François-Philippe Champagne

Élections fédérales: trois élus confirment leur candidature

TROIS-RIVIÈRES — À un an des élections fédérales, trois des quatre élus de la région confirment qu’ils seront de la course. François-Philippe Champagne, Louis Plamondon et Ruth Ellen Brosseau solliciteront un renouvellement de mandat, alors que Robert Aubin veut au préalable consulter les siens avant d’annoncer ses couleurs.

Le député libéral de Saint-Maurice-Champlain et ministre de l’Infrastructure et des Collectivités au sein du gouvernement Trudeau a été élu pour la première fois en 2015. M. Champagne entend bien poursuivre l’aventure si les électeurs lui accordent leur confiance une nouvelle fois.

«Il reste beaucoup de choses à faire. On va continuer de focaliser sur les familles, sur les gens de la classe moyenne, sur l’emploi et l’économie. C’est ce que je fais tous les jours et c’est ce que j’espère pouvoir continuer de faire pendant les prochaines années», dit le ministre Champagne.

Le doyen de la Chambre des communes, Louis Plamondon, entend bien être à nouveau candidat dans Nicolet-Bécancour-Saurel lors des prochaines élections. Il s’agirait de la onzième campagne électorale pour ce ténor du Bloc québécois.

«J’ai déjà 80 % de mon financement d’amassé pour la prochaine campagne», lance Louis Plamondon. «Mon organisation est déjà presque en place.»

Conscient des nouvelles techniques de communication, Louis Plamondon entend bien utiliser davantage les réseaux sociaux. «Une campagne ne se fait plus juste avec les membres. Le Parti québécois avait lors des dernières élections au Québec 80 000 membres et la Coalition avenir Québec en avait 10 000 et on connaît le résultat. Ça n’a pas fait la différence», note Louis Plamondon. «Maintenant, tout peut se passer durant des élections. Ça bouge beaucoup.»

Louis Plamondon

Celui qui était de la fondation du Bloc québécois estime que les circonstances actuelles sont favorables à son parti. Il soutient que le NPD est en dégringolade et que le Parti libéral du Canada a fait bien des mécontents chez les agriculteurs avec le nouvel accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

«Ce que les libéraux ont concédé pour le lait et la gestion de l’offre, ce n’est pas bien populaire dans les comtés agricoles comme ceux dans la région», affirme le député de Nicolet-Bécancour-Saurel. «Les libéraux sont en descendant, les conservateurs sont pris avec Maxime Bernier et le NPD est quasiment en déroute. Alors, ça nous permet au Bloc québécois d’avoir une belle place sur la patinoire et de redevenir une force vive pour défendre les intérêts du Québec.»

Les problèmes internes du Bloc québécois de la dernière année avec la fronde contre l’ancienne chef Martine Ouellet n’auront plus d’impacts aux prochaines élections. «Plus personne ne me parle de ça», précise M. Plamondon. «On oublie vite un chef d’un parti. On vit dans un siècle où on passe vite à autre chose.»

Élue avec la vague orange de 2011, Ruth Ellen Brosseau sera candidate au prochain scrutin. La députée de Berthier-Maskinongé aime trop son travail pour cesser d’œuvrer au service de ses concitoyens.

«J’ai le sentiment qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. On a de gros dossiers à mener à la Chambre des communes. Il y a les accords commerciaux, la politique agricole, les changements climatiques. Et il y a aussi la relève agricole, le gaspillage alimentaire. J’adore ce que je fais. C’est aussi beaucoup de traitement de dossiers de pensions, de problèmes avec l’Agence de revenu. Quand tu peux aider une maman qui se fait couper ses allocations familiales et que peu de temps après, on peut rétablir ces allocations, c’est ma paie!»

La députée du Nouveau Parti démocratique affirme que sa décision de se représenter est prise depuis longtemps. Il faut dire que sa situation familiale a énormément changé comparativement à 2011.

Ruth Ellen Brosseau

«Mon fils Logan avait 10 ans. Aujourd’hui, il a 17 ans. En 2015, il m’a promis le soir de l’élection qu’il allait m’aider durant la campagne en 2019. J’espère qu’il va tenir sa promesse de m’aider!», poursuit Mme Brosseau, qui croit que le chef Jagmeet Singh profitera d’une meilleure visibilité et se fera mieux connaître d’ici la prochaine élection, lui qui est candidat dans une partielle en Colombie-Britannique.

Le député du Nouveau Parti démocratique dans la circonscription de Trois-Rivières dément les informations selon lesquelles il serait en réflexion sur son avenir politique. Robert Aubin soutient qu’il est toujours animé par la flamme de la politique et qu’il souhaite encore défendre des idées qui lui sont chères. Toutefois, le député élu lui aussi lors de la vague orange de 2011 affirme qu’il entamera le même processus de consultation auprès de sa famille et de l’exécutif du parti dans Trois-Rivières que lors des élections précédentes.

«Un journaliste a écrit que j’étais en réflexion, car j’ai refusé de lui dire si je me représentais ou pas», soutient Robert Aubin. «Je vais cette fois-ci comme à chacune des élections avoir exactement le même processus qui va commencer avec le temps des Fêtes. Je vais d’abord avoir une réflexion en famille. Si depuis huit ans j’ai le plaisir de faire ce métier, c’est que j’ai une famille qui me permet de le faire.»

Ce processus de «consultation» n’a rien à voir avec les sondages qui indiquent une perte d’appui du NPD et de son chef. «Je ne suis jamais venu en politique pour me faire une carrière. Je suis là pour défendre des idées. Et il y en a une qui sera très importante aux prochaines élections et on assistera vraisemblablement à une course à deux. Il y aura d’un côté les libéraux et les conservateurs qui ont perdu toute crédibilité du côté environnemental», précise M. Aubin.

«Les seuls qui ont une proposition claire, nette et précise pour amorcer cette transition verte, c’est le NPD.»

Avec la collaboration

Robert Aubin

de Brigitte Trahan