Le maire de Drummondville et président de l’UMQ, Alexandre Cusson, est entouré des maires Yves Lévesque de Trois-Rivières et Michel Angers de Shawinigan.

Tournée de l'UMQ en Mauricie: fiscalité et autonomie au menu

TROIS-RIVIÈRES — Le prochain gouvernement à siéger à Québec devra non seulement donner davantage d’autonomie aux municipalités, mais également s’engager dans une révision profonde du modèle fiscal des municipalités québécoises. C’est là quelques-unes des revendications de l’Union des municipalités du Québec, dont le président et maire de Drummondville Alexandre Cusson était de passage en Mauricie jeudi pour y rencontrer les maires de même que plusieurs candidats aux élections.

La traditionnelle Tournée des régions de l’UMQ a fait son 28e arrêt dans notre région jeudi, cette année avec une touche particulière: celle de se dérouler en même temps que la campagne électorale provinciale. Une fenêtre d’opportunité que l’organisme, qui regroupe des villes et municipalités représentant 85% de la population québécoise, n’entend pas laisser passer pour faire valoir ses revendications.

L’UMQ présente en fait quatre grandes priorités: l’autonomie, la fiscalité, la mobilité durable ainsi que l’occupation du territoire. Déjà, les chefs des principaux partis politiques s’étaient engagés, au printemps, à transférer un point de la TVQ aux municipalités, soit 1,6 milliard $. Or, l’UMQ entend non seulement faire respecter cet engagement, mais également pousser plus loin la réflexion sur la fiscalité municipale lors de la renégociation du pacte fiscal, qui arrive à échéance le 31 décembre 2019.

C’est que le modèle québécois est tel que les municipalités se financent à 70% par l’impôt foncier. Or, la migration des ventes commerciales vers le web amènent un manque à gagner pour les municipalités, qui se financent avec la présence physique de commerces sur son territoire. Dans les dernières années, cette migration a représenté 65M$ de revenus fonciers de moins pour le monde municipal québécois.

Par ailleurs, l’UMQ aimerait régler définitivement la question des en lieu de taxes, cette disposition qui permet au gouvernement du Québec de ne pas payer la totalité des taxes municipales sur les immeubles qu’elle possède sur un territoire donné. En Mauricie seulement, cette disposition représente des pertes fiscales de 5,8 M$ pour les municipalités. «Avant de procéder à des baisses de taxes scolaires, il faudrait payer d’abord les factures liées à ces écoles-là qui sont implantées chez nous», croit Alexandre Cusson.

L’UMQ souhaite également que la question de la mobilité durable soit au coeur des discussions, avec des engagements pour le financement du transport interurbain, aérien régional et ferroviaire. Finalement, la question de l’implantation d’une couverture Internet haute vitesse et cellulaire partout sur le territoire du Québec n’est «pas une priorité, mais bien une urgence», clame Alexandre Cusson, qui croit par ailleurs que la solution à la pénurie de main-d’oeuvre passe aussi par la régionalisation de l’immigration et une meilleure implication de tous les partis pour accueillir davantage d’immigrants et mieux travailler la répartition en région.

Alexandre Cusson a profité de son passage en Mauricie pour rencontrer les maires Yves Lévesque de Trois-Rivières et Michel Angers de Shawinigan. Il a aussi échangé, jeudi soir, avec plusieurs candidats aux élections provinciales qui avaient répondu à l’invitation de l’UMQ.