Élections 2018

PQ: le candidat des Îles-de-la-Madeleine se dit victime de dénigrement

Même s'il a été déclaré inhabile à exercer une fonction de maire ou de conseiller pour cinq ans, l'ancien maire des Îles-de-la-Madeleine Joël Arseneau a le soutien du Parti Québécois.

Le candidat est d'ailleurs persuadé que ses démêlés passés avec la justice ne nuiront pas à ses chances de l'emporter le 1er octobre.

Et il fait le pari que les électeurs résisteront à «la campagne de dénigrement» que les libéraux tentent de mener contre lui.

Ancien maire de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine, de 2005 à 2013, il lui est actuellement interdit par la cour de se présenter à un poste de maire ou de conseiller, partout au Québec.

Mais rien ne l'empêche de siéger à l'Assemblée nationale.

En 2015, dans un jugement de la Cour supérieure, M. Arseneau a été déclaré «inhabile» à exercer la fonction de membre du conseil de toute municipalité pour une période de cinq ans.

Dans sa déclaration en demande d'inhabilité, la Procureure générale du Québec a allégué qu'entre 2007 et 2010, alors qu'il était maire, Joel Arseneau avait une façon toute personnelle de réclamer le remboursement de ses dépenses de fonctions, portant ainsi atteinte à «l'intégrité de la charge de maire».

La Procureure générale lui a reproché d'avoir tenté «de maquiller la réalité en invoquant sa simple négligence».

En plus de ses fonctions de maire, M. Arseneau agissait aussi en tant qu'administrateur du CLD local, de la Conférence régionale des élus (CRÉ) et de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), ce qui l'obligeait à divers déplacements à l'extérieur des îles.

En 2010, la vérificatrice des états financiers de la ville concluait que, de 2007 à 2010, M. Arseneau avait accumulé pour plus de 28 000 $ de dettes envers la ville, en raison de comptes de dépenses sans pièces justificatives, est-il écrit dans la demande en justice.

Or, selon ce qui est allégué dans la déclaration, de 2007 à 2010, des montants auraient été prélevés sur la carte de crédit de la municipalité, «malgré le fait que ces sommes avaient fait l'objet d'un paiement» par les organismes en question.

Au total, il se serait fait rembourser des dépenses à 78 reprises par divers organismes locaux et régionaux.

«Malgré ces 78 remboursements, il aurait omis systématiquement de rembourser à la municipalité les sommes que cette dernière lui avait avancées pour des dépenses encourues dans le cadre d'activités au sein de tiers organismes.»

En tout temps, M. Arseneau «savait qu'il devait lesdites sommes à la municipalité», est-il allégué, à propos des montants qui ont finalement été totalement remboursés à l'automne 2010.

Pas de squelette

En entrevue téléphonique, M. Arseneau soutient qu'il n'a «pas de squelette dans le placard».

Il se dit victime d'une campagne de dénigrement orchestrée contre lui par les libéraux, qui se plaisent à ressasser cette histoire périodiquement, dans le but de miner sa crédibilité et réduire ses chances de remporter la victoire le 1er octobre.

En agissant de la sorte, ils montrent qu'ils ont peur de perdre, ce qui est une bonne nouvelle, a-t-il fait valoir.

«Il y a eu des manœuvres de mes adversaires politiques pour instrumentaliser le dossier jusqu'à me forcer à me défendre en cour», relate le candidat, rappelant qu'il avait été blanchi.

Dans un premier temps, M. Arseneau avait été accusé de fraude et de vol en relation avec cette affaire, en 2013, mais le jury l'avait acquitté.

«Les allégations étaient sans fondement», insiste-t-il.

Par la suite, en 2014, la procureure générale du Québec avait fait une demande de déclaration d'inhabilité, en rapport avec cette même histoire.

Pour éviter un nouveau procès, il dit avoir conclu «une entente à l'amiable», en vertu de laquelle il acceptait de ne pas chercher à occuper un poste de conseiller ou de maire pendant cinq ans, sans admettre aucune faute.

Sur le fond, il minimise la gravité des faits, parlant de «délais dans la conciliation de dépenses», dues à ses différentes fonctions. Il blâme le «manque de support administratif», pour expliquer comment il a pu se retrouver dans pareille situation.

Les sondages indiquent que le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ) sont au coude à coude dans cette circonscription, qui est actuellement dans le giron libéral.

Le PQ savait

La direction du Parti québécois était au courant de la situation et a choisi de donner suite à la candidature de M. Arseneau.

«M. Arseneau nous a fait part de ces faits lorsqu'il a voulu se présenter pour le Parti Québécois. Son explication nous a convaincus de le présenter comme candidat», a commenté une des responsables des relations avec les médias.

Le PQ rappelle que le jugement ne vaut que pour le palier municipal.

«De plus, les allégations de la poursuite avaient été invalidées lors d'une procédure judiciaire préalable (les accusations criminelles pour lesquelles il a été acquitté en 2013) où il a été complètement blanchi», a-t-on fait valoir.

Élections 2018

La CAQ prend Québec pour acquis, croient les libéraux

Les candidats libéraux de la région de Québec sont sortis en bloc mardi non pas pour prendre des engagements, mais pour promettre qu’ils seront plus actifs jusqu’au 1er octobre, déplorant une «campagne tranquille» à Québec.

Le candidat libéral dans Jean-Talon Sébastien Proulx croit que ses adversaires de la CAQ ont comme stratégie «de ne pas vouloir créer de bruit à Québec». «Il [François Legault] prend Québec pour acquis, ses candidats aussi.»

«Ils pensent qu’en restant sous le radar, ça va permettre à leur chef, notamment François Legault, de gagner l’élection à leur place. Le problème, c’est que les gens de Québec ne sont pas dupes», a-t-il lancé. 

Deuxième dans les intentions de vote dans la région, le PLQ n’a pas encore dévoilé de plate-forme d’engagements régionaux pour Québec. Il promet de le faire morceau par morceau, au cours des prochains jours. «On va l’accélérer notre campagne», promet M. Proulx. 

Pour les libéraux, le grand enjeu de la région de Québec demeure la pénurie de main-d’œuvre. Un enjeu pour lequel les solutions des caquistes «ne tiennent pas la route». 

«C’est un petit rappel à l’ordre, en disant aux adversaires: vous ne pouvez pas passer sous silence pendant 39 jours les solutions inadéquates que vous mettez sur la table», attaque M. Proulx.  Patricia Cloutier

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Tous les partis derrière la Politique culturelle du Québec

Les quatre principaux partis se sont engagés mardi à appliquer la Politique culturelle de 600,9 millions $ publiée en juin par le gouvernement Couillard. Pas question de la réévaluer, a assuré le candidat de la Coalition Avenir Québec (CAQ) dans Chauveau, Sylvain Lévesque, allant ainsi à l’encontre des propos tenus le 8 septembre par son chef François Legault.

Sylvain Lévesque participait à un débat organisé par le Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches en compagnie du libéral Florent Tanlet, de la péquiste Diane Lavallée et de la solidaire Catherine Dorion, tous candidats dans Taschereau. 

D’entrée de jeu, il a réfuté les préjugés à l’égard de la CAQ selon lesquels le parti de François Legault ne serait pas particulièrement intéressé par la culture. Florent Tanlet n’a pas hésité à joué cette carte pendant le débat, rappelant que «M. Legault n’a pas posé une seule question sur la culture en quatre ans».

«La culture est au centre de notre intervention», a assuré M. Lévesque, dont le parti s’engage à faire en sorte que les artistes soient mieux reconnus et mieux diffusés, notamment à l’étranger. 

Lorsque Florent Tanlet, puis Catherine Dorion, lui ont rappelé les propos tenus par François Legault lors du dévoilement du cadre financier de son parti — le chef de la CAQ disait vouloir réévaluer les programmes gouvernementaux lancés sous les libéraux, dont l’imposante Politique culturelle du Québec —, Sylvain Lévesque s’est montré ferme: «La Politique culturelle, le 600 M$, nous l’appuyons, c’est une augmentation sur cinq ans, et nous l’appuyons.» 

M. Lévesque s’est défendu de contredire son chef, référant son adversaire libéral au «document d’orientation culture» de la CAQ, à l’intérieur duquel «nous sommes très clairs». 

Le candidat de la CAQ a également dû répondre à une attaque de la péquiste Diane Lavallée, qui se demandait «où était la CAQ lorsque est venu le temps de soutenir le Diamant de Robert Lepage», elle qui dit vouloir «favoriser les lieux de diffusion». 

«Votre parti s’y est opposé [avant de finalement appuyer la subvention]», lui a rappelé Mme Lavallée. Sylvain Lévesque a rétorqué que son parti avait toujours été favorable au projet, mais qu’il voulait une plus grande participation du privé. 

Globalement d’accord

Le débat se sera du reste passé essentiellement sous le signe de l’harmonie, tous les candidats s’étant montrés sensibles aux demandes du Conseil de la culture de rehausser à 2% la part de la culture dans les dépenses publiques, d’améliorer le financement du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et de maintenir l’indépendance de la société d’État. 

Ils se sont aussi globalement dits d’accord pour protéger le patrimoine bâti et religieux, soutenir la culture dans les régions, faciliter le virage numérique des organismes du milieu artistique, améliorer les conditions de vie des artistes (tant le PLQ que la CAQ proposent à cet égard de revoir les deux lois sur le statut des artistes) et favoriser l’accès des jeunes à la culture, notamment par l’entremise d’un financement adéquat des sorties scolaires en milieu culturel. 

Développer Télé-Québec

Tous ont par ailleurs reconnu le rôle de la ville de Québec comme «capitale culturelle», estimant nécessaire de l’aider à rayonner à ce chapitre, ici et à l’étranger. Florent Tanlet a rappelé à cet égard l’entente de développement culturel de 56,6 M$ que son gouvernement a récemment conclue avec la Ville de Québec. «C’est 15 millions de plus que d’habitude», a-t-il souligné.

Les candidates Diane Lavallée et Catherine Dorion ont proposé de favoriser la production télévisuelle à Québec dans les bureaux de Télé-Québec, à qui QS veut donner le mandat de développer une plate-forme numérique jeunesse. 

Jugeant essentiel d’améliorer le rayonnement culturel du Québec à l’international, Sylvain Lévesque s’est dit d’avis que Télé-Québec pourrait être utilisé «comme le vaisseau amiral de la diffusion au Québec». «Cet organisme-là a été délaissé au cours des années, et on doit s’y attaquer», a-t-il dit.

Tant la CAQ que le PQ et QS ont par ailleurs promis de «protéger» les créateurs québécois des «Netflix et Spotify de ce monde» et de régler le problème d’inéquité fiscale. «Ce n’est pas dans les bureaux de Mélanie Joly ou de ses successeurs que se décide la culture de Québec et du Québec», a lancé Diane Lavallée. 

Élections 2018

La seule province bilingue? Legault ne se risque pas à répondre

Sur le gril après avoir fourni des réponses inexactes sur l’immigration, François Legault a commis une autre maladresse en échouant à identifier la seule province officiellement bilingue au pays.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas été en mesure de nommer cette province - le Nouveau-Brunswick - alors qu’il était invité, mardi, à effectuer un retour sur le débat télévisé en anglais de la veille.

«Écoutez, je ne veux pas embarquer dans ces questions-là. Au Québec, la langue officielle, c’est le français», a d’abord esquivé le leader caquiste.

Il a opté pour la même stratégie lorsqu’on l’a relancé en lui demandant s’il savait combien de provinces canadiennes évoluaient avec le français et l’anglais comme langues officielles.

«Je vais prendre votre question en délibéré», a offert François Legault.

Cet épisode est survenu après que le dirigeant de la CAQ se fut empêtré dans ses réponses sur l’immigration, un sujet pourtant clé dans sa campagne, deux fois en autant de jours, la fin de semaine passée.

Après avoir commis une erreur de fait, samedi, il a concédé le lendemain en conférence de presse qu’il «n’aurait pas gagné Génies en herbe» avec sa performance. Il a ensuite offert une autre réponse inexacte, au cours de la même séance.

Le dirigeant de la CAQ a refusé net de dire, mardi, s’il redoutait que ces erreurs lui nuisent dans les sondages ou s’il craignait avoir entaché sa crédibilité auprès de l’électorat. «Ce sera aux Québécois de décider», a-t-il répondu sèchement à quatre reprises.

Ces bourdes de François Legault ont fait le bonheur de ses adversaires, qui ne ratent jamais une occasion de s’attaquer à sa crédibilité.

Des railleries

Celle de mardi a inspiré de nouvelles railleries au chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée.

«Lorsqu’on veut être premier ministre du Québec, ne pas savoir que sa province voisine, le Nouveau-Brunswick, est bilingue (...) ça part mal», a-t-il laissé tomber en mêlée de presse à Lavaltrie.

«M. Legault ne passerait pas le test pour devenir citoyen canadien. Heureusement, ceux qui ne passent pas le test ne sont pas expulsés, ils peuvent rester résidents permanents pour toujours», a ajouté M. Lisée.

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a voulu se montrer plus indulgent, remettant en question la façon dont les journalistes questionnent les politiciens en campagne.

«Là-dessus, je ne taperai pas sur M. Legault. Si les points de presse deviennent des quiz, c’est un peu particulier», a-t-il affirmé en point de presse à Montréal.

«Des fois, on est dans une situation de tension dans les points de presse. Je ne serai pas celui qui lui lancerait la pierre là-dessus», a complété M. Couillard.