Le conseiller municipal et spécialiste en communication, Denis Roy.

Les pancartes font leur apparition!

TROIS-RIVIÈRES — Dès les petites heures jeudi matin, les bénévoles des candidats à l’élection provinciale étaient déjà à pied d’œuvre afin d’installer les traditionnelles pancartes électorales.

Au lever du jour sur la rue des Forges au centre-ville de Trois-Rivières, on pouvait notamment voir plusieurs pancartes du député sortant, le libéral Jean-Denis Girard, du caquiste Jean Boulet ainsi que de la candidate de Québec solidaire, Valérie Delage. Plus tard au cours de la journée, on a vu apparaître les pancartes de la candidate du Parti québécois et ancienne conseillère municipale, Marie-Claude Camirand.

Mais pourquoi les organisations électorales tiennent-elles à afficher le visage et le nom de leur candidat respectif avant même le déclenchement officiel de la campagne électorale? Selon Denis Roy, conseiller municipal du district Marie-de-l’Incarnation et spécialiste en communication, s’afficher tôt lance un message fort aux électeurs en ce qui concerne le sérieux de la démarche du candidat.

«Le déploiement d’une campagne dès le départ, ça envoie un signal que l’organisation du candidat est solide. Même si les gens ne se disent pas tout haut que tel parti ou tel candidat est organisé, c’est quand même l’effet inconscient que ça a sur les gens», explique celui qui a lui-même vécu une campagne électorale l’automne dernier.

Il semble donc important pour un candidat d’occuper rapidement et stratégiquement le terrain afin de commencer sa campagne du bon pied, et ce, même en 2018. Malgré la multitude de moyens de communication qui existent aujourd’hui, l’affichage est toujours pertinent selon M. Roy.

«Le côté occupation du terrain physique, ç’a toujours sa force. Ce n’est pas pour rien que lorsque le Grand Prix ou le Cirque [du Solei] arrivent en ville, il y a du pavoisement sur les artères principales. Que la ville devienne élections, c’est un signal. De plus, en raison de la défection des gens des médias traditionnels et même des médias sociaux, si tu ne les touches pas sur le terrain, tu ne les toucheras jamais», précise-t-il avant d’ajouter que l’affichage occupe également une place importante en publicité.

«L’affichage est souvent là pour ancrer le produit, le nom de la marque ou un slogan», poursuit-il.

L’importance de la qualité
Par ailleurs, il ne suffit pas de tapisser tous les poteaux de la ville afin qu’un affichage électoral soit efficace. M. Roy considère qu’une bonne pancarte doit permettre de bien identifier le candidat ainsi que son parti dans le cadre d’une campagne provinciale ou fédérale, ce qui n’est pas nécessairement le cas au municipal.

«C’est différent lorsqu’il y a une dynamique de parti. Si je vais faire un tour à Joliette par exemple, il faut que la pancarte d’un parti X me rappelle que dans mon comté, le parti X est aussi présent. Au cours des dernières années, il y a également eu un virage de rajeunissement des affiches électorales. [...| Il y a des éléments qui font en sorte que c’est plus actuel», fait-il remarquer.

En ce qui a trait à la présence du visage du candidat sur l’affiche, une pratique qu’adoptent pratiquement tous les partis depuis des lustres au Québec, M. Roy considère qu’il est moins primordial que la présence du nom de famille du candidat. Selon lui, l’accent doit être mis sur cet aspect. Il cite en exemple les États-Unis, où on voit très rarement le visage d’un candidat sur une pancarte.

«Sur un bulletin de vote, il n’y a pas de photo. C’est le nom de famille qui ressort», analyse-t-il.