Stéphane Stril, président de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, Frédérique St-Jean, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois, et Kevin Paquette, président de la Commission de la relève de la Coalition avenir Québec.

L'été chargé des ailes jeunesse

Autour d’un feu de camp, dans les festivals ou en congrès, l’été des jeunes militants politiques est chargé, élections obligent. Tous ont l’intention d’être visibles sur les campus des cégeps et des universités en septembre, mais d’ici là, leur stratégie diffère.

Les jeunes caquistes allieront les plaisirs estivaux et la politique les 28 et 29 juillet, au Camp musical d’Asbestos, en Estrie. Au lieu d’organiser un congrès où ils débattent d’idées, ils préfèrent se préparer à être déployés sur le terrain en campagne électorale.

«On va partager un bon moment ensemble, on va souder les liens avant que ça redevienne plus sérieux», explique Kevin Paquette, président de la Commission de la relève de la Coalition avenir Québec. 

M. Paquette indique qu’une centaine de jeunes se sont inscrits pour participer au camp. Comme son parti a le vent dans les voiles, il sent «une effervescence» jamais vue chez les jeunes. Même s’il n’a que 21 ans, Kevin Paquette milite pour la CAQ depuis la création du parti, il y a six ans. 

Au menu du camp, des formations permettront de se familiariser avec la base de données de la CAQ. Les jeunes, qui vivront pour la plupart leur première expérience politique, apprendront à faire du pointage et du ciblage d’électeurs, avant de se détendre lors de compétitions sportives et autour d’un feu de camp. 

Des candidats vedettes, comme l’économiste Youri Chassin, l’avocate Sonia LeBel et le médecin Lionel Carmant viendront faire un tour pour discuter avec les jeunes. Le chef François Legault prononcera le discours de clôture dimanche.

Influencer les plus vieux

Les jeunes libéraux ne dérogent pas à la tradition et organisent leur congrès à Montréal le 11 août. Sauf que cette fois, la salle réservée est plus grande qu’à l’habitude. «Normalement, on lance la saison politique, mais cette année, je pense qu’on va carrément lancer la campagne», s’enthousiasme Stéphane Stril, président de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec.

Plusieurs centaines de jeunes militants, de même que tous les candidats du PLQ et le premier ministre Philippe Couillard sont attendus pour ce grand rassemblement. Les jeunes libéraux ont l’habitude de surprendre en lançant des idées audacieuses. M. Stril assure que ce sera encore le cas cette fois-ci et que son aile jeunesse a «une liberté totale» par rapport au parti. «On ne se gêne pas vraiment pour pousser des choses qui peuvent être controversées.»

Sous le thème «Milléniaux, en avant!», les jeunes discuteront de 10 résolutions portant sur des enjeux aussi variés que l’immigration, l’environnement, l’éducation ou le transport. «On sait que toutes nos résolutions ne vont pas se retrouver dans la plate-forme du parti, mais on espère encore l’influencer», indique M. Stril.

Ces résolutions ont été débattues aux quatre coins du Québec depuis le mois de mai et M. Stril a bon espoir qu’elles poussent les jeunes à s’intéresser à la politique et à prendre position. Selon lui, «on assiste à un changement de génération» cette année chez les candidats du PLQ, ce qui laisse de la place à davantage de jeunes.

En avance

Les jeunes militants du PQ n’ont aucun congrès ou camp de formation au menu cet été. «C’est parce qu’on est en avance. Tout ça a déjà été fait», indique Frédérique St-Jean, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois. Le congrès d’idées qui a tenté d’influencer la plateforme électorale du parti s’est tenu il y a plus d’un an et le camp de formation pour préparer les jeunes bénévoles a eu lieu en mars. 

La présidente, fraîchement élue, se concentre plutôt sur le travail de terrain. «On est en tournée tout l’été. On a des opérations dans les festivals, dans les parcs de jeux d’eau et dans plusieurs endroits de rassemblement.» Ils avaient notamment une délégation en action lors des FrancoFolies, à Montréal.

En collaboration avec les candidats, les jeunes péquistes font du porte à porte et distribuent des dépliants. «Notre programme a tout ce qu’il faut pour rejoindre les jeunes, mais on a de la misère à faire connaître nos idées», constate Mme St-Jean. 

Les jeunes péquistes ont aussi eu l’idée de tourner une série de vidéos où ils présentent un côté plus «humain» des candidats et préparent un «grand événement», qui est tenu secret pour l’instant, pour le début de la campagne. 

Notons que Québec solidaire n’a pas d’aile jeunesse, les jeunes de 16 à 30 ans étant intégrés directement aux membres réguliers.