François Legault a insisté sur le fait qu’il n’était «pas question de privatiser la SAQ» et affirmé qu’il pourrait être convaincu de maintenir le statu quo.

Legault toujours prêt à casser le monopole de la SAQ

GATINEAU — Le chef caquiste François Legault n’écarte pas l’idée de maintenir le monopole de la Société des alcools du Québec (SAQ). «Oui, ça pourrait être possible», a-t-il signalé dimanche, en réaction à la parution d’un rapport sur l’avenir du modèle de vente de boissons alcoolisées au Québec.

Le leader de la Coalition avenir Québec (CAQ) veut cependant prendre le temps d’étudier les différentes recommandations contenues dans le volumineux document rendu public vendredi après-midi, et il rappelle qu’il aimerait voir une commission parlementaire se pencher sur la question.

Mais il envisage toujours d’injecter davantage de concurrence dans le commerce des boissons alcoolisées, en réaffirmant son parti pris pour un modèle permettant «à certains importateurs de vendre des produits spécifiques», et ce, même si le rapport prévient que cela ne ferait pas sans risque.

«On veut regarder la possibilité d’ajouter de la concurrence, selon plusieurs scénarios. Il y en a certains qui sont dans le rapport, d’autres qui ne sont pas dedans», a exposé dirigeant de la CAQ en mêlée de presse à Gatineau. Il estime que cela pourrait permettre aux Québécois d’avoir accès à une plus vaste gamme de produits, «à meilleur prix dans certains cas».

Il a cependant insisté sur le fait qu’il n’était «pas question de privatiser la SAQ», et il n’a pu s’empêcher de railler son adversaire libéral Philippe Couillard, qui a lui aussi dit vouloir libéraliser davantage ce commerce: «M. Couillard a encore copié l’idée de la CAQ», a-t-il lancé au micro des journalistes.

Le rapport de la firme PricewaterhouseCoopers avait été commandé par le gouvernement Couillard afin de brosser un tableau des répercussions d’une privatisation de la société d’État. Il relève que «tous les scénarios de privatisation et d’augmentation de la concurrence» présentent une «proposition significative d’impacts négatifs lorsqu’ils sont comparés au statu quo».

Des trois degrés de privatisation analysés, le rapport a conclu qu’aucun scénario n’était favorable à l’heure actuelle. Le volumineux rapport de 98 pages conclut donc que «la prudence est donc de mise avant de procéder avec des changements importants dans le modèle d’affaires de la SAQ».

Vote par anticipation

Le chef de la CAQ a lancé un appel au vote, dimanche, alors que le vote par anticipation se met véritablement en branle. Il a énuméré une série de promesses, pour la plupart désignées à courtiser les familles québécoises, dont celle de verser une nouvelle «allocation famille» qui permettrait à une famille de trois enfants, par exemple, de toucher environ 2400 $ de plus par année.

Il a de nouveau écarté l’idée de former une coalition avec un autre parti.

Pas question, donc, de recruter la solidaire Manon Massé au sein d’un gouvernement caquiste, même s’il est prêt à écouter ses idées en matière d’environnement — c’est à tout le moins ce qu’il a dit sur le plateau de Tout Le Monde en parle, selon ce qu’a rapporté samedi dans une soirée militante Jean-François Lisée, brisant ainsi l’embargo qu’il s’était engagé à respecter.