Vickie Schnieders
Vickie Schnieders

Élections américaines: Trifluviennes d’adoption et d’origine... mais deux visions opposées

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Originaire des États-Unis, la Trifluvienne Vickie Schnieders vit au Québec depuis 48 ans. Née à Trois-Rivières, Julie Lesage s’est quant à elle expatriée dans la région de Houston au Texas avec sa famille il y a maintenant 17 ans. Alors que la première espère de tout coeur que Donald Trump ne soit pas réélu, la seconde lui donnera son deuxième vote comme Américaine.

Bien au courant de ce qui se passe au sud de la frontière malgré le fait qu’elle ait dû abandonner sa citoyenneté américaine afin de pouvoir devenir Canadienne il y a 38 ans – il n’était pas possible de cumuler ces deux statuts à l’époque – Mme Schnieders tient à préciser qu’elle ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. L’enseignante maintenant retraitée se souvient trop bien de la défaite de la candidate démocrate Hillary Clinton en 2016, et ce, malgré que les sondages étaient en sa faveur.

«Même si Joe Biden est en avance, on sait très bien qu’on ne peut pas se fier aux sondages. Et je suis déçue, car il n’est pas un candidat qui inspire beaucoup les gens. Nous savons qu’il a été choisi pour ne pas faire peur aux républicains qui n’aiment pas [Donald] Trump. Ceux-ci n’auraient pas voté pour un Bernie Sanders ou une Elizabeth Warren. Ils sont trop radicaux. Les démocrates ont donc choisi le candidat le plus inoffensif [aux yeux des républicains]. Mais est-ce que les gens voteront pour lui?», se questionne-t-elle.

La dame qui a grandi à Saint-Louis au Missouri croit pas contre que l’impopularité de Donald Trump chez les militants de son propre parti jouera contre lui. Elle cite en exemple son père de 90 ans qui a toujours appuyé le parti républicain, mais qui a pris ses distances depuis que Donald Trump est dans le portrait. Elle ne sait cependant pas s’il a voté pour lui en 2016 et quel sera son choix mardi prochain.

Julie Lesage

«Quand on se parle au téléphone, il me dit: ‘‘vous devez rire de nous au Canada avec le clown que l’on a comme président’’», raconte celle qui agit comme coordonnatrice du groupe local d’Amnistie internationale.

Citoyenne américaine depuis maintenant six ans, Julie Lesage avait annulé son vote en 2016. Convaincue à l’époque qu’elle n’avait pas la fibre démocrate, elle n’appréciait cependant pas plus les idées de Donald Trump ainsi que la vision républicaine sur certains enjeux, notamment le droit à l’avortement. Son opinion à propos du coloré homme d’État n’avait pas changé lors des élections de mi-mandat en 2018. Par contre, sa perception de l’actuel président a évolué au cours des derniers mois, à un point tel qu’elle a décidé qu’elle votera pour lui mardi prochain.

«Pendant la pandémie, j’ai constaté que la couverture qu’offraient les médias à M. Trump n’était pas "fair". Je me suis donc mise à lire sur ce qu’il avait fait pendant la pandémie. Je ne trouve pas qu’il l’a mal gérée. Je ne comprends d’ailleurs pas les gens qui croient que non. […] Ce que j’aime de Donald Trump, c’est qu’il agit selon les pouvoirs qu’il a», mentionne-t-il.

Malgré leurs divergences d’opinions en matière de politique, les deux femmes entretiennent les mêmes craintes relativement à ce qui se passera après l’élection, peu importe quel sera le résultat.

Alors que Mme Schnieders souhaite ardemment qu’aucun événement triste ou fâcheux ne se produise dans son pays d’origine, Mme Lesage fait remarquer que certaines grandes villes sont de véritables barils de poudre qui sont sur le point d’exploser. Vivant dans une petite communauté rurale située à environ 40 minutes au sud de Houston, elle se sent néanmoins en sécurité chez elle.

«Je n’irai pas dans la ville de Houston pendant un petit bout», prévoit-elle.