Pierre Michel Auger, actuel député libéral de Champlain.

Une position économique et non idéologique

TROIS-RIVIÈRES — Les réticences qu’entretient la Coalition avenir Québec vis-à-vis le projet controversé d’énergie éolienne Apuiat sur la Côte Nord ne sont pas d’ordre idéologique mais bien économique selon la candidate de cette formation politique dans la circonscription de Champlain, Sonia LeBel.

Bien qu’elle reconnaisse que l’énergie éolienne représente l’avenir et qu’elle constitue une industrie importante pour le Québec, et plus précisément pour la circonscription dans laquelle elle se présente en raison de la présence de l’entreprise Marmen, Mme LeBel déplore tout de même que le gouvernement libéral se soit lancé tête première dans cet important développement. Ce projet énergétique, situé en territoire innu, était qualifié «d’essentiel» par le premier ministre Philippe Couillard, convaincu qu’il devait «absolument» voir le jour, malgré les réserves d’Hydro-Québec quant à la pertinence du projet et son coût élevé, évalué à quelque 600 millions $. Le projet procurerait jusqu’à 400 emplois aux Innus durant la période de construction.

«Ce n’est pas l’éolien qui est la cible de la CAQ, mais bien la rentabilité du projet. Il ne faut pas oublier que le président d’Hydro-Québec, Éric Martel, a également dénoncé le fait que si Hydro-Québec acceptait de se lancer dans ce projet-là, les contribuables pourraient perdre entre 1,5 et 2 milliards de dollars. Et les contribuables, ce sont également les gens de Champlain», mentionne-t-elle.

Sonia LeBel, candidate caquiste dans Champlain.

Dans la même foulée, celle qui s’est fait connaître du public pour sa participation à titre de procureure à la Commission Charbonneau précise que la CAQ n’a rien contre l’industrie éolienne, et du même coup, les entreprises comme Marmen. Elle envisage d’ailleurs de rencontrer les dirigeants de ce fleuron trifluvien au cours de la campagne. Rappelons que Marmen emploie près d’un millier de personnes juste à son usine du secteur Cap-de-la-Madeleine.

«C’est un créneau d’avenir. Ce n’est pas notre objectif de mettre cette industrie à terre. Nous avons de l’eau et des côtes avec du vent au Québec et nous devons exploiter ces ressources. Comme le dit M. Legault, il y a un marché chez nos voisins des États-Unis, qui regardent pour du charbon et du nucléaire. On pourrait donc leur vendre de l’énergie propre qui aidera notre économie et l’assainissement de l’environnement. Mais il faut faire les choses dans l’ordre. Présentement, c’est comme si on s’achetait une maison à crédit. On doit commencer à aller chercher des contrats», poursuit la candidate.

L’actuel député de Champlain, le libéral Pierre Michel Auger, croit quant à lui qu’il faut absolument aller de l’avant avec ce projet, et ce, sans retenue. Selon lui, il constitue une occasion rêvée pour le Québec de démontrer son savoir-faire dans ce domaine. De plus, il rappelle que l’entreprise Marmen représente 1000 emplois directs dans sa circonscription. La réalisation d’Apuiat permettra donc de consolider ces emplois ainsi que ceux en découlant indirectement dans l’ensemble de la Mauricie.

«Lorsqu’on parle de Marmen et de l’industrie éolienne, c’est un secteur économique majeur pour le comté de Champlain. On parle de plus de 1000 familles qui mangent grâce à Marmen», souligne-t-il.