Yvon Deshaies, maire de Louiseville.

Élections fédérales: Yvon Deshaies sur les rangs?

Trois-Rivières — Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, pourrait bien être sur les rangs de la prochaine élection fédérale dans le comté de Trois-Rivières. Si le coloré personnage devait décider de se lancer, ce n’est toutefois sous aucune bannière qu’il le ferait, préférant se présenter comme candidat indépendant, lui qui dit vouloir défendre plusieurs dossiers sans nécessairement se retrouver dans aucun des partis politiques à Ottawa.

«Ça fait longtemps que j’y pense et je pense que j’ai quelque chose à apporter. Mais je ne veux dépendre de personne, d’aucune ligne de parti. Je ne me mettrai à genou devant personne», signale M. Deshaies, qui dit que la question de la laïcité de l’état trône au sommet de ses préoccupations, une valeur qui n’est pas forcément partagées par les différents chefs à Ottawa.

Et alors que Louiseville se retrouve dans le comté de Berthier-Maskinongé, pourquoi songerait-il à briguer l’élection dans Trois-Rivières? «Ma connection, elle est avec Trois-Rivières. Le comté de Berthier-Maskinongé s’étend jusqu’à Lanoraie et Lavaltrie. Mais moi je ne connais personne là-bas. J’ai davantage d’affinités avec Trois-Rivières et il y a des dossiers qui m’intéressent là, dont la pyrrhotite», martèle M. Deshaies, assurant ne pas craindre d’affronter l’ex-maire de Trois-Rivières Yves Lévesque s’il se présente avec les Conservateurs, ou encore l’actuel député du NPD Robert Aubin.

«Ce n’est pas contre personne, je n’ai d’amertume envers personne. Je ne m’en vais pas faire la guerre, mais il y a des dossiers qui me tiennent à coeur et je veux les travailler avec le pouvoir», indique-t-il, citant au passage le train à grande fréquence, le retour de la peine de mort de même que des mesures qui devraient être imposées aux détenus au pays.

M. Deshaies a effectivement été confronté, bien malgré lui, au système judiciaire depuis deux ans, alors que l’ex-conjoint de sa soeur Sylvie a plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire pour des événements survenus en juillet 2017. Pierre Courtois, 75 ans, serait délibérément entré en collision avec un camion poids-lourd, alors que Mme Deshaies prenait place à bord du véhicule que son ex-conjoint conduisait. Elle a péri dans l’incendie qui a été provoqué par l’accident.

Le processus judiciaire lui a fait réaliser certaines choses qu’il qualifie aujourd’hui d’injustices, et qu’il souhaite également pouvoir défendre au fédéral. Selon lui, les personnes incarcérées pour des peines de plus de trois ans qui continuent d’avoir des revenus à l’extérieur devraient obligatoirement faire don d’un minimum de 25% de leurs revenus à des oeuvres de charité pour continuer de payer leur dette à la société.

«La personne est en prison, mais peut avoir des entreprises, des blocs appartement, bref des revenus qui continuent de rentrer. Ce n’est pas normal qu’en sortant de prison, elle puisse continuer de mener la belle vie. Il faut qu’elle paie sa dette à la société aussi de cette façon. Redonner aux banques alimentaires, au CAVAC, je ne sais pas, mais en faire bénéficier la société. C’est vraiment un dossier que je veux travailler», mentionne-t-il.

M. Deshaies se donne environ deux mois pour prendre sa décision, qu’il fera connaître au cours de l’été. S’il devait se lancer dans la course, il continuera d’occuper son poste de maire de Louiseville, le quittant seulement s’il remporte l’élection. «Je vais continuer de donner mon 100%, je ne négligerai pas la Ville de Louiseville si j’y vais. Et si je suis élu, je vais travailler avec le conseil pour faire en sorte que ça ne coûte pas un sou à la Ville. Je ne voudrais pas qu’on provoque une élection partielle pour ça, il doit y avoir moyen d’assurer un intérim jusqu’aux prochaines élections municipales», plaide-t-il.