendredi, au palais de justice, avant de se prononcer.

Trois-Rivières

Nostalgie et sérénité pour les conseillers défaits à Trois-Rivières

Trois-Rivières — C’est avec une pointe de nostalgie, mais généralement dans la sérénité que les conseillers municipaux défaits lors de l’élection de dimanche à Trois-Rivières quittent le conseil municipal trifluvien. Pour l’un d’entre eux, il s’agit d’ailleurs de tourner une page sur plus de trente ans de vie politique municipale.

En effet, André Noël sollicitait un neuvième mandat dimanche, dans le district du Carmel. Son passage à la Ville se sera terminé après 31 ans comme conseiller municipal, lui qui a été défait par Pierre Montreuil.

«On a toujours ça à l’esprit, que la défaite peut arriver parce que lors d’une élection, il n’y a pas de reprise. Mais j’ai fait huit mandats, c’est exceptionnel», lance celui qui est arrivé dans l’ancienne ville en 1986, alors que Gilles Beaudoin occupait la mairie. Celui qui se dit toutefois déjà rendu ailleurs n’a pas cherché à analyser davantage sa défaite, s’en remettant à la démocratie. 

«J’ai bénéficié de ce système pendant plus de trente ans. Je serais mal venu de dire aujourd’hui que c’est un système qui ne fonctionne pas», lance-t-il en riant.

Propriétaire de plusieurs immeubles, André Noël entend désormais se consacrer à ses affaires, lui qui souhaite tout de même voir les dossiers de l’île Saint-Quentin et de la STTR, deux corporations dont il occupait la présidence, continuer de cheminer dans la vision choisie.

Shawinigan

Une cinquantaine d’années d’expérience parties en fumée

Shawinigan — Les électeurs de deux districts de Shawinigan ont biffé d’un trait une cinquantaine d’années d’expérience au conseil municipal dimanche, lorsqu’ils ont décidé de ne plus renouveler leur confiance envers Alain Lord et Serge Aubry.

Ces deux monuments de la politique locale ont réagi bien différemment à leur défaite, la colère alimentant l’un alors que l’autre tente de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Élu sans interruption depuis 1994, M. Lord a particulièrement mal digéré le verdict populaire. Après plusieurs tentatives, il a finalement été joint mardi matin, simplement pour dire avec humeur qu’il ne donnerait pas d’entrevue.

«Même si j’en donnais une, tu vas l’écrire à ta manière», a-t-il vociféré à l’endroit de l’auteur de ces lignes. «Tu m’excuseras, mais il n’y aura pas de réponse. C’est trop tard. Quand tu te couches le soir, te sens-tu bien? À ta place, je me sentirais mal. Tu prends plus pour ceux qui ne sont pas en poste que pour nous autres.»

L’ex-conseiller a perdu par seulement 35 voix devant Jacinthe Campagna, dimanche soir. Depuis la fusion, il avait été élu sans opposition en 2001 et en 2013 et avec des majorités de 691 voix en 2005 et de 441 voix en 2009. À la fin de la dernière campagne électorale, un groupe de gens d’affaires du district de la Cité avait publiquement lancé un appel à un changement de garde.

Serge Aubry a également vu son règne politique être brusquement interrompu dimanche. Depuis 1978, il comptait 28 années d’implication à titre de conseiller ou maire à Saint-Gérard-des-Laurentides, puis conseiller à Shawinigan. Il a aussi siégé sur de nombreux comités. Bien que la dernière bataille ait laissé des cicatrices, M. Aubry tourne sereinement la page.

«C’est une nouvelle étape qui commence», philosophe-t-il. «Ça fait douze ans que je suis à la retraite et je travaillais la semaine longue, avec douze comités. Ça fait 40 ans que j’ai été élu la première fois. À un moment donné, la population a décidé que ça prenait un changement. C’est la démocratie! Je me suis présenté, j’ai fait une bonne campagne et ça n’a pas fonctionné. Je vais faire autre chose.»

M. Aubry a perdu pas moins de 639 votes par rapport à l’élection de 2013, pavant la voie à une victoire claire et nette de Claude Grenier dans le district des Montagnes.

«C’est sûr que si ça avait été une course à trois, comme dans certains autres districts, j’aurais passé facilement», fait-il remarquer. «Mais nous n’étions que deux, le bureau du député (Pierre) Giguère travaillait contre moi, de même que les anciens candidats que j’avais déjà battus, comme Robert Dupont et Alain Boisvert. Mais c’est correct, ça ne me pose pas de problème. Je vais jouer au hockey et au golf!»

M. Aubry est d’autant plus étonné du résultat qu’il ne sentait pas une telle vague de mécontentement sur le terrain. «J’avais une bonne impression», assure-t-il. «J’ai fait les 3400 portes de mon district, je suis retourné quand personne n’était là. J’étais bien reçu partout! Je trouvais que j’avais fait une belle campagne, mais le résultat n’est pas là.»

L’ex-conseiller croit que quelques dossiers ont pu lui mettre des bâtons dans les roues, comme l’emplacement de l’usine de traitement d’eau potable du lac à la Pêche, la reprise du projet de développement domiciliaire Versant UN et les travaux pour l’aménagement d’un nouveau chemin d’accès pour l’entreprise Fer & Métaux Garand, par exemple.

À 69 ans, M. Aubry serait étonné qu’il sollicite à nouveau la confiance de la population. La fin un peu cruelle de son implication politique n’entache pas les précieux souvenirs qui seront attachés à ses nombreuses années de service, assure-t-il. 

«J’aimais beaucoup ce que je faisais. J’ai participé à beaucoup de formation, j’ai toujours travaillé fort. J’ai particulièrement été impliqué dans le développement économique et j’ai l’impression qu’on a beaucoup avancé sur ce plan. J’ai eu beaucoup de plaisir, mais il est temps de passer à autre chose.»

Élections municipales

Pierre-David Tremblay: «On va être à la hauteur du défi»

La Tuque — Au lendemain de son élection, Pierre-David Tremblay savourait sa victoire même si elle avait été serrée. Les célébrations seront de courte durée puisque, déjà, le nouveau maire de La Tuque veut passer en mode travail, du travail rigoureux, réaliste et d’équipe. L’assermentation du nouveau conseil municipal aura lieu vendredi.

«Je pense que la population m’a communiqué sa confiance et on va être à la hauteur du défi qui s’en vient», a indiqué Pierre-David Tremblay.

Ce dernier a insisté sur le changement qui devait s’amorcer à l’hôtel de ville dans son discours, mais aussi sur le travail d’équipe et l’unité. 

Pour Pierre-David Tremblay, le bagage et l’expérience de vie de chacun des membres du conseil devront être mis à profit.

«Le bonhomme qui arrive, il arrive avec une certaine expérience. Je ne suis pas étranger au monde municipal. Je vais transposer mes connaissances et j’ai une façon de voir les choses bien évidemment. Je veux faire preuve de leadership dans le sens où je veux rendre le conseil municipal beaucoup plus transparent et beaucoup plus vivant. À l’intérieur des dossiers, il va y avoir de la place pour tout le monde. Je veux que tout le monde travaille et assume des responsabilités. Il va y avoir un changement de culture à ce niveau-là. Ça va se faire graduellement», a-t-il affirmé.

Pierre-David Tremblay n’a pas manqué de souligner l’importance et l’arrivée de deux femmes au sein du conseil municipal. Rappelons qu’au siège #2, Manon Côté, l’ancienne directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice, a été élue avec une forte majorité. Dans le district #6, Caroline Bérubé, présidente de la Fondation pour la santé du Haut Saint-Maurice, a reçu la confiance d’une majorité d’électeurs.

Dans les prochains jours, Pierre-David Tremblay va rencontrer l’équipe de l’hôtel de ville, qui avoue-t-il, est beaucoup plus imposante qu’à La Bostonnais où il a été le maire pendant deux ans.

«C’est très différent. Dans un petit milieu, on fait de tout jusqu’à répondre au téléphone. J’étais beaucoup sur le terrain […] C’est évident que la famille a grandi maintenant, mais je veux rester près des gens. Je me nourris de ça. Je veux demeurer connecté sur le citoyen. C’est mon centre d’intérêt», a-t-il dit.

Dans sa campagne électorale, M. Tremblay a beaucoup insisté sur l’inclusion et l’unité de l’agglomération de La Tuque, qui inclut Lac-Édouard et La Bostonnais.

«À La Bostonnais, on est souvent comme des oubliés. On doit travailler en complémentarité maintenant. […] Je connais leur problème et leur milieu. La Bostonnais, Lac-Édouard, La Croche, Lac-à-Beauce, Parent… Pour moi ce sont des oubliés et je veux désormais que ces gens-là aient toute la dimension qui leur revient.»

Le nouveau maire promet aussi de meilleures communications avec les citoyens, plus de transparence.

«Je n’ai pas la langue de bois. Les gens doivent bien connaître les dynamiques, les enjeux, les dossiers. Déjà, on va être mis à l’essai avec le budget», a-t-il noté.

D’ailleurs, Pierre-David Tremblay a fait savoir aux citoyens qu’ils devaient être réalistes pour le dépôt du budget. 

Il a, entre autres, fait référence au dépôt du nouveau rôle d’évaluation. 

«Pendant la campagne, il y avait quatre candidats. Il s’est dit beaucoup de choses et ç’a créé des attentes nécessairement. Je voulais mettre un bémol sur ces attentes-là. Il faut être réaliste. On va voir le portrait réel des finances à La Tuque dans les prochaines semaines. À partir de là, on va prendre les décisions qui s’imposent», a-t-il conclu.

Élections municipales

Deux districts ne voulaient pas d’Angers

Shawinigan — Michel Angers a conclu sa troisième campagne à la mairie de Shawinigan avec une confortable avance, mais les électeurs de deux districts ne souhaitaient pas le revoir à la tête de la ville. Dans cinq autres, il était toutefois intouchable, ce qui explique le résultat de dimanche.

Le rapport du directeur des élections de Shawinigan, Me Yves Vincent, est déjà complété et tous les candidats en ont reçu une copie. Cette mer de chiffres leur permet de mesurer précisément leurs appuis et les secteurs qui ont pu faire la différence dans le résultat final.

M. Angers a finalement récolté 58,9 % des votes dimanche. Il a devancé ses deux adversaires, François Bonenfant et Judeline Corriveau, dans tous les districts. Par contre, dans deux cas, le vote combiné de ses opposants surpassait le sien.

Même si les résidents du secteur Lac-à-la-Tortue ont enfin obtenu l’investissement tant attendu pour l’assainissement des eaux usées, la majorité des électeurs qui se sont exprimés dans le cadre de la dernière élection souhaitait un changement de garde à la mairie. Alors que M. Angers a obtenu 1206 votes dans le secteur des Boisés, ses deux adversaires en ont récolté, ensemble, 1420. 

Il faut rappeler que M. Bonenfant est originaire du secteur Lac-à-la-Tortue. Les 1104 votes obtenus dans le district des Boisés constituent d’ailleurs sa meilleure performance à travers la ville.

Le maire de Shawinigan rencontre aussi un peu plus d’opposition dans le district de la Rivière. Bien qu’il ait récolté 1322 votes à cet endroit, M. Bonenfant et Mme Corriveau ont attiré 1338 électeurs. À noter que 70 bulletins ont été rejetés dans le district de la Rivière, le plus haut total à travers la ville.

Les conseillers de ces secteurs n’ont pas trop payé le prix de cette relative impopularité. Dans le district des Boisés, Martin Asselin a coiffé assez facilement ses trois adversaires dimanche, obtenant une majorité absolue. Quant à Nancy Déziel, elle a dû utiliser toute sa petite monnaie pour vaincre Roger Castonguay, mais elle affrontait une organisation bien rodée.

Le district du Rocher constitue aussi un beau défi pour Michel Angers. Il y a obtenu 1252 votes cette fois-ci, un peu plus que les 1092 de ses deux adversaires. Là également, la conseillère sortante Lucie DeBons s’est faufilée de justesse devant René Fugère et Steeve Carrey.

Dans les cinq autres districts, Michel Angers pouvait dormir sur ses deux oreilles. Ses appuis frôlent même les 70 % dans le district de la Cité, où les électeurs ont tout de même décidé de changer de conseiller avec l’élection de Jacinthe Campagna, gagnante par 35 voix sur Alain Lord. Les districts Almaville (67,2 %), Val-Mauricie (65,9 %), des Hêtres (65,4 %) et des Montagnes (62 %) constituent également des valeurs sûres pour le maire sortant, une tendance depuis sa première élection en 2009. M. Angers bénéficie donc d’appuis déterminants dans les limites des anciennes villes de Shawinigan et Shawinigan-Sud.

Élections municipales

La moitié des districts ont voté pour Aubin

Trois-Rivières — S’il n’en tenait qu’à Pointe-du-Lac et qu’aux districts du secteur est de la ville de Trois-Rivières, un nouveau maire aurait été élu à Trois-Rivières dimanche soir.

Les résultats décortiqués par districts démontrent que c’est essentiellement à Trois-Rivières et Trois-Rivières-Ouest que le maire Yves Lévesque a gagné ses élections et remporté un cinquième mandat à la tête de la ville.

D’ailleurs, le maire et son opposant Jean-François Aubin ont remporté la victoire dans le même nombre de districts, soit sept chacun. Toutefois, la majorité d’Yves Lévesque dans les districts où il a terminé en avance était beaucoup plus importante, ce qui explique qu’il ait remporté l’élection par 3251 voix, à 51,7 % des suffrages.

Ainsi, à l’exception du district des Forges, les districts de périphérie ont voté majoritairement pour Jean-François Aubin. C’est le cas de Sainte-Marthe, Saint-Louis-de-France, Pointe-du-Lac ainsi que deux des trois districts du secteur Cap-de-la-Madeleine, soit de la Madeleine et des Estacades. Dans le district de Châteaudun, c’est Yves Lévesque qui l’emporte avec une mince avance de 30 voix sur son adversaire. 

La question du mécontentement des électeurs dans les districts en périphérie de la ville avait d’ailleurs été soulevée par Jean-François Aubin lors de sa campagne électorale, lui qui disait sentir du mécontentement et un sentiment d’abandon non seulement dans le secteur du bas du Cap, mais aussi à Sainte-Marthe, Saint-Louis-de-France et Pointe-du-Lac. 

À Trois-Rivières, M. Aubin a aussi terminé premier dans son ancien district de Marie-de-l’incarnation, de même que dans du Carmel, où il cumule le plus grand pourcentage de votes avec 51,14 % des voix. 

Quant à Yves Lévesque, outre le district de Châteaudun, c’est dans Chavigny, de La-Vérendrye, des Rivières, de Richelieu, des Carrefours et des Forges qu’il remporte la victoire, avec la plus grande avance enregistrée dans Chavigny à 64,43 % des voix.

Shawinigan

Pile ou face dans quatre districts à Shawinigan

Shawinigan — Lucie DeBons n’avait pas le goût de pavoiser, lundi matin, à la suite d’une soirée électorale complètement folle à l’issue de laquelle elle a devancé René Fugère par l’infime marge de 17 votes.

Pour le moment, la conseillère du district du Rocher pousse surtout un soupir de soulagement et se demande comment le résultat des urnes a-t-il pu la tromper à ce point.

Comme il fallait s’y attendre, la course dans plusieurs districts a retenu beaucoup plus l’attention que l’élection à la mairie à Shawinigan, dimanche soir. En fait, quatre conseillers sur huit entreprennent ce mandat avec une majorité de moins de 100 voix.

Dans le district du Rocher, Lucie DeBons et René Fugère se sont échangé la tête pendant la plus grande partie de la soirée, avec Steeve Carrey pas très loin derrière. Une course très chaudement disputée, à l’avantage de la conseillère sortante au fil d’arrivée. M. Fugère soupèse la possibilité de demander un nouveau dépouillement.

«C’était assez stressant merci!», s’exclame Mme DeBons, au lendemain de cette courte victoire. «Ça a été ma course la plus serrée en six campagnes électorales et la plus étonnante, aussi. J’ai fait mon porte-à-porte et ce n’était pas le son de cloche que j’avais sur le terrain, pas du tout!»

Pour le moment, elle croit avoir été déjouée par le taux de participation, à 48,5 % dans son district. C’est encore pire dans l’ensemble de la ville, à 47,2 %.

«Le vote n’est pas sorti», déplore Mme DeBons. «Quand des personnes me disaient de ne pas m’inquiéter pendant mon porte-à-porte, c’était encourageant. Mais si elles ne vont pas voter, que puis-je faire?»

Saint-Prosper

Saint-Prosper: Grosleau perd ses élections

Saint-Prosper-de-Champlain — Le maire sortant de Saint-Prosper-de-Champlain, Michel Grosleau, a finalement perdu aux mains de René Gravel, lors des élections du 5 novembre.

M. Grosleau, qui a été maire de la municipalité pendant 15 ans sans interruption, croit que le fait de s’être présenté, au beau milieu de la campagne électorale, à la mairie de Saint-Tite, où il possède une résidence, est la principale raison de sa défaite.

«Ça n’a pas aidé. Les gens ont pensé que je les laissais tomber, surtout du côté des plus âgés», analysait-il lundi matin, après avoir laissé la poussière retomber un peu.

Son adversaire et nouveau maire de Saint-Prosper, le producteur agricole René Gravel, croit que la population était prête pour du changement. «Le taux de participation a été de 73 %», dit-il.

À peine 14 votes séparent les deux adversaires et accordent la victoire à M. Gravel.

Ça peut sembler peu, mais la municipalité compte à peine quelque 500 âmes.

Le gagnant a récolté 176 votes, soit 43,89 % des intentions, contre 162 pour M. Grosleau qui a reçu l’appui de 40,40 % des électeurs.

Le troisième candidat à la mairie, Yan Boissonnault, a récolté 63 votes (15,71 %).

Rappelons que le maire sortant de Saint-Tite, André Léveillé, avait d’abord décidé de ne pas se présenter, laissant plutôt sa place à Michel Grosleau. Même si M. Grosleau possède une propriété à Saint-Tite, il aurait toutefois fallu qu’il ait habité dans la municipalité pour avoir la possibilité de s’y présenter.

Il semble que cette affaire ait aussi généré des répercussions à Saint-Tite. Rappelons que M. Léveillé, après avoir annoncé qu’il ne se présentait plus, est revenu sur son intention lorsque M. Grosleau s’est retiré.

Le maire sortant de Saint-Tite a finalement perdu ses élections et récolté 40,53 % des intentions de vote contre la nouvelle mairesse, Annie Pronovost, qui a remporté 59,47 % de la faveur des électeurs.